J’ai fait 7 ans d’études, possède 4 diplômes et me dis en définitive que tout ça, ne m’aura servi à rien.

Bonjour faiblesse.

J’ai toujours eu peu d’estime de moi mais autant vous dire que là, j’ai touché le fond et je creuse encore.
Ayant peur d’être reconnue ou d’être par la suite stigmatisée dans mon secteur d’activité, je ne vais pas dévoiler le milieu dans lequel j’ai évolué pendant un an, enchaînant 2 stages de 6 mois (j’ai du redoubler mon Master 2 pour obtenir une deuxième convention). C’est le dernier qui s’est avéré le plus délicieux.
Suite à des problèmes médicaux liés au stress, merci la somatisation, j’ai décidé de faire une pause afin de me concentrer pleinement sur mon mémoire de fin d’études. Dans tous les cas, ils ne voulaient pas me garder car je n’avais pas fait assez mes « preuves » à leurs yeux.

Entre sexisme ordinaire déguisé en humour, pression constante (« avec moi tu vas en chier pendant au moins deux mois« , « arrête de t’excuser d’exister« , « j’espère que tu n’as pas l’intention de faire ça demain parce que c’est de la merde« ), rabaissement incessant, sans oublier une complète négation des droits du travail, j’ai du me taire pour ne pas compromettre ce qui est supposé être « ma carrière ».

J’ai tenté une seule fois d’émettre un reproche car on m’accusait d’une faute que je n’avais pas commise et qu’on me demandait des changements de dernière minute. Il faut savoir que j’étais restée jusqu’à 1h du matin la veille pour travailler dessus et qu’il ne s’agissait pas d’une tâche relevant normalement de mes compétences. Ma réflexion portait alors sur le fait qu’il aurait été mieux de leur part de me prévenir plus tôt concernant les modifications en question car il me restait 20 minutes pour les effectuer et que je leur avait demandé leur avis 2 heures auparavant.
La réaction en chaîne ne s’est pas faite attendre. Je me suis faite humilier en place publique par mon N+1 et N+2.
J’apprendrai trois semaines plus tard qu’ils voulaient me renvoyer dès le lendemain lors d’un point avec eux. Ils m’ont montré la lettre de renvoi pliée dans leur main et ne m’ont pas permise de la lire avant de la jeter aux ordures tout en me disant que « les alter mondialistes on n’en veut pas ici ». J’ai donc attendu que tout le monde parte le soir pour aller la récupérer dans la poubelle, la prendre en photo et la remettre à son exact emplacement.
La lettre était tout ce qu’il y a de plus infâme me concernant : je ne voulais pas faire mon travail, j’émettais des plaintes constantes et remettais systématiquement les ordres en question. Le tout criblé de fautes d’orthographe.

Autant vous dire que le quotidien au travail par la suite ne fut pas des plus évident.
Ce secteur étant très concurrentiel, perverti par l’argent et la compétitivité j’ai été contrainte de nier principes et idéaux sur l’autel de la sacro sainte rentabilité.

J’ai aujourd’hui perdu toute confiance en mes compétences, voire même l’envie d’exercer cet emploi qui nécessite pourtant d’être passionné. J’ai fait 7 ans d’études, possède 4 diplômes et me dis en définitive que tout ça, ne m’aura servi à rien. Est-ce de la résignation, de la faiblesse ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que j’espère valoir un chouilla mieux que ça.

 

> image via flickr

9 thoughts on “J’ai fait 7 ans d’études, possède 4 diplômes et me dis en définitive que tout ça, ne m’aura servi à rien.

  1. Vous venez de découvrir la vraie nouvelle société française : mesquinerie, méchanceté, jeux de petits pouvoirs et médiocrité généralisée.

