Le chef me dit que je serai viré le lendemain si je continue à être trop lent, devant les autres salariés.

Tout d’abord, je suis âgé de 19 ans, j’ai obtenu mon BAC économique et sociale sans mention. Puis, j’ai poursuivi mes études dans le supérieur en intégrant un DUT en Carrières Juridiques. Je me suis rendu compte que ces études ne me plaisaient absolument donc j’ai préféré renoncer et arrêter mon année à la fin du premier semestre.

Pendant le temps qu’il me reste, en attendant la prochaine rentrée en Septembre, je comptais trouver un petit job pour rendre bénéfique mon arrêt et ne pas rester chez moi à ne rien faire. J’ai donc postulé pour de nombreux postes et j’ai eu une réponse dans la grande distribution. Je suis donc allé à l’entretien d’embauche, et le patron cherchait un individu pour remplacer un salarié qui partait en vacances. Ce salarié travaillait dans la mise en rayon. Je tiens à préciser que j’avais dit sur mon CV que j’étais prêt à travailler à n’importe quelle heure et sur n’importe quel poste.

Le soir même le patron me rappelle pour me dire que je suis pris et que je commence dès le lendemain. Par conséquent, je me rends au travail le lendemain, tout heureux de pouvoir acquérir une première expérience dans le monde du marché du travail. Le chef m’a offert du travail dans la mise en rayon, c’est donc là que je retrouve le salarié que je remplace afin qu’il me forme pour toute la matinée. J’ai signé le contrat de travail qui me faisait travailler 35 heures hebdomadaire, j’étais heureux d’avoir un contrat 35 heures pour un premier travail. C’est ainsi que je passe ma matinée à écouter le salarié qui me forme afin de m’imprégner au mieux de l’environnement qui m’entoure. A la fin de ma formation le chef vient me voir pour faire un bilan de ma prestation. Il me dit qu’il est contraint de changer les termes de mon contrat et de me faire passer à 26 heures. Je signe donc le nouveau contrat, l’ancien durait juste le temps de ma formation. Puis, il rajoute qu’il va me changer de rayon, j’étais aux condiments, il souhaitait désormais que je sois aux liquides et plus particulièrement à l’eau. Il estimait que c’était plus simple, et qu’il m’a changé de rayon car j’étais « beaucoup trop lent. » J’ai accepté la première fois qu’il m’a dit ça, car oui cela demande un temps d’adaptation. Mais au bout d’une semaine dans la rayon des liquides, le chef vient me voir me disant que je serai viré le lendemain si je continue à être aussi lent. Le pire, c’est qu’il a dit cela devant les autres salariés histoire de bien m’humilier devant eux. Je dois avouer qu’à ce moment-là j’ai eu une envie de lui balancer toutes les bouteilles à la figure. Et je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre que c’était facile en étant patron de critiquer ses salariés et leur donner des salaires qui les font vivre dans la précarité. Il n’a pas du tout apprécié mais ça avait tellement explosé à l’intérieur de moi que je n’ai pas pu m’en empêcher. Car oui en effet, j’ai accumulé beaucoup de retard durant toute la semaine dans la mise en rayon, et mes collègues me donnaient un coup de main pour rattraper mon retard. Le patron me reprochait que le rayon n’était pas assez rempli, il devait être rempli à ras-bord comme ils aiment le faire dans la grande distribution. Déjà je trouve cette technique très critiquable, après cela est mon avis et ce n’est pas le sujet. Pour conclure je dirai que je suis dégoûté car j’étais heureux d’avoir un premier travail et de découvrir le monde du travail et avec une expérience comme celle-ci d’humiliation… je n’ai même plus envie de travailler. Je veux bien admettre que j’étais un peu lent, mais ils s’attendaient à quoi ? Le problème aujourd’hui c’est qu’ils nous demandent d’être rapide et dès le premier jour. Déjà je n’ai aucune expérience dans ce domaine puis ceux avec qui je travaillais ont tous au moins 5 ans d’expérience, je ne peux pas aller aussi vite qu’eux en une semaine. Enfin bref, cette expérience a été douloureuse et je découvre le vrai visage de la grande distribution, des salariés précarisés à mort, une vitesse de travail impitoyable.

 

 

 

Illustration : CC-By Rodney Chow

5 thoughts on “Le chef me dit que je serai viré le lendemain si je continue à être trop lent, devant les autres salariés.

  1. Une expérience malheureuse. Dans ce milieu, je ne suis pas vraiment étonnée. Les humains sont traités comme de la marchandise. Changez de secteur, vous trouverez un jour un job où vous vous sentirez mieux.

