Tellement peur de me retrouver encore dans le bureau, seule avec un patron qui a sa main sur ma cuisse ….

Je me décide, je lis tous ces témoignage, et me reconnais dans beaucoup, c’est souvent comme un soulagement de les lires, parce que je croyais être seule, alors je me décide enfin a témoigner, pour ajouter ma voix, en espérant être entendu…

Je suis désolé si ce témoignage est long a lire, mais je suis passé par plusieurs étape, et beaucoup de difficulté, j’espère que comme les témoignage que j’ai lu m’ont soulagé, je pourrais, en partageant le mien, faire du bien à au moins une autre des personnes qui me lira 🙂

Mes difficulté ont commencé des l’école, j’ai jamais été capable de m’intégrer au moule, j’ai eu beaucoup de difficulté a « me faire des copains », mais c’est pas grave, j’adorais apprendre, vive les livres, vive l’école (j’apprendrais trop tard que ces difficulté sont du a un léger syndrome asperger, qui détecté suffisamment tôt, m’aurait sans doute simplifié la vie).
J’ai poursuivis jusqu’au bac S, que j’ai loupé, car j’ai « choisis » ce moment pour faire une phobie scolaire.
Tant pis, je redouble pas, je change d’univers, je veux travailler, j’ai de la chance, je suis encore jeune, mon dossier scolaire montre de la motivation, le pole emploi me dirige vers une formation afpa de service en restauration, ils me disent qu’après ça, je trouverais facilement du travail, cool.
J’ai de la chance, la formation se trouve juste a coté de chez moi, enfin, chez mon père, je n’ai pas besoin de payer de logement, ou de nourriture, et en plus, j’ai droit a 150euro par mois, mon premier salaire, je suis aussi dans un autre monde, personne ne me connait, je peut apprendre tranquillement à communiquer « normalement » avec les gens, je ne rentre jamais totalement dans le moule, mais j’en donne l’impression, et puis j’aime la formation, le service en restauration m’envoie du rêve, on m’apprend à être au service du client, à sourire, à inciter à la consommation.
On m’apprend aussi vite que je ne suis pas quelqu’un, je suis un outil, je dois oublier ma condition humaine, être infaillible devant les clients, rapporter de l’argent et des pourboire, ça m’allait, parce que je devais aussi rendre service, le repas devait faire plaisir au client, s’il est content, il revient, donc il faut que ce repas embellisse sa journée, j’adore cette idée.

La formation se termine, viens le moment où je cherche du travail, je frappe a toute les portes, tenue clean, coiffure impeccable, motivation au top, sourire colgate, et CV vide …. les portes se ferment …
« Vous n’avez pas le permis mademoiselle »
Oui, mais pour avoir le permis, il faudrait de l’argent, et puis j’habite à 20 à minutes pied de votre restaurant, le permis n’est pas nécessaire, si vous me donnez ma chance, je pourrait le payer ce permis.
Le pole emploi refuse de me donner des aides pour que je puisse payer le permis, car j’habite chez mon père, selon eux, il a les moyens…
« Nous recherchons quelqu’un avec plus d’expérience »
Je comprend bien monsieur, mais j’apprends vite, je viens d’une formation qui me permet de service en 4 étoiles, j’ai aussi fait des stages, laissez moi au moins un mois pour vous montrer ce dont je suis capable, une semaine ? un jour ? deux heures ? payez moi au lance pierre, je m’en fiche, je veux travailler ! si vous ne me donnez pas ma chance, comment je fais, moi, pour avoir l’expérience que vous réclamez ?
« Je suis désolé mademoiselle, mais votre cicatrice au visage pourrait dégouter mes clients »
Celle la, je m’y attendais pas, cette fine petite cicatrice que personne ne voit, celle que je montre à des amis parfois, qui me répondent « ben tu me l’aurait pas dis, je l’aurais jamais su« , cette cicatrice m’empêcherais d’avoir du travail ?
Cette remarque m’a tellement touché, que je ne suis pas sortie pendant plusieurs semaines de chez moi… après ça, j’ai même essayé de trouver du boulot dans des bar, on me disait que les patron prenaient des débutant sans problème :
« navré mademoiselle, mais vous avez un trop joli ptit cul, pourrais pas vous protéger en fermeture »
faut savoir, trop moche ou trop belle ?

