L’année de mes 45 ans…fut celle du craquage.

L’année de mes 45 ans…fut celle du craquage.
Je suis cadre dans la fonction publique territoriale. Après un changement de fonction en 2010, petit à petit l’engrenage du malaise s’est installé. Pression, hiérarchie maltraitante, confiance en moi en baisse et relationnel difficile. Cette situation n’étais pas inconnue du top management mais on me considérait comme cyclothymique. Car coûte que coûte le travail sortait et il était bien perçu. Mes collaborateurs étaient impliqués et loyaux. En 2011, la situation se tend avec mon N+1. Épuisée, je suis arrêtée un mois. Puis retour. Je demande une mobilité. Mais compte tenu de la qualité du travail produit, personne ne s’empresse. Je parle régulièrement au DRH de la situation, mais il ne m’écoute pas. Je suis une personnalité, un fort caractère. A la maison, la situation se tend. Je n’arrive plus à décrocher du boulot. Plus la situation devient complexe, plus je me dois d’être totalement exemplaire…on ne doit rien me reprocher. J’en viens à oublier d’aller chercher mes enfants en classe, je ne dors plus, je grossis, je m’isole et surtout je me hais. Au printemps 2012, je me positionne contre la volonté de ma hiérarchie. J’apporte des arguments techniques, j’explique pourquoi. Je ne suis pas entendue. Je passe outre car ce projet doit obtenir une validation au plus haut de la hiérarchie. La validation ne tombe pas, au contraire, on demande à mon N+1 de revoir sa copie avec les mêmes arguments que les miens (juste du bon sens). C’est le début de la fin.
La bataille est ouverte. Le DG découvre le machiavélisme de mon N+1 et +2. Donc, je disais vrai… On m’informe d’une prochaine mutation. C’est trop tard. Mon mari est épuisé de mon épuisement, de ma surimplication ! Il s’en va.
La descente aux enfers débute. Arrêt, HP, traitement anxiolithique et antidépresseur lourd, thérapie.

J’ai refait surface. Ma hiérarchie de l’époque sévit toujours. Je crois qu’enfin le DRH a compris que je n’était pas la seule « coupable ». Maintenant, la culpabilité je l’ai laissé derrière moi, car longtemps, trop longtemps j’ai culpabilisé.
La vraie vie est ailleurs.

> image d’entête via flickr

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