  2. Bonjour,

    Tes 7 ans d’études et tes 4 diplômes prouvent que tu vaux beaucoup. Le savoir et les compétences acquises doivent te rendre fier de toi même et tu dois apprendre á acquérir une confiance en soit, en tes connaissances, compétences et en tes valeurs. Tu as su profiter du système éducatif français qui permet á chacun et chacune, s’il en a les possibilités financières, sociales et culturelles, de recevoir un socle de connaissances solides issues de l’enseignement supérieurs. Quelque soit le pays, l’école n’est pas fait pour la promotion sociale comme on nous laisse croire mais bien á rendre les futurs travailleurs que nous sommes, en êtres productifs. Mais le second effet de ce modèle éducatif institutionnalisé est qu’á partir de l’acquisition dans un savoir productif celui-ci peut entraîner l’acquisition d’un savoir critique. Ce qui ainsi permet d’apprendre l’analyse, á conceptualiser les problèmes pour ainsi les résoudre.
    Malheureusement, notre modèle éducatif réduit les études á l’acquisition d’un diplôme, un bout de papier, qui permet de prétendre á un emploi et une rémunération qui va avec le diplôme. Les études quelles soient primaire, secondaire ou supérieur ne doivent pas conduire á l’acquisition d’un bout de papier. Elles doivent conduire á l’acquisition de connaissance, á la maîtrise de la capacité d’analyse, á la résolution de problème, á rendre intelligent, curieux et nous permettre á tous et toutes de se réaliser, de s’épanouir. Et d’après ton témoignage, tu as acquis tout ca. Soit fier de toi, ais confiance en toi. Saches que tu n’es pas seules á passer par ces phases.

    Il y a 8 ans que j’ai finis mes études par un Master 2 en génie mécanique. La transition entre la fin des études et la mise en travail a été très difficile pour moi le plan psychologique mais aussi matériel. Quand je me suis confronté aux réalités du monde du travail: tache encensé, devoir d’excellence, devoir de performance, devoir de faire des heures supplémentaires car c’est bien-vue par la hiérarchie, devoir de productivité, devoir de soumission et devoir de non réflexion. Tout mon être a rejeté en un bloc ses valeurs productivistes, libérales, individualistes et aliénantes. Au même moment je suis tombé en dépression et je creusais et creusais intensément mon manque d’estime de soit. Et puis un jour j’en ai eu marre de ma dépression, je suis allé voir un psy. Ma psychothérapie m’a beaucoup aidé á remonter la pente, associé á des lectures de livres philosophique (Pierre Hadot est géniale) j’ai commencé á me reconstruire, á trouver des repères nécessaire pour se construire, pour apprendre apprécier mon existence, á me respecter moi-même, á avoir de l’estime pour soit, même un petit peu mais suffisant pour profiter de la vie et affronter toutes les épreuves que notre société nous impose. Maintenant je vais mieux et j’ai appris et apprends toujours á vivre.

    J’espère que ce long texte t’apportera un peu d’aide.
    Xavier

  3. Ce genre de récit devient monnaie courante… Les entreprises sont devenues des lieux de tortures morales, des arènes, des rings, grâce à ces nouveaux managers férus de compétitivité, de dépassement de soi, merci les écoles d’ingénieurs et de commerce, voilà un beau résultat…

    1. Commerce oui, Ingénieur non. Un véritable ingénieur a le goût du travail bien fait, l’objectif étant de construire quelque chose. Un Commercial a le goût du pognon, l’objectif est de faire du fric, c’est tout. Malheureusement, la société mondiale est uniquement financière actuellement.

  4. triste société a l’agonie , il ne faut pas tenir compte du jugement de ces affairistes ,sans morale ,ni patrie ,qui non pas de valeurs humaines .ceux sont des robots coulés dans un moule qui leur est réservé .ils vont droit dans le mur , il jubile et enterre les autres ,c’est une forme de jouissance qui les dopent et les rend infecte .ils vont morflés ,la roue tourne!vous valez mieux qu’eux et vous avez une moralité et des qualités qu’ils n’auront jamais. votre richesse est dans votre coeur et votre intégrité .je ne suis pas cultivé ,ni instruit ,pardonnez mon français , mais je fais ma vie tout doucement et étant simple et en aimant mon métier .je gagne peu ,mais je me me respecte et ainsi que les autres !Philippe
    .