j’en ai d’autre des comme ça, mais ce témoignage va déjà être assez long, alors je passe a la suite …
parce que, après des mois à chercher, à avoir l’impression d’être une sous merde parce que je trouvais rien, que le pole emploi me disais que je n’envoyais pas assez de cv, que l’espace jeune disait que j’étais pas assez motivé, alors que tous les jours, je me levait tôt, allais voir tous les restaurants sur un parcours établi la veille au soir, me présentais, déposais mon cv, faisais des journées entières « visite de boite d’interim », ou des journées « relance au téléphone », chaque jour, je voyais la déception dans les yeux de mon père quand il me demandais si j’avais trouvé quelque chose, comment c’était passé tel ou tel entretien, et que chaque fois, la réponse était négative … Et mon entourage, qui pensait que je foutais rien, puisque je travaillait pas, comment leur expliquer que chercher du travail, c’était encore plus compliqué que travailler ?

mais oui, j’ai fini par trouver du travail, c’était parfait, ça me permettais d’avoir un peu de sous, et de l’expérience, l’interim !
une boite d’interim qui proposais des missions traiteurs pour des mariages, des anniversaires etc … ils avaient souvent besoin de plusieurs serveurs, et ils arrangeaient pour organiser le covoiturage.
Le soucis de ces missions, c’est que j’alternais une semaine de travail de fou avec des semaines de rien, tous les mariage/anniversaire se passaient en même temps.
Donc pendant cette semaine, je me levais a 7h, pour rejoindre mon covoiturage a 8h, pour arriver sur le lieu de la prestation a 9h, pour préparer toute la salle, 10h50, tu as 5 minute pour manger un bout de repas préparé par le cuisinier, arrivé à midi, on sert l’apéritif, le repas, on supporte les mecs alcoolisés, on ne réagit pas quand il te mettent une main au fesses, quand on se plaint a sa supérieur, elle te fait bien comprendre que tu ne dois rien montrer, car sinon, on ne t’appellera pas de nouveau, remplis les verres, débarrasse les assiettes vides, 15h déjà ?
– je peux prendre une pause ?

-tu fume ?
– non
– alors ça sert a rien, tiens, regarde cette table, redresse la pendant qu’ils dansent
Je ne fume pas, je n’ai pas le droit a une pause, et j’ai vécu ça aussi bien en prestation traiteur qu’en restaurant… « mais d’après la loi, j’ai droit à une pause de 20 minute toute les …. » « on s’en fou de la loi, si t’es pas contente, on prendra quelqu’un d’autre la prochaine fois, t’es pas irremplaçable, des comme toi, yen a 50 qui attente que tu lâche le boulot »

