Tu n’as pas d’enfant, donc tu peux faire plus d’heures

Fraîchement diplômée après un apprentissage qui s’est passé relativement bien, je trouve quelques mois après un contrat. Le poste correspond à mon diplôme, en CDI direct : quand je vois mes collègues de promo en difficulté je me dis que je suis une privilégiée!!

Au bout de quelques mois c’est vite la dégringolade. Ce que je fais n’est jamais bien, et quand c’est bien ça aurait du être fait plus vite. S’il y a un problème qui ne dépend pas de moi, c’était quand même à moi de le voir. Quand je pose une question on me dit de me démerder, quand je ne pose pas de question on me dit que j’aurai du faire valider et poser des questions justement. On me dit que je suis limite trop payée pour la qualité de mon travail, le seul compliment que j’ai eu étant sur ma rédaction (mouais…). On me refait faire des documents encore et encore, pour une virgule pas à sa place. J’en finis par faire des crises de larme dès que je sors du bureau. Évidemment je bosse plus de 35h, et en période d’audit je me retrouve à bosser jusqu’à 21-22h sans pause. Mon responsable, lui, part à des heures plus raisonnables (obligations familiales). Si vous vous posiez la question : pas d’heures supp, pas de rtt, je travaille uniquement pour la gloire et rattraper le retard. Sur des projets je me retrouve mise au placard mais toujours en préparation de ce fameux audit…pour me faire dégager 2 semaines après celui-ci ! Mon chef reconnaît lui-même qu’il ne me traite pas comme il devrait, mais qu’il ne « sait plus comment faire pour que je comprenne ». Le pauvre, il finit par en devenir injuste avec moi mais si seulement j’étais moins bête ! Et moins fatiguée par mes horaires ! Quand le sujet des horaires vient sur le tapis, le DRH de dire : « Mais tu n’as pas d’enfants, je vois pas où est le problème »…

Aujourd’hui je suis en recherche de boulot depuis quelques mois. J’ai des entretiens, mais je soupçonne mon ancienne entreprise de mettre des bâtons dans les roues. Je m’accroche, même si aujourd’hui je ne suis plus sûre d’être faite pour ce métier je sais bien que l’on vaut mieux que ça!

> image d’entête via flickr

5 thoughts on “Tu n’as pas d’enfant, donc tu peux faire plus d’heures

  1. Le pire dans l’histoire, c’est que si tes études dans le domaine t’ont plu, c’est que tu es probablement faite pour ce métier. Malheureusement tu as cette tare de ne pas être une machine rapide, efficace et sans émotion, comme beaucoup d’entre nous.

  2. J’te souhaite bon courage ma p’tite…

    Comme toi j’ai aussi été de plus en plus dégoûté de la vente en entendant des choses du genre « Les clients c’est que de l’argent, un porte-feuille. »
    Bonne chance pour tes prochaines recherches et si rien n’est concluant comme je dis « Fuck the police » et crée toi ton propre taff, ça sera jamais moins pire que ce qu’on peut voir parfois…

    Merci pour ton témoignage et bonne continuation !

  3. Bonjour, je tenais à vous dire que j’ai vécu une expérience quasiment similaire à la vôtre, excepté qu’en plus on a renouvelé ma période d’essai de CDI pour mieux pouvoir me dégager dans les délais légaux… Je ne trouve aucun poste depuis des mois, alors qu’auparavant je trouvais facilement de CDD et missions d’intérim et j’en arrive à me demander également si cette entreprise ne dit pas du mal de moi… faut dire que j’ai fini en larmes chez le DRH tellement je me sentais mal! Je pense carrément retirer cette mauvaise expérience de mon CV!! Je regrette après coup ne pas avoir fait d’action auprès des Prud’hommes, mais dans le monde des TP tout se sait…. Bref courage pour la suite; je sais que c’est dur de retrouver confiance en soi et en ses compétences lorsqu’on tombe sur de tels « patrons », mais dîtes-vous qu’à un certain point, il faut arrêter de prendre les cons pour des gens! (oui oui c’est dans le bon ordre ^^) On vaut mieux que ça!

  4. Merci pour ce témoignage.. La peur de ce qu’un ancien patron peut dire à des recruteurs pour nous faire mettre de coté, nous pourrir la vie est tout à fait fréquente qu’on a vécu ce genre de choses déplorables.

    Il faut être plus fort(e), ne pas sombrer dans la paranoïa, que ce soit vrai ou pas on vaut *TOUS & TOUTES* tellement mieux que cette crainte dans laquelle ils veulent nous faire « vivre »
    Courage !

  5. Ne pas changer de métier, mais de secteur d’activité. Certains patrons se plaignent de ne pas avoir de candidats, mais ils ont tout fait pour les faire fuir.

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