  5. juste le « les alter mondialistes on n’en veut pas ici », WOW.
    je connais pas encore tres bien le monde du travail mais me conaissant ces propos jles entend déjà.
    SI c’est comme ca, si etre alter est un motif de licensiement, on n’a plus qu’à se mettre appart et faire nos propres boites d’ « altermondialistes » de merde à coté..

  6. Vise l’étranger, c’est TOUJOURS mieux.
    Le management à la française mêlé de pratiques anglo-saxonnes exercé par des types qui n’ont JAMAIS eu de formation au management et se demandent « Pourquoi devrai-je en suivre une ? » (vécu) y en a des tonnes ! Ils sont tous hilarants dans leur bêtise, leur mesquinerie et on le redit leur « médiocrité ».
    Ne t’inquiète pas pour le retour karmique : les médiocres ont des vies, pensées, entourages à leur image. Ne perds plus de temps à leur contact et pars : le naufrage des PME parisiennes vient d’abord de la qualité de son recrutement « Cadre » : aucun n’a les couilles d’apporter une vision, de conserver/mettre en avant des valeurs fortes parmi les employés… ils sont tous des lâches flippant pour leur « carrière » dont ils ont déjà heurté maints et maints fois le plafond de verre (mais ils ne s’en rendent pas compte… pitoyable).

    Quand je fais une lettre de motivation, je pars sur quelque chose de totalement NON-orthodoxe en vue de me faire recruter par une boîte où on pratique la hiérarchie horizontale et dans lesquelles chaque recrue sait qu’elle est embauchée pour la fonction qu’elle va occuper et non pour l’intérêt de son ascension dans cette même entreprise intra-muros.

    En étant soi-même dans une lettre de motivation et ensuite en entretien, vous écartez les boites où règnent les cons : les cons aiment le conformiste, le conventionnel alors que toutes les boîtes cherchent l’employé génial (ce qui est totalement antinomique mais c’est leur problème ^^).
    Les boîtes géniales cherchent des personnalités, des vraies personnes débarrassées de leur personnage social (qui va bien chez les boîtes de cons) et ce sont ces boîtes qui servent d’exemples.
    J’en ai vu tellement des cadres connards en étant même à leur table (contraint…) car j’étais cadre moi-même : ils ont une intelligence au ras des pâquerettes et un égo surdimensionné.
    Soyez-vous même, emmerdez-les et optez pour l’étranger : il y aura d’autres connards mais vous allez acquérir une telle confiance en vous une fois sortie de vos habitudes françaises que vous vous souviendrez de vos précédents détracteurs en ayant même une forme de pitié pour leur pitoyable existence.

    Garanti.

  7. Je crois que tu n’est pas le seul. Moi c’est 4 diplôme dont deux à hor france, 6 ans d’études et trois langue dont deux natives, mais depuis que j’ai dit stop aux stages (la majorité dans mon secteur non rémunérer) je suis devenu chômeur de longue durée. Entre les « mais mr vous avez un CV de ministre, ici vous n’avez rien à faire » et les « vous n’avez pas d’expérience sufisante » je vis chez mes parent au ras à la campagne. Le pire c’est que quand tu fait « trop » d’étude le rh qui (pardon je ne veux pas généraliser ni être méchant, il y a de tout partout) à un bac +2 car papa maman lui on financer 5 ans d’étude, opus non de beuvri, te dit que tu a trop d’étude pour un poste dont il n’à à pas la moindre idée.

    Courage, tu n’est pas le seul sur diplômé qui a fait des stages, qui a tout donné et qui revient à la case départ. Après un ans de stages et plus d’un ans de chomage je me pose la question de savoir si un jour je gagnerais ma vie (juste le sufisante pour vivre pas devenir riche). La seul chose qui me permet d’aller de l’avent est le fait que je j’exerce gratuitement mon métier dans l’asociatif. Mais bon comme tu sais, les as os c’est pas de l’expérience…

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