Ces prestations traiteurs comprenaient souvent aussi le repas du soir qui se termine en soirée dansante/beuverie, il faut être à 100 à l’heure toute la journée, et la soirée terminé, tout débarrasser, rendre la salle clean, et rentrer à 4 ou 5h du matin, pour repartir le lendemain, 7h pour une nouvelle prestation
Je vous épargne le calcul, c’est 19h d’affilée, où tu dois être dynamique, où tu bois des café en cachette, où tu es tout sourire pour faire plaisir au client, même quand il te traite comme de la merde parce que « bah t’es la pour ca non?« , ou tu n’a pas le droit a une pause, ni a la moindre réclamation parce que « il y en a 50 comme toi derrière »
et bien sur, tu n’es payé que 12h, parce que dans la loi, 19h, c’est pas légal, sans compter qu’on te retire le prix du repas, et qu’on donne 10euro à la covoitureuse…
Mais je continuais, parce qu’il fallait remplir mon CV, pour travailler dans le type de restaurant pour lequel j’étais formé, ce service qui me faisait rêver.
Je n’ai jamais eu assez d’argent pour payer ce permis, les prestations étaient trop aléatoires, et mon père ne pouvait pas tout payer.
Puis j’ai finit par commencer quelques extra en restauration, c’était un rythme plus cool, j’avais presque l’impression d’être en vacances, même quand je bossais 12h d’affilée, au moins j’avais plus de 6h de sommeil, et je pouvait vraiment m’occuper des clients, mais comme je me refuse à fumer, je n’ai toujours pas le droit aux pauses.
Je ne trouve pas de poste fixe, on m’embauche pour 3 jours, un soir, une semaine, ne me fais embaucher que par des patrons, pas de patronne, alors je subis des remarques sexistes, je ne savait pas encore que ce n’était pas normal, alors je souriais, riais aux blague, on t’envoie nettoyer les toilette « parce que le ménage, c’est dans le sang, pour vous, les femmes »
on te donne les tables de mecs alcoolisés, parce que t’es mignonne, et qu’ils te donneront plus de pourboire (qui iront dans la poche du patron a la fin du service), tu dois les laisser te parler comme à une chienne, te mettre la main au fesse, il y en a même qui note leur numéro sur un papier, et te le place dans te poche arrière de pantalon, et quand tu n’a pas de poche, dans ton décolleté, ton patron, il vois ça, il dis rien, ou il les encourage, en disant que « elle est sur le marché, faut tenter votre chance« , accompagnant cette remarque par une tape sur les fesses, et un rire gras.
Parfois, quand j’étais de fin de service, j’avais peur, parce que les clients m’attendait, me suivait jusque chez moi, accompagné par des remarque bien grasses, des tentatives de drague alcoolisées bien lourde, dans le restaurant, je souriais, mais dehors, je disais clairement non, et parfois, leurs réaction était violente, comme si j’avais rompu une promesse …
J’ai aussi eu droit au patron un peu trop proche, qui se collait a moi pour me parler, me prenait la taille, me donnais des petite tape au fesse, qui disait « arrêtons toute ces formalité, faisons nous la bise » et qui les faisait très proche de la bouche, qui m’a demandé de venir dans son bureau a la fin de ma période d’essais, s’est assis a coté de moi, posant sa main sur ma cuisse en me disant d’un air entendu « Tu sais, j’ai un restaurant à faire tourner, et j’ai besoin de jeunes filles très motivées, tu en a l’air, mais que pourrait tu faire pour me montrer ta motivation ? qu’as tu de différent que les autres filles qui attendent ton poste ? »
Je ne savais pas, à l’époque, que ce n’était pas normal, j’ai quand même eu la présence d’esprit de me lever, de lui coller une gifle, et de ne plus travailler pour lui, mais cette expérience me donne encore envie de vomir en y repensant, c’était la fois de trop.
J’ai tenté d’en parler aux autres serveuses, elle disaient qu’on pouvait rien y faire, j’ai tenté d’en parler à des proches, on me disait que j’exagérais, qu’il était juste un peu tactile, que si ça me dérangeais tant que ça, j’avais juste pas choisis le bon métier …
Soit, alors j’ai décidé de choisir autre chose, j’ai décidé qu’un jour, j’aurais mon propre restaurant, un restaurant avec un service comme je le veux, où les serveur/serveuses seraient bien traités, et légalement, avec un univers que j’aime, je construit mon projet dans un coin de ma tête, et je financerais ce projet autrement qu’en étant serveuse.

Là encore, j’ai de la chance, je passe des tests en ligne pour une école gratuite de développement informatique qui ne demande pas de diplôme pour y rentrer, ça tombe bien, l’informatique, et tout ce qui tourne autour, c’est une autre de mes passions, et c’est important pour moi, que le travail soit une passion.
Pour le financement, je fais les calculs, 3 ans d’école, dont 2 stage normalement rémunérés, je fais un prêt, le salaire de mon père est suffisant pour qu’il puisse signer avec moi, ce sera un peu juste, mais je ne peut pas demander plus, car je n’ai personne d’autre.
c’est une école qui demande beaucoup de travail, pour maintenir son niveau, c’est environs 80/90h par semaine, mais l’école est super, on a envie d’y passer tout ce temps, mais on ne peux pas prendre un job a coté, sous peine de foirer son cursus et/ou sa santé.
Mais voila, la décision est prise, je quitte ma région, mes amis, ma famille, pour une ville ou je me rendrais vite compte que tout est agressif, les gens, la rue, les loyers, les prix, la vie…. tout ça pour peut être avoir un avenir, c’est même pas certain, et on me le fais vite comprendre, à la sortie de cette école, même les meilleurs ne trouveront pas forcément du travail ! c’est d’autant plus vrai que je suis dans un secteur dit « masculin », et que je devrais prouver ma valeur tout au long de ma vie …

