« Ils m’avaient eue à l’usure »

Je ne sais pas trop par où commencer … J’ai mis du temps à comprendre complètement ce qu’il m’était arrivé, il y a quelques années de ça et encore aujourd’hui …

On va commencer par mon premier CDI, quelle joie, j’avais 19 ans et un CDI en poche, certes dans la restauration rapide, mais un CDI tout de même !

J’ai donné à cette chaîne 3 années de ma vie. Trois longues années, où j’enchaînais les humiliations, les insultes, les pressions, le chantage ainsi que des manquements graves à la vie d’autrui. J’étais trop jeune pour me rebeller. Je pensais sincèrement que c’était toujours de ma faute… Au début, ça allait, puis un jour, on ma accusée anonymement de vol dans la caisse.

A partir de ce moment là j’avais constamment un manager à côté de moi, il me suivait partout, m’attendait devant la porte des toilettes et ne me laissait qu’une fois mon shift terminé. Pourtant je connaissais le voleur, je ne l’ai jamais dénoncé… j’ai pris sur moi.

Six mois après, une collègue m’annonçait que ça avait été mis en place pour que je démissionne (oui parce que virer quelqu’un ça coute trop cher …). J’ai tenu bon, mais ça les managers ne l’ont pas apprécié.

A partir de ce jour, toutes les taches ingrates ont été pour moi. On me changeait mes horaires sans me prévenir à l’avance, mais après avoir pointé. Puis c’est monté en crescendo !

Un jour de gros rush, un des panneau où les menus sont affichés m’est tombé sur la tête, le manager a refusé que je quitte mon poste car il y avais trop de monde en caisse et que 5 caisses c’était trop peu. J’ai fais un malaise à la fin de mon shift en rentrant chez moi…

Puis il y a eu ce jour où l’on m’a demandé de ramasser des seringues usagées et de nettoyer du sang dans les toilettes, le tout sans protection, pas de gants. Rien. Quand j’ai refusé car je me sentais en danger, j’ai reçu un avertissement … J’ai quand même dû le faire. Quand j’ai demandé à ce que la boite paye mes examens pour le VIH/SIDA, ils ont refusé, j’ai du le faire en anonyme dans un centre gratuit.

Voyant que j’étais encore là, les insultes et remarques fusaient tout les jours, j’allais au travail avec la boule au ventre. Quand un membre de ma famille est décédé, je me suis absentée 1 semaine pour préparer les obsèques avec ma famille. A mon retour, on m’a demandé de prouver le décès car

« On ne sait jamais, t’as peut-être voulu te payer des vacances. T’es qu’une petite menteuse ! »

Là c’était trop, le lendemain j’ai donné ma lettre de démission. Ils avaient gagné… Ils m’avaient eue à l’usure … 3 longues années à faire des horaires variables à tout instant, à me mettre en danger et à supporter les insultes.

Aujourd’hui je suis dans l’informatique, je ne me laisse plus faire. J’ai 25 ans et quand on tente de me faire comprendre qu’une femme ça n’a rien à faire dans se domaine, je ne me démonte plus. Je fais respecter mes horaires. Le prix ? on vient de m’apprendre qu’on ne renouvellera pas mon CDD… JOIE !(ironie)

 

image issue de https://www.flickr.com/creativecommons/by-2.0/

One thought on “« Ils m’avaient eue à l’usure »

  1. Vous n’êtes pas seule . Ces entreprises ce sont fait une spécialité d’embaucher des jeunes pour leur faire avaler n’importe quoi. sans attendre voire inspirer les dernière lois de régressions sociales .
    35 ans dans un Quick toujours équipier . Je sais de quoi Ils sont capables .

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