  2. Je compatis à 100% avec toi car mon dernier emploi était le même, dans la grande distribution, en rayon frais (yaourts). A l’embauche ma supérieure m’avait dit, tout sourire, qu’il fallait compter quand même quelques semaines d’adaptation mais que ça se passerait bien. Je signe donc un CDI à temps partiel. Le premier matin mon collègue me montre comment faire en à peine 5 minutes puis me laisse une palette de yaourts à boire à ranger. Ce que je fais très bien et assez rapidement. Mais dès le 2ème jour ma supérieure descend de son bureau car mon collègue s’est déjà plaint de ma lenteur. Elle me demande si ça va, je lui que oui, que j’ai bien compris le fonctionnement (en même c’est pas sorcier: aller chercher une palette dans le frigo, remplir les rayons de yaourts et retirer les yaourts qui arrivent à date de péremption). Mais le 3ème jour elle revient car à priori je suis toujours trop lente. En effet, je mets 3 heures à traiter une palette (haute de 2 mètres et tellement remplie à raz bord que les yaourts risquent de s’effondrer) alors qu’il faut mettre 1 heure « grand max » selon elle. Et des palettes comme ça archi blindées il y en a 10 dans le frigo. Elle, elle s’en fout, elle passe ses journées assise dans son bureau à commander des kilos de yaourts qui ne servent à rien (après avoir fini de remplir la partie yaourt marque X à la vanille, mon collègue m’indique une palette à traiter en priorité qui est composée à 1/3 de ces exacts même yaourts, je suis sensée les mettre où moi??? Ya plus de place le rayon est plein!). La supérieure ne voulant pas m’autoriser à utiliser les trans palettes électrique je dois les trainer à travers tout le magasin avec le transpal manuel…. Sans compter les clients qui m’arrêtent toutes les 2 minutes pour me demander ci et ça, la collègue rayon crèmerie qui me demande de l’aide à ranger des pots, un coup de main aux fromages etc. Je n’arrête pas, j’ai mal aux pieds et je ne prends même pas mon unique pause de 18 minutes autorisée. Et au bout de 2 semaines de boulot je suis appelée dans les bureaux, résultat je suis virée, rupture de période d’essai, motif « vous êtes trop trop lente » avec un joli « la prochaine fois je prendrais un homme, c’est pas un boulot de femme ».

  3. Idem que vous autres, ça fait bientôt 1 an que je bosse dans la distribution. J’ai d’abord été mis au rayons frais, en polyvalence , puis on m’a mis en boulangerie, tout se passais bien. J’ai eu un accident de travail en préparation boulangerie résultant de 2 mois d’arrêt. En revenant, on me remet en rayons frais, toujours polyvalence, la médecine du travail me déclare apte, avec toutefois mentions de ne pas porter de charges lourdes tels les liquides (lait etc…)

    Une semaine après ma reprise on me convoque pour me proposer une rupture à l’amiable, on me notifie que c’est soit disant car ils ont peur que je me refasse mal… (il y a plusieurs employés dans mon cas dans l’entreprise, donc ce n’est pas ca car ils sont toujours la.)

    Alors certes je ne suis pas le plus rapide, mais en même je me tape toutes les rotations que les collègues ne font pas (un exemple j’avais fait les rotations d’un collègue et en revenant dans ce meme rayon 3 jours après tout était a refaire). Je sais que le chef rayon frais ne m’apprécie guère plus que ça. Je sais qu’il aimerais me voir partir. Mais en même temps il ne fait pas son job pour lequel il est payé. Je luis avait signalé les rotations mal faites, il a rétorqué qu’il était sûr que je ne les faisait pas, alors que je perd a temps fou a tout reprendre a chaque fois, et sans arrêt je retrouvais du périmé dans les fonds de rayons.

    Après q’ils veulent qu’on soit rapides et qu’on bosse a l’arrache, ça tout le monde peut le faire !

    Pourtant j’avais été très claire a l’entretien d’embauche : J’ai clairement dit qu’il me fallait absolument un travail, que je bossais droit et net, mais jamais on m’a dit qu’il fallait être une machine non plus. Terminé la grande distribution c’est moi qui vous le dit, et je refuserais simplement cette rupture à l’amiable. Je me suis déjà fait harcelé dans un précédent job, dans un autre job le patron me payer carrément plus depuis des mois, la c’est le troisième qui veut me la faire a l’envers et bien je dit STOP ! Plus question de me laisser faire et entourlouper !

    1. Et oui il faut être rapide il faut donner du rendement si vous avez quelque chose à vous plaindre c’est à l’état qu’il faut se plaindre parce que si l’État ne d’accès pas les patrons reprenait pas presque un salaire d’un salarié quand ils sont même pas dans l’entreprise ils ont pas investi et ben il y aura pas eu tout ce problème-là un employé doit être rentable il doit ramener l’argent pour pouvoir le payer et ce sera comme ça donc le peuple se retournera pas contre l’État qui fait carrément de l’esclavage s’enchaînent

  4. Je connais ça. Moi même, j’ai pas été repris à un travail que je faisais à l’usine, dans le secteur de l’épicerie.J’y était encore la semaine dernière. J’avais une cadence rapide à mon sens. Sauf que le gars qui tenait le secteur me disait souvent que j’étais trop lent. Donc c’est moi qui rêvait quand j’avais l’impression d’être rapide ? Y a cette pression qu’on met sur les débutants et les intérimaires, même s’ils vont vite, même s’ils font bien leur taf. Pour eux dans bien des cas, on est pas assez bien. Je suis sur que la personne qui me remplacera (à moins que le titulaire soit déjà revenu) n’aura pas de meilleures performances que moi et aura les mêmes soucis.

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