Mais voila, je suis rapidement devenue une de ces étudiantes précaires, ici, la vie est beaucoup plus cher qu’en province, mes calculs étaient trop justes, et ne comptait pas d’éventuels problème de santé, car je n’en ai jamais eu, aujourd’hui, ça fait 2 ans, mes problème de santé due à l’insalubrité de mon appartement m’ont fait prendre du retard sur l’école, et aujourd’hui, en plus de tout le travail que je dois faire, je passe un temps fou à compter chaque centimes, l’argent du prêt est épuisé, je ne parle pas du fait que trouver un stage qui n’est pas du travail dissimulé et sous payé n’est pas chose facile non plus…
C’est mon père qui me finance avec une grande partie de son salaire, parce que je n’ai pas le choix … Je ne fais qu’un repas par jour, j’ai des carences, une santé aléatoire, et je repousse a chaque fois le passage chez le médecin au mois d’après, parce que peut être que le mois prochain, papa me donnera un peu plus de sous, oui, et peut être que je pourrait effacer enfin ces soucis de santé de cette longue liste des choses a régler, mais le mois prochain…
Mais à 25 ans, j’aimerais tellement ne plus dépendre de mon père, j’aimerais pouvoir lui rendre tout ce qu’il m’a donné, ainsi qu’a mon compagnon, sans qui j’aurais sans doute abandonné la vie a paris.
Je suis peut être précaire, mais j’ai une chance de fou, je ne suis pas seule.

Et pourtant, c’est assez incroyable, cette impression d’être incroyablement seule parfois, alors que nous savons pertinemment qu’ailleurs, ou même dans notre école, nous sommes beaucoup dans cette situation…
cette pression qui pèse sur nous, pour notre -peut être- avenir. Et quand je vois que cet avenir sera peut être encore plus sombre à la lecture de cette loi …
Et quand j’entends ces politiques, qui disent que je n’ai pas compris cette loi, franchement ? comment peuvent-ils nous faire avaler que faciliter le licenciement et augmenter les heures vont diminuer le chômage ? alors qu’au mieux, ça usera juste plus vite les travailleur, et donc augmentera le remplacement de ces travailleurs.
Comment peuvent-ils essayer de nous faire avaler que faciliter les négociation interne à l’entreprise pourra améliorer la protection et la condition de travail des salarié ? rien que cette partie là me fait peur, tellement peur de me retrouver encore dans le bureau, seule avec un patron qui a sa main sur ma cuisse ….

Bref, enfin, je voulais juste dire que … dans de nombreux témoignages, je me retrouve, et je me sens moins seule, ça soulage, ça donne de l’espoir et en même temps, je me demande si cette initiative sera vraiment utile a long terme, est-ce que nos politiques lisent les témoignages ? est-ce qu’ils vont nous entendre ? pire, est-ce qu’ils vont nous écouter ?
j’ai parfois l’impression qu’on peut crier aussi fort qu’on peut, ce sera toujours la masse de privilégié qui criera le plus fort, parce qu’ils ont les moyens de se payer un mégaphone de luxe pour couvrir nos voix ….
Et pourtant, c’est grâce à nous qu’ils sont privilégiés, alors clairement, on vaut mieux que ça …

> image d’entête via flickr

12 thoughts on “Tellement peur de me retrouver encore dans le bureau, seule avec un patron qui a sa main sur ma cuisse ….

  1. En 2005, nous étions une centaine au premier jour de la marche pour la décroissance, au camping de Vaugneray, près de Lyon. J’ai réalisé ce jour là que nous étions beaucoup plus nombreux que nous le pensions, et que je n’étais plus seul.
    Ce que vous décrivez a un nom : un système pervers. Notre société toute entière est pervertie. Et la défense est toujours la même : le déni du pervers, et la minimisation (ou complicité) des proches.
    La meilleure protection face à la perversion, c’est la fuite. Mais il est difficile de fuir la société dans laquelle nous vivons !
    Je cite votre témoignage sur la page suivante : http://www.psy-rouzet.ouvaton.org/?p=1987
    Votre témoignage me renvoie à il y a 30 ans : j’avais une très jolie copine à l’époque. Lors d’un recrutement, le mec lui a demandé quelle était sa position préférée. Elle n’a pas tilté tellement c’était incongru. Je trouvais ça débile. Aujourd’hui, je trouve ça dangereux.
    Merci à vous. Prenez soin.

  2. Ce que tu fais, et ce pourquoi tu te bats est extrêmement courageux. J’aimerais te dire mille fois que tu es une personne qui force le respect, tu as tenu, malgré tout ce que tu as vécu. Courage. Et quand bien même je ne peux pas te dire que je comprend, je ne peux pas te dire que j’ai vécu ce que tu vis, je peux au moins te dire que tu vaux mieux que ça, et on est tous dans cette galère. Sois fière de tout ce que tu as réussi à accomplir.

