J’ai voulu, et je veux toujours, lutter contre ce déterminisme minable.

On nous bassine depuis un moment avec les conditions de travail dans le privé, comme si le public (l’état) lui, faisait son boulot de façon impeccable.

Effectivement, comme le montrent de nombreux témoignages ici, le recrutement dans le privé est souvent aberrant. J’ai connu ça: entretiens d’embauche portant au 3/4 sur mon signe astrologique (si, si), personne au téléphone me riant ouvertement au nez quand j’annonce vouloir postuler (réponse, rires inclus: « encore faut-il que nous soyons intéressés par votre candidature« ), pas de réponse du tout ou ne correspondant pas à ce à quoi vous aviez postulé (proposition d’un poste à plein temps à l’année alors que vous ne cherchiez du travail que pendant la période creuse car vous êtes étudiant, c’est utile de faire des lettres de motivation visiblement jamais lues, c’est fou! etc.)

Mais, quand j’étais étudiante désargentée, j’ai fait nombre de petits boulots, dont certains pour l’état.
Un exemple frappant du délire de l’administration: j’ai été vacataire pour les impôts pendant un mois. La trésorière avait le droit d’engager un vacataire au coup par coup, suivant les mois de rush. J’ai donné satisfaction, à la fois à la trésorière et au trésorier adjoint. Je me suis formée plus ou moins moi-même en trois jours, car il n’existe pas de période de formation pour un seul mois d’embauche. Ça s’est bien passé. Évidemment, j’aurais souhaité faire un 2ème mois, mais impossible. Motif: des règlements administratifs obligeaient l’employeur à participer aux indemnités chômage si jamais j’avais réussi à travailler 6 mois pleins sur l’année. Donc l’état avait pondu des règles administratives interdisant de ré-embaucher pour un 2ème mois un employé donnant toute satisfaction, et préférait prendre des gens « pas terribles », voire ne faisant carrément aucun travail, par peur d’être obligé de participer aux indemnités. Sympa, vive la méritocratie.

Par la suite, j’ai eu la chance d’avoir une vie de famille satisfaisante, avec un mari gagnant correctement sa vie (sans plus). Par contre, j’ai eu des enfants avec de gros problèmes scolaires. Je me suis rendue compte alors des énormes dysfonctionnement de l’éducation nationale. Les professeurs ne sont pas formés à détecter les difficultés d’apprentissage les plus fréquents, ni même les psychologues scolaires qui suivent pourtant une formation prétendument adaptée!
J’ai dû me débrouiller toute seule pendant des années, rechercher moi-même l’origine de leurs difficultés, consulter des tas de spécialistes etc.
Je vous la fais courte, à force d’entêtement, et le plus souvent, non seulement sans aide mais même malgré les nombreux bâtons dans les roues mis gentiment par l’éducation nationale, j’ai fini par réussir à mettre en place un soutien qui a aidé efficacement mes enfants.

Par contre, le virus était pris, j’ai commencé à m’intéresser aux enfants des autres. Pour moi, idéaliste, l’éducation nationale était censée pousser chacun au maximum de ses capacités.
En vrai:
_Vous êtes un enfant doué, bonne mémoire, bonne compréhension, votre niveau dépendra de votre classe sociale d’origine et de l’établissement qui vous a été attribué.
_Vous avez des difficultés et vous êtes pauvre: débrouillez-vous tout seul, vous aurez de mauvaises notes et des profs qui passeront leur temps à vous expliquer que vous êtes nul et incapable.
_ Vous avez des difficultés et vos parents sont riches: vous suivrez des cours aca***mia, et vous finirez en école (payante) d’ingé de marketing.

J’ai voulu, et je veux toujours, lutter contre ce déterminisme minable. Je donne des cours de soutien (qui marchent, en un trimestre, les enfants, tous ceux que j’ai pu suivre, font des progrès importants).
Mais ce n’est pas reconnu. Aucun diplôme pour valider toutes les recherches, lectures, expériences que j’ai.
J’ai le choix entre bosser au noir (si je veux garder un tarif abordable pour les parents modestes, et du coup, n’avoir droit de mon côté à aucune protection sociale, retraite etc.) ou bosser pour une entreprise prestataire de service qui exclura d’office les modestes au profit des bourgeois vu le prix, le tout pour un salaire minable et aucune plus-value apportée par cette entreprise.

Un de mes enfants a été suivi par un maître RASED, donc enseignant certifié, avec une « formation » censée être spécialisée, pendant un an.
Le mec n’ était pas formé, se prenait pour un psychiatre, ne connaissait aucun des problèmes d’apprentissage les plus fréquents (il ignorait même que qu’est la dyslexie, il faut le faire).
Mon fils n’a fait aucun progrès en un an!
Ce que je fais moi, ça marche, les enfants progressent, et je n’ai aucune perspective professionnelle.

L’état non plus, dans différents domaines, à différents niveaux, ne fait pas son boulot!
Qui sont les assistés dans l’histoire, sinon des ministres qui se succèdent?

#onvautmieuxqueça

> image d’entête via flickr

One thought on “J’ai voulu, et je veux toujours, lutter contre ce déterminisme minable.

  1. Bonjour,

    Je donne des cours particuliers à domicile depuis trois ans et je tiens à souligner que vous avez bien d ‘autres alternatives que le noir ou les grosses boites que vous citez (pour laquelle , j’ai bossé aussi d’ailleurs).

    Vous pouvez :
    – travailler avec le cesu ( cheque emploi service), le plus simple.
    – en auto entrepreneur (je ne conseille pas du tout vu la faible couverture sociale et les problèmes actuels avec le rsi)
    – monter votre boite ( notamment sasu)

    Reste le probleme des familles modestes… si on veut vivre décemment de ce métier, on ne peut proposer des tarifs accessibles aux familles les plus démunies ( qui sont pourtant celles qui en auraient le plus besoin, je suis bien d ‘accord avec vous) ou alors au coup par coup et alors même en descendant au niveau du smic horaire, cela reste une somme à sortir et peu de choses sont prévues ( si, le crédit d’impôts pour les demandeurs d’emploi dans certaines conditions).

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