Fonction publique territoriale : sauve qui peut !

A la fin de mes études en communication, j’ai eu la chance de trouver directement un poste en CDD au sein d’une mairie de banlieue parisienne. J’étais motivée, il s’agissait de mon premier emploi, j’avais envie de faire bonne impression auprès de mes collègues et de ma hiérarchie et notamment auprès du Directeur général des service (mon N+2) avec qui je travaillais directement. Mais, tout ne s’est pas passé comme je l’avais prévu : au bout d’une semaine à peine, il me convoquait dans son bureau pour me demander de mieux faire mon travail. A ce moment là, j’ai senti que la menace était également « physique » puisqu’il m’écrasait la main lors des poignées de main avec une force que je trouvais anormale – Toute la mairie avait peur de ce pervers narcissique aux pleins pouvoirs et mon N+1 ne m’a que faiblement défendu durant les un an de calvaire que j’ai vécu (mon N+1 reconnaissait pourtant que mon travail était bien fait et que j’étais un élément sérieux du service communication). Le Directeur Général humiliait de nombreuses personnes en réunion en les traitant d’incapables, de feignasses, de nuls. J’allais à chaque réunion avec la boule au ventre – et cela ne ratait pas, il m’humiliait aussi, en disant que j’étais une « incapable », « à côté de la plaque », que je ne comprenais rien… Bref que j’étais débile. Je ressortait à chaque fois avec les larmes aux yeux, il me faisait très peur…
Je suis quelqu’un de pugnace et obstiné et j’ai bien tenté de m’adapter aux attentes, de changer ma manière de travailler… Rien n’y a fait… et les humiliations continuaient, il m’engueulait devant 200 personnes parfois. Le DRH, à qui j’ai parlé de la situation, n’a rien fait. Il m’a dit que je n’avais qu´à me défendre en criant autant que le DG… Sérieusement ? à 26 ans ? quand il s’agit de ton premier poste et que le DG est ton N+2? Un conseil complétement inutile et aucun soutien.
Je n’ai jamais compris ce qui s’était vraiment passé. Je ne suis restée qu’une année là-bas avant de mettre un terme à mon contrat… question de survie ! Je sombrais dans la dépression, je ne profitais même plus de mes vacances et de mes week-end face à l’angoisse de retourner au travail. Il s’agissait d’un pervers narcissique avec les pleins pouvoirs… Les burn out, les dépressions, les absences pour « maladies » sont monnaies courantes dans cette mairie mais personne ne dit rien, tout est normal… J’ai eu la chance de pouvoir m’en aller car je suis encore libre de contraintes familiales ou de prêts bancaires, mais je pense à tous ceux qui y sont encore.  »

> image d’entête via flickr (n’est pas le lieu de travail cité, ce n’est qu’une illustration)

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