    1. Merci ^^
      je n’ai pas l’impression d’avoir décroché la lune non plus, j’ai eu de la chance, il y a des personne qui mérite 100 fois plus le respect, comme ces mère de famille qui ne trouve que des jobs a mi temps pour payer les frais de leur enfants, leur donner a manger, ou ces gens qui bosse en usine, j’ai essayé, je trouve ça tellement abrutissant comme travail, que pour se forcer a y rester de 2 mois, il faut une force de caractère et un courage que je n’ai pas.
      Le fait de pouvoir choisir dans quoi je vais travailler, est pour moi une chance, un luxe qui n’existe que très peu dans ce monde capitaliste ^^
      et j’espère que ça va changer, qu’on puisse tous sortir de cette galère comme tu dis, qu’on puisse tous travailler dans un milieu qui nous passionne, et au mieux, qu’on puisse tous oublier ce qu’est l’injustice et la précarité.

  3. …Travailler 80/90 heures par semaine, efficacement, en mangeant un repas par jour, et en gérant tous les trucs de la vie quotidienne à côté ? C’est une blague ? Comment c’est humainement possible. Tu es une surhumaine, là. Bon courage, en tout cas.

    1. C’est week end compris (pas 15h par jours donc, plutôt 11 ou 12h, l’école est ouverte 7/7j et 24/24h), et on mange beaucoup de pâtes, ca permet de tenir debout et de faire fonctionner le cerveau.
      Il n’y a rien de surhumain, il n’y a juste pas le choix, on s’habitue, et on se dis que quand l’école sera finit, on aura un vrai travail, de l’argent, et qu’on prendra 40Kg parce que notre corps n’a pas l’habitude de manger de vrai repas régulier x) (je dis on parce que je suis en couple avec quelqu’un qui est dans la même école, donc même rythme)
      et puis on est passionné par ce qu’on apprend, par l’école, ça aide, je ne me plain pas, il y a des gens dans des situations pire, des gens qui ne savent pas si un jour il gagnerons des sous, nous on a des projets, on sais qu’au bout on aura quelque chose de mieux que ce qu’on a eu avant, qu’on aura toujours moyen de nous débrouiller (vive les systèmes D) et vivre cette « précarité » nous permet apprécier chaque chose positive, chaque petit plaisirs ^^

    2. Ecole 42.
      Oui c’est faisable, tu vis sur ton pc mais en attendant le cadre déboîte. Car quand tu rentres dans cette école, tu donne 3ans de t’as vie. Mais à la fin, t’as un job à coup sûr et un salaire type cadre.

      1. un salaire type cadre, faut pas abuser non plus …
        réfère toi aux grilles de salaire de ce type de métier, ce sont des salaires plus que convenable, certes, mais pas excessif ^^
        et ça, c’est dans l’hypothèse ou je décide d’avoir un patron (chose dont je suis quand même un poil refroidis, trouver une entreprise ou je suis respecté et embauché pour mes compétence, et pas mon cul, ca me semble utopique…), si je créé ma start up, ce sera une autre histoire x)

  4. Moi ça m’exaspère qu’il y ait si peu de support parmi l’entourage, dans des cas comme ça. Cette valeur travail et labeur est tellement intégrée qu’on ne réfléchit plus en tant qu’humain, envers d’autres humains, et que ce qui devrait faire bondir paraît acceptable…

    1. du support, j’en avais, et c’était une chance, même mon pere, qui a toujours tout fait pour que j’ai une bonne estime de moi et ne me mettait pas la pression ^^
      c’est moi qui, formaté que je suis (que j’étais) me mettait la pression toute seule, avec l’aide bien sur de la conseillère pole emplois pour me sentir minable et incapable tant que je ne travaillait pas, et tout aussi minable lorsque j’osais me plaindre au travail (bah oui voyons, j’ai déjà la chance d’avoir un travail, vouloir des privilège tel que … une pause café ? mais quelle anti-systeme je fais !)
      bref, dans mon « malheur » j’ai quand même eu beaucoup de chance, aujourd’hui je m’en sort, enfin, je vais bientôt m’en sortir ^^

