Milieu culturel et gaspillage

Je suis diplômé de médiation culturelle de l’art depuis novembre 2015 et depuis cette date je peine à trouver un emploi. En janvier on m’a trouvé une mission d’intérim pour un entrepôt qui gère l’envoi et le stockage de produit culturel pour certaines maisons d’éditions du Livre. Mon boulot a consisté a ré-entreposer les invendus de produits pour enfants de la saison de noël. Ma mission consistait en le triage des produits en état neuf destinés à l’entrepôt d’avec les produits vraiment abimés qui étaient destinés à la benne à ordure…

Vu que le processus avait un mois et demi de retard, (j’ai été engagé le lundi matin et la date buttoir du tri était le mercredi soir, soit devoir trier 33 cartons de 1500 produits) le tri s’est transformé en énorme gaspillage écologique et culturel puisque tout les produits neufs, en bon états mais qui avaient une étiquette à retirer, une simple page cornée, un emballage manquant, passaient aux ordures.

Ce qui a résulté en le gaspillage de 9 cartons pouvant contenir à peu prés 1500 livres étant soit totalement neufs soit abimés et qui auraient pu être destinés au recyclage, aux hôpitaux, crêches, écoles, orphelinat etc…

Devant mon indignation et mon refus de jeter des livres, la responsable m’explique que la directrice des ventes de l’édition refuse de donner les exemplaires jetés aux plus défavorisés parce que cela casse le marché et les ventes… Ma mission consistait donc a donner un jauge de production à l’édition pour relancer une production de produits en Chine qui lui couterait de toute façon moins cher que de trier assidûment les retours et éviter ce double gaspillage. Il a été même question à un moment de broyer directement le carton de retour sans l’ouvrir pour le trier par manque de temps ! Le fin mot de l’histoire c’est que pour quelqu’un qui vient du domaine de la culture, j’en suis tombé malade.

Voilà pour mon témoignage, il traite du monde pourri jusqu’à l’os de l’Intérim , du gaspillage inconscient et de la surproduction délocalisée.

One thought on “Milieu culturel et gaspillage

  1. « … la directrice des ventes de l’édition refuse de donner les exemplaires jetés aux plus défavorisés parce que cela casse le marché et les ventes… » et surtout que ces gens là préfèrent jeter que donner une chance à un enfant de s’instruire, un pauvre ne doit pas avoir de livres, c’est ce que pensent  » ces gens là » ! Et pendant ce temps notre ministre de l’éducation nationale signe un contrat de 13 millions d’euros pour donner des tablettes aux élèves, Allez comprendre …

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