Je me retrouvais donc chargée de projet, mais sans le salaire !

En 2011, je venais d’emménager dans une nouvelle ville où je ne connaissais personne et je me suis mise à chercher du boulot. J’ai eu la chance de me voir proposer assez rapidement une mission d’interim de 15 jours, pour faire du « phoning ».
A la fin, on m’a proposé de rester pour une autre mission de phoning, sur un autre projet qui allait se lancer et qui devait durer au moins 2 ou 3 mois. J’ai accepté. La mission consistait à prendre des rendez-vous pour une quinzaine de techniciens (tous en intérim également !) partout en France. Dès que j’ai pris en main le projet, je me suis rendue compte qu’il y avait bien plus que des appels à passer ! Je devais établir le plan de route des techniciens, gérer leurs contrats d’intérim, suivre leurs heures et leurs notes de frais, gérer les approvisionnements et le stock de matériel, faire des reportings quotidiens au client,…
Tout ça, ça aurait dû être à mon responsable de le faire, mais quand il a remarqué que je le faisais plutôt bien, il m’a laissé me débrouiller seule ! Je me retrouvais donc chargée de projet, mais sans le salaire !
Et comble de l’ironie, j’avais tellement de tâches à faire que je n’avais même pas le temps de faire ma mission initiale !! Donc, ils ont engagé 4 jeunes filles en interim pour passer les appels… Elles travaillaient donc sous mes directives et étaient payées au même salaire que moi !
Mon contrat a été reconduit de 15 jours en 15 jours pendant 4 mois.
Et vers la fin, j’ai commencé à rencontrer un souci d’approvisionnement : trop de matériel était défectueux, nous allions en manquer pour terminer la mission. J’ai prévenu mon responsable dès que je m’en suis rendu compte. Il m’a demandé de revérifier mes stocks et mes calculs. Je l’ai fait à plusieurs reprises mais j’en étais persuadée, on ne pourrait pas terminer la mission. Je demande donc à mon responsable de prévenir le client. Mais il ne l’a jamais fait. Nous avons été invité à fêter la (presque) fin de la mission avec le client (qui était très content d’avoir travaillé avec moi ! #Fierté) et j’ai re-demandé à mon responsable de dire au client que nous ne pourrions pas terminer la mission. La journée s’est passée et il ne lui a rien dit. Le lendemain, j’étais censée prendre les derniers rendez-vous, qui ne pourraient pas être honorés faute de matériel et là…. mon responsable est absent. Et j’apprends qu’il a pris une semaine de congés !
Je me retrouve avec le client au téléphone qui ne comprend pas pourquoi les derniers rendez-vous ne sont pas pris. Je suis désemparée, je ne sais pas quoi lui dire. Je tente de joindre mon responsable, qui fini par me répondre et il me dit : « bah, tu n’as qu’à lui mentir, trouves quelque chose à lui dire !« . Ça a été le coup de grâce ! J’avais accepté les heures supp, j’avais accepté le salaire bien en deçà de ce que la mission méritait, j’avais accepté de diriger des intérimaires payées au même salaire que moi, mais qu’on me demande de mentir, ça, c’était trop me demander ! J’ai refusé et il n’a pas compris (« je ne pensais pas que ça te poserait de problème ! »). Je lui ai dit qu’on était vendredi, que c’était le dernier jour de mon contrat de 15 jours (sic !) et que lundi, il ne me reverrait pas. Il m’avait pourtant proposer une nouvelle mission, que j’étais à deux doigts d’accepter !
Plusieurs collègues m’ont dit que je ne devais pas le prendre « comme ça » et que je ferais mieux de réfléchir avant de refuser la nouvelle mission; Dans le contexte actuel, « on ne peut pas refuser du boulot« . Mais je l’ai quand même refusé et je n’ai plus remis les pieds dans cette entreprise.
Mon seul regret, c’est que j’ai appris par la suite que la fin de ma mission était retombée sur la secrétaire de direction, plutôt que sur mon responsable. J’en suis désolée pour elle. Elle aussi, elle valait mieux que ça !

> image d’entête via flickr

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