  5. Il y a le permis à 1€ par jour qui a été mis en place il y a déjà pas mal d’années. Étonnant, que tu n’en ais jamais entendu parler et que même Pôle Emploi ne t’en a pas informé. C’est affiché sur la vitrine de toutes les auto-écoles. J’ai été dans la restauration pendant 12 ans. Je pense contrairement à toi, que faire croire aux clients qu’on est open est une très mauvaise chose. Forcément qu’ils t’attendent à la sortie. Tout faire pour garder son travail est une chose, se « prostituer » pour le garder en est une autre. Bon, le terme est fort, je sais que ce n’est pas ce que tu as fait, mais c’est pour me faire comprendre. Bien sûr qu’on est draguée, mais NON, nous ne sommes pas FAIBLE et NON, nous n’avons pas à nous laisser tripoter sans rien dire. Ce genre de témoignage me tue dans le sens où sans le faire exprès, tu rabaisses les femmes à leur condition de victime. Nous ne sommes pas des victimes, mais tant que nous continuerons à penser qu’on a pas d’autre choix, on le restera. Tu as baffé ton patron pour t’avoir demandé ce que tu avais de plus que les autres ? Cette question je l’ai dans tous les entretiens. Il ne te proposait pas forcément un plan cul, mais juste que tu lui affirmes ta volonté de t’investir entièrement dans son entreprise et pour longtemps. Dans la restauration, les gens viennent et partent. Garder quelqu’un longtemps est difficile, car justement, il y a toujours du boulot ailleurs. Former son personnel prend du temps, on a pas envie de s’investir pour les voir partir ensuite. J’espère sincèrement que tu réussiras un jour à te sortir de tes problèmes. Et puis, affirme toi. Apprend à dire non, tu verras que tu ne perdras pas forcément au change. Il faut arrêter de se comporter comme des victimes. Tu galères ? Tout le monde galère. Tu as fait des choix qui t’ont amenés à cette situation. J’ai décidé de claquer la restauration quand je suis devenue maman pour toutes ces questions d’horaires que tu as évoqué (sauf que moi, j’aimais ça, être à 100 à l’heure tout le temps, il y a des gens qui aiment ça) mais ça ne correspond pas à une vie de famille. Maintenant, je suis assistante administrative et comptable. Je vais de boite d’interim en boite d’interim. Je touche le smic, alors qu’avant je gagnais très bien ma vie. Mais je ne vais pas m’en plaindre. C’est un choix que j’ai fait. J’ai fait un choix de vie et je l’assume. Je sais que je vais galérer pendant quelques années pour faire mon expérience. Que je dois me battre contre des filles plus jeunes qui elles, ont fait des études pour ce genre de poste. Alors, quand on me demande ce que j’ai de plus que ces filles, j’ai une liste d’arguments longue comme le bras, car oui, aujourd’hui, il faut se démarquer et se battre pour décrocher un poste. Un jour, ta vie ira mieux, c’est tout le mal que je te souhaite. J’espère juste que tu n’oublieras pas ce que tu as traversé et que tu sauras tendre la main aux personnes qui seront dans la situation dans laquelle tu as été. Le problème de notre société c’est l’individualisme. Tant qu’on ne tendra pas la main à son prochain de manière désintéressée et sans rien attendre en retour, on ne pourra pas espérer avoir un avenir meilleur.

    1. Je suis un poil choqué par ta réaction, alors je vais essayer de répondre point par point a ton commentaire (et si je suis offusquante, j’en suis désolé, ce n’est pas voulu):

      Le permis a 1€ par jour, j’en ai entendu parler, mais même a ce « prix » la, il s’agit d’un crédit, et certain mois j’avais a peine de quoi manger, comment j’aurais pu trouver même 30€ pour ce permis si j’avais déjà pas de quoi acheter un paquet de pâtes ??

      Tu sais, il s’agit d’un témoignage, je parle de choses passé, d’expérience qui me sont arrivé, d’expérience passé, j’ai grandis, vieillis, appris depuis.
      tu juge mal, ou tu ne lis qu’a moitié… je n’ai pas dis que je faisait croire que j’étais open, je ne disais rien, d’abord parce que je croyais que le comportement du patron et des clients était normal, si tous le monde semble avoir le même genre de comportement, et que personne ne te dis que ce n’est pas normal, comment tu le sais, que ce n’est pas normal ? surtout lorsque tu essais de dire a ton patron que ça te gêne, et qu’il te répond que c’est toi qui n’est pas normal, que ce sont juste des blagues, rien de grave, et que si ça ne me plais pas, je peux aller voir ailleurs… Il y avait d’autre serveuse avec moi, dans le même cas, elles non plus ne disaient rien et si on osait remettre en place un client, du moins essayer, c’était la colère du patron direct, alors voila, je croyais que c’était moi qui étais dans le faux, j’étais jeune, encore naïve, et j’avais besoin de ce job, t’es tu déjà retrouvé au bord de la rue ? sachant que si tu perdais un travail, il y ai de grande chance que tu finisse sous un pont ? si c’était le cas, peut être aurait tu compris ^^.

