Il nous arrive de faire 7 à 10 jours d’affilée

J’ai souvent hésité à vous écrire car l’histoire me fait encore halluciner, mal et parfois rire. Allez savoir…

En novembre dernier je quitte l’Ile-de-France pour la Bretagne. Je quitte ma famille, ma vie et pars vivre chez des amis en attendant de trouver un emploi et de permettre à mon copain de me rejoindre en suivi de conjoint. Coup de chance je décroche un CDI en tant que réceptionniste tournante dans un hôtel début décembre. Je me doutais que vu la période et le rythme du travail je n’aurais ni Noël, ni nouvel an. Je serai donc seule pour les fêtes de fin d’année, J’accepte, c’est le jeu.

Je me sens vite intégrée à l’équipe de 10 personnes et je m’adapte vite à l’environnement. Même ma patronne me félicite. Le rythme n’est pas évident. Il nous arrive de faire 7 à 10 jours d’affilée. Ceci est légal, j’ai vérifié auprès de ma direction qui n’a pas apprécié ma « curiosité » mais je le saurais que plus tard. Je suis censée être formée pendant un mois mais au bout de 3 semaines je gère l’hôtel seule de 15h à 22h, notamment le week-end. Pas de pause possible même si celle-ci est bien décompté en temps et en argent. Mais c’est aussi le cas quand on travaille en binôme. Pas le droit de quitter l’hôtel durant la « pause », il faut rester proche de la réception pour répondre au téléphone et accueillir les clients au cas où le collègue est débordé et surtout c’est mal vu de prendre 45mn (comme prévu dans le contrat). J’en parle à mes collègues qui me disent « c’est comme ça« .

Fin du premier mois, toujours en période d’essai, je découvre mon planning de janvier. Il fait savoir que nous avons nos plannings seulement 4 jours à l’avance en fin de mois. La loi prévoit qu’un salarié connaisse son planning 2 semaines à l’avance, la 3eme semaine n’étant pas fixe. J’en fais part à mes supérieurs, ça ne leur plaît non plus. Apparemment je suis vraiment trop curieuse. Je m’aperçois aussi qu’entre les matins, les après-midi et les jours off les temps de repos ne sont pas respectés. Je travaille de 23h à 7h08 (sans pause) deux nuits puis reprends 2 jours après à 7h. Les 35h + 24h de repos hebdomadaire prévu par la loi ne sont pas respectés. Mes amis me conseillent d’appeler l’inspection du travail qui me conseille d’arranger les choses directement avec ma direction. J’envoie donc un mail pour expliquer le « souci ». J’ai comme simple réponse que mon planning a changé pour d’autres raisons. Et, tiens un congé payé s’est glissé dans mon planning sans que j’en ai fait la demande ! Illégal.Les relations deviennent tendues avec ma directrice. Je continue à travailler avec autant de passion pour mon métier et je sens que les clients sont satisfaits. C’est ce qui me fait tenir.

Début février ma période d’essai arrive à sa fin. Ma directrice décide de la prolonger d’un mois. Sans entretien officiel, je suis presque forcée de signer sans réfléchir. Elle n’est pas sûre que je sois « faite pour ce travail » même si je gère l’hôtel seule 2 fois par semaine… Cela ne m’arrange pas. Je vis toujours chez mes amis et je ne trouve pas de logement, je n’ai pas un bon dossier. Quelques jours plus tard nous obtenons un logement grâce à des garants. Mon conjoint m’a rejoint depuis peu. Je l’annonce à mes collègues. Je n’ai pas eu la réaction escomptée. Il y a même eu un blanc. Ma patronne part une semaine en vacances et à son retour, elle me convoque dans son bureau. Je lui avais demandé d’avoir le mardi de repos pour mon déménagement. Nous étions le 23 février et je n’avais pas mon planning de mars. La directrice adjointe nous rejoint. Elles m’annoncent qu’elles ne me gardent pas car personne ne l’a mené aux prud’hommes et que je n’allais pas être la première. Je suis « trop parisienne et effrontée » et à mon âge elle avait « plus la tête sur les épaules« . Parce que « c’est quoi cette idée à la con de quitter ma région pour une autre et d’embarquer mon conjoint dans ma galère ?« . Bref j’ai subi un flots de reproches mais aucun lié à mon travail. La directrice adjointe a même rajouté « c’est pas le travail en lui-même mais vous étiez trop sur votre téléphone« . Oui, effectivement durant la « pause » je regardais mes messages et faisais un tour sur le net. Quand j’ai dit que je faisais que défendre mes droits elle a ajouté « un employé a aussi des devoirs« . Je suis sortie en pleurant. Tout s’écroulait. Ma vie future avec mon homme, mes envies d’évolution et ma nouvelle vie en Bretagne. En bonne employée j’ai honoré mon devoir, j’ai fini mon contrat. 10 jours d’affilée, très durs psychologiquement. Mes collègues n’ont pas compris et certains le savaient depuis deux semaines, d’où le blanc quand j’ai annoncé avoir trouvé une maison. Mon N+1 a même été honnête avec moi : « vous travaillez très bien malgré quelques erreurs mais ils ont vraiment eu peur, vous avez trop de caractère« . C’était dans un sens rassurant. Maintenant je me bats pour que mon cas soit reconnu comme licenciement abusif car n’étant pas lié à mon travail

> Image d’entête via flickr

2 thoughts on “Il nous arrive de faire 7 à 10 jours d’affilée

  1. Contacte Arnaud Lefort, inspecteur interrégional des douanes (au-dessus c’est le ministre). Il est de la famille, et c’est son hobby de s’occuper de ce genre de cas.

    Si elle a peur des prud’hommes, ce sera son pire cauchemard.

    1. Vraiment ? Je cherche encore comment lui pourrir la vie.
      L’inspection du travail n’a jamais répondu malgré mes mails et multiples appels.

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