Son sport favori était de s’énerver devant une personne devant tout l’open space

Je travaille au siège d’une société internationale de l’agroalimentaire qui veut casser son image de hard discount à grand renfort de coups de pub et d’ancienne Miss France. M6 a même consacré une partie de son Capital à cette enseigne pour montrer comment ils arrivaient à vendre à si bas prix et à changer leurs surfaces de vente et à investir autant tous les foyers Français avec leur publicités.
En Mars, ça fera 2 ans que je travaille au service packaging. Il y règne une bonne ambiance, la moyenne d’âge est jeune, mes collègues sont devenus mes ami(e)s et confident(e)s, le salaire n’est pas mauvais. En gros, il y a pire. En deux ans, 10 personnes sont parties au sein de ce service. Il y a eu cette fille qui ne pouvaient pas concilier ses horaires (8-19 pour une cadre qui devrait être au forfait mais qui doit faire ses heures là, sinon, elle sera pointée du doigt et repris à plusieurs fois) et sa vie de famille. En effet, mère de 3 enfants, venir le matin à 8 heures et devoir repartir à 19 heures ou plus tard ne laisse pas vraiment le temps à une vie de famille ou a une vie tout court. Il y a eu ces 3 autres personnes qui n’ont pas fini leur période d’essai, les postes étant survendus mais avec des salaires attractifs, pour attirer les jeunes diplômés.
Il y a eu un abandon de poste, et à ce jour un deuxième, toujours pour les mêmes raisons, concilier sa vie personnelle et un travail loin (c’est pas la porte à côté quand on commence à 8 heures) et l’inflexibilité de cette société.
Il y a eu plusieurs arrêts maladie aussi, plus ou moins longs, car rentrer chez soit et pleurer en repensant à son travail n’est pas vivable sur une longue durée.
Le plus gros problème au sein de ce service en particulier, c’est le management de la chef d’équipe. Lorsque je suis arrivée il y a maintenant 2 ans, son sport favori était de s’énerver devant une personne devant tout l’open space. Elle adorait hausser le ton et voir l’autre tenter de répondre ou s’écraser face à elle. Elle ne supportait pas qu’on lui réponde d’ailleurs, et elle ne le supporte toujours pas, à raison ou à tort. Depuis maintenant deux ans, le service Packaging vit selon les humeurs de sa responsable. Combien de matin j’entends mes collègues me dirent  » il faut pas aller la voir aujourd’hui elle tire une de ses tronches », ou encore  » je ne vais pas poser mes congés aujourd’hui, j’attendrai qu’elle soit de meilleure humeur ». Les gens se font une idée d’elle très rapidement, ils apprennent à la connaître en général au bout de deux semaines, quand elles comprennent qu’elle a deux visages. L’un qui peut être accueillant, caressant même, et l’autre qui est infantilisant, de mauvaise foi, et parfois violent.
Le service est divisés en plusieurs pôles, 3 en tout, seulement un seul intéresse la responsable d’équipe, car il a un réel impact sur les ventes en magasin. Autant vous dire de suite que je ne fais pas partie de ce pôle. Combien de fois je me suis dit « si tu n’y vas pas aujourd’hui, ça ne changera rien ». Est-ce normal au bout de deux ans ? Est-ce normal d’apprendre par sa responsable de pôle que la chef de service s’est déchaîné sur nous en réunion, a déclaré des choses fausses, tout ça car elle était énervée ce jour ci ? Est-ce normal de ne pas passer une journée sans parler de statut cadre ou non cadre, et d’horaires, le sujet favori de la chef de service ?
Cet employeur n’est bon sur aucun plan : il essaie de redorer son image à travers des publicités bien rodées et des prix attractifs, pendant que derrière, ils manipulent les employés à travers des managers incompétents, lunatiques et faux. Il cache les dépressions, les suicides et les abandons de poste à travers une campagne de recrutement qui visent essentiellement les jeunes diplômés en les appâtant avec des salaires plus hauts que ses concurrents mais au dépit d’une quelconque vie en dehors du travail.
Mon expérience s’est déroulée et se déroule toujours en dents de scie. Personnellement, je ne ferai plus partir de cette entreprise d’ici cet été. Pour moi, il n’y a plus de bonne solution. Je me suis déjà demandé si j’exagérai, si je trouverai ailleurs, car malgré les candidatures, rien ne bouge. Je me suis déjà demandé si j’avais le bon diplôme ou la bonne expérience. Ce travail a pris trop de place dans ma vie quotidienne. J’en viens à ne penser à ce travail que par rapport aux horaires, je passe mon temps à tout chronométrer. La rupture conventionnelle est impossible chez eux, je pense faire un abandon de poste, même si je sais que retomber sur mes pattes sera compliqué. Je me dis que je partirai de la même façon dont on m’a traité durant ces deux années, je vaux mieux que ça.
> image d’entête via flickr

3 thoughts on “Son sport favori était de s’énerver devant une personne devant tout l’open space

  1. Courage ! Une entreprises qui prend pas soin des employés nécessaire à la production n’as rien compris. Les managers en cartons moi je leur dit: « non » et je vais voir ailleurs, j’en profite pour être augmenté ^^

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