      Alors … ne pas savoir que ces hommes avait un comportement de déplacé ne fait pas de moi quelqu’un de faible, tout comme on ne peut pas dire que quelqu’un qui n’a pas pu aller a l’école n’est pas intelligent, c’est assez dangereux les raccourcis que tu fais, surtout le « tu rabaisse les femme à leur condition de victime », à ta manière de le dire, j’ai l’impression que tu me rabaisse a ma condition de coupable, fait tu partis de ces gens qui disent qu’une nana qui c’est fait violé l’a certainement chercher par une tenu légère ou une provocation ?
      Pardon.
      Mais plus sérieusement, j’étais peut être victime, ça ne fait pas de toute les femmes des victimes, il existe des femmes victimes, il faut l’admettre, le nier freine le combat. j’étais jeune, naïve, je me répète mais je ne savait pas que ces choses n’étaient pas normal, je le répète parce que tu semble penser qu’une vision du monde juste doit être innée, mais déjà que les codes sociaux sont d’une complexité absurde pour beaucoup de gens comme … je sais pas …aller, au hasard quelqu’un avec un léger syndrome autistique ?
      donc, déjà, à ce moment la, connaitre les codes sociaux pour m’intégrer, ou au moins faire semblant, c’était compliqué, alors savoir quels comportement était normal ou non sans que personne ne me l’indique … je suis pas magicienne, et il n’y a aucuns livre qui te l’apprends!
      j’ai passé toute ma scolarité a entendre des autres que je n’était pas normal en croyant que c’était un défaut, que je devais changer ça pour « entrer dans le moule », alors si un patron/des clients me le disaient aussi, ca ne me choquait pas, pour moi, c’était normal.
      J’insiste parce que c’est ta réaction qui me « tue » comme tu dis, elle est contradictoire, tu me reproche de m’être laissé faire, et quand je parle d’un patron, la main sur ma cuisse le regard lubrique me demande ce que je suis prête a faire pour ce poste, avec l’intention claire de me faire passer sous le bureau, la tu dis que je suis en tord ? je me demande dans quel monde tu vis, bien sur d’autre patron m’ont posé cette question, je suis quand même capable de savoir quand il s’agit d’une proposition indécente ou non, je n’en aurait pas parlé dans ce témoignage si ce n’était pas clairement ses intentions …
      Et depuis, j’ai grandis, j’ai appris, je ne laisse pas des hommes me « tripoter » sans rien dire, je suis sensibilisé a l’égalité, je me défend, je suis aujourd’hui capable de savoir quand le comportement d’un collègue/client est déplacé, et je sais le remettre en place sans me sentir « coupable », je sais réagir lorsque je vois une nana se faire harceler dans les transport, je sais réclamer les même droit/salaire/traitement que mes collègue masculin, je sais ne plus être juste une « victime », si ça peut te rassurer, je ne rabaisserais plus la femme a sa condition de victime, tu vois, ça s’apprend, ce n’est pas innée.

      Non, il n’y a pas toujours du boulot ailleurs pour quelqu’un qui n’a rien sur son CV, surtout a l’endroit ou j’étais, et je n’avais pas besoin d’être formé, je l’étais déjà, et je m’adaptais vite.
      Certes, j’étais (et le suis toujours un peu) trop gentille, j’ai toujours adoré rendre service, faire plaisir aux gens, dire non c’était peu souvent dans mon vocabulaire, aujourd’hui, je suis plus mesuré, ca s’apprend.
      « Il faut arrêter de se comporter comme des victimes. » je trouve cette phrase tellement pleine d’hypocrisie et d’inhumanité, on me l’a souvent sortie, comme « être gentil c’est être faible », ne pas savoir ce n’est pas se comporter en victime, parler de ses expérience passé n’est pas ce comporter en victime, c’est donner la possibilité a ceux qui lisent ce témoignage de voir ce qui se passe autour d’eux, et pour ceux qui vivent une expérience semblable de se rendre compte qu’elle n’est pas normal, j’aurais aimé a l’époque qu’on me dise que ce n’était pas normal.
      ce ne sont pas seulement mes choix qui m’ont mené a cette situation, mais aussi des facteurs extérieurs, mêlé a une méconnaissance total du monde.
      merde, tes propos sont dangereux, si je les avaient lu a l’époque, (tu sais, avant que je grandisse, que je « m’affirme ») mais tu aurait fait partie des personne qui m’aurait empêché d’avoir une bonne opinion de moi, tu aurait fait partie des personne qui m’aurait fait croire que mon comportement était mauvais, plutôt que de me faire comprendre que c’était « eux » qui se comportait mal il existe des personne fragile, fait gaffe, ce genre de propos peut marquer des gens a vie ! Tu contribue a faire croire aux gens qui galère que c’est uniquement de leur faute, c’est mauvais de faire passer des « victimes » pour des « coupable », est-ce que tu t’en rend compte ?
      « Bon, le terme est fort, je sais que ce n’est pas ce que tu as fait, mais c’est pour me faire comprendre. »
      je ne me plains pas de tout ce que j’ai vécu, ca a contribué a faire de moi ce que je suis aujourd’hui, j’ai réussi a garder ma personnalité, tout en étant capable de ne pas laisser d’autre personne me nuire, je suis fier de tout ce que j’ai vécu, fier de savoir que ca m’a rendu forte, et que grâce a tout ça je réceptionnerais les tuiles plutôt que de me les ramasser dans la gueule, je trouve même le temps d’aider des amis qui sont dans la même galère ou pire, car il existe des gens qui ne savent pas encore se défendre, qui n’ont pas appris.

      on en arrive aux rare propos avec lesquelles je suis d’accords
      « aujourd’hui, il faut se démarquer et se battre pour décrocher un poste »
      je suis d’accord, j’ai d’ailleurs appris a utiliser mes différence pour ca, toute ces choses de ma personnalité que « les autres » me faisait penser que c’était des défauts, je les utilise, ce sont aujourd’hui des atouts majeur, même ce qui peut passer pour un handicape comme un léger trouble autistique, j’ai des « skill » innée que d’autre n’ont pas pour le métier que je vais faire, et je sais que je ne suis pas seule dans ce cas.
      Ta dernière phrase est tellement vrai, et tellement rare, tellement rare aussi d’entendre quelqu’un le dire, et surtout, le faire.
      Je te dis pas le nombre de fois ou j’ai dis quelque chose de similaire et ou on a essayé de me « casser » en me disant de descendre de mon petit nuage, que c’est une utopie, que les gens sont mauvais par nature et que ca ne changera jamais.
      pour le bien de l’humanité, et du monde, j’espère que ces gens ont tord, et j’espère qu’il ne me convaincront jamais de changer, j’espère qu’il ne réussirons jamais a me donner honte de mon vécu, ou de ce que je suis ^^

  6. Une honte ce que tu as été obligée de vivre, et ça a déjà été dit mais tu es tellement FORTE. C’est pas donné à tout le monde d’avoir tenu bon comme ça, et même d’avoir rebondis sur un projet même plus ambitieux pour ton avenir.
    Je t’admire honnêtement. J’aurais même put être jaloux mais tu le mérite tellement vu ce que tu donne que c’est pas possible. Juste bravo. ^^

    C’est déjà tellement galère quand t’es un mec de se faire déshumaniser, exploiter et dévaloriser à mort, alors pour les femmes, qui subissent en plus un harcèlement sexuel IMMONDE et IMPARDONNABLE si souvent, j’imagine même pas…
    Et le tout sous le regard de tellement de gens qui trouvent ça « normal ».
    Pitié quoi, faut arrêter de penser que ce genre de truc est normal déjà, c’est quand même le minimum quand on veux se battre contre ça.
    Franchement chapeau de résister ça encore une fois… même si vous ne devriez pas à avoir à endurer ça, c’est lamentable d’en être encore là en 2016!…

    Enfin bref je suis un mec je comprends très très bien à quel point c’est dur ce que t’as vécu (à part le harcèlement sexuel, bien sûr), donc que dire à part que tu as du mérite de tenir bon face à ça et que tu es bien plus forte que moi. ^^

    Bonne chance pour l’avenir je te souhaite que ça marche!

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