Reprise de travail après burn out, je pourrais être licenciée pour faute

Je suis cadre en CDD. Dans ma boîte nous sommes 3 à avoir été arrêtés en une semaine à cause du stress. J’ai fait mon premier burn out en aout 2014, une de mes collègues à craquer 2 jours après. Nous sommes aujourd’hui en novembre 2014 et sommes encore en arrêt. J’ai essayé de reprendre le travail en octobre 2014, et deux jours plus tard les pompiers m’ont sortis de mon bureau suite à une crise d’angoisse. je dois reprendre fin novembre et je n’en dors plus la nuit. Comment j’en suis arrivée là: depuis 2012 j’ai fait 2 CDD de 6 mois puis 2 CCD de un an. Je bossais de 8h00 à 20h00, pas le temps de rentrer chez moi manger pas de cantine donc des sandwichs devant le pc et les derniers temps des boîtes de thon ou de soupes lyophilisées pour ne pas perdre de temps à aller chercher à manger à la boulangerie à 5 minutes. J’estime avoir occupé un poste représentant 1.5 à 2.5 temps pleins.

Depuis que ma collègue et moi avons craqué mon chef à recruter des vacataires pour venir travailler certains jours de la semaine ( le statut vacataire c’est pire que le CDD ou l’interim: c’est avoir des contrats de 3jours par semaines renouvelables ou rompables toutes les semaines sans couverture sociale vu qu’il n’y a pas de cotisation chômage ni de congés payés mais quand on a besoin d’argent on prend). pourquoi il fait ça ? pas parce que c’est un grand méchant patron parce qu’il n’a plus le droit de recruter même en CDD alors comme on est une école et que l’organisme d’état pour lequel on travaille valide les contrats de nos profs qui sont en vacation mon chef y glisse des contrats de vacation pour avoir du personnel en plus pour essayer de soulager ceux qui ne sont pas encore tombés.

J’ai alerté la médecine du travail et les représentants du personnel, une enquête a été lancée. Nous avons été convoqués pendant nos arrêts maladies, sommées de justifier pourquoi on a fait un burn out. Cet entretien s’est fait avec le chef de mon chef qui demandait quelles étaient nos relations avec notre N+1. Nous avons eu l’impression que le but était d’obtenir de nous de quoi faire éjecter par le N+1. Mais ce n’est pas le N+1 qui est coupable, il est victime lui aussi: pour que l’école fonctionne il a tout sacrifié sa vie de famille, il ne dort plus, ne dort que 4H par nuit, ne prend plus le temps de manger. On dirait qu’il sort d’un camp de concentration et a régulièrement des traces de dentifrice sur le visage à 8h00 du matin, il sent déjà la café à plein nez (son seul carburant) et n’est parfois presque plus coiffé tellement il s’arrache les cheveux pour faire avancer le schmilblick.

Le gouvernement parle de l’apprentissage mais à vider les caisses qui faisait vivre certains centres d’apprentissage alors avec moins de personnels on doit s’occuper de plus d’apprentis. Des millions de gens veulent bosser et pendant ce temps des millions tombent malades ou meurent du trop de travail. Les 35H par semaines ça existent peut être pour les employés, les assistantes et les secrétaires mais pour les cadres c’est 12h/jours au boulot et certains soirs de la maison on bosse encore.

Je suis malade à cause du travail, épuisée, incapable de m’occuper de mes enfants mais je vais devoir retourner au travail car la CPAM tape sur les doigts des médecins qui donnent des arrêts de travail. Ma collègue qui a eu la chance de ne pas avoir êté renvoyés au travail mi-octobre a été contrôlé par le médecin de la CPAM: il lui a dit que si elle n’était pas capable de reprendre il fallait qu’elle demande à être mise inapte au service et qu’elle demande à être transférer et si ce n’est pas possible de démissionner de son CDI. On se demande laquelle de nous 2 est la plus à plaindre : elle  est coincée dans son CDI à ne pas voir le bout du tunnel ou moi avec mon CDD promesse de liberté si je tiens jusqu’en mai 2015 ou  de condamnation au versement d’indemnités à mon employeur si je donne ma démission ou si la médecine me déclare inapte à continuer ma mission.

Si je reprends, je ne pourrais pas atteindre mes objectifs et pourrais être licenciée pour faute et ne jamais pouvoir retrouver du travail. Mais je ne veux pas blâmer les patrons car pour quelques grandes sociètés qui se remplissent les poches, une de mes connaissances qui a ouvert son salon de coiffure gagne 750€/mois pour bosser du mardi au samedi de 8h30 jusqu’à ce que les clients lui demandent, une autre qui a son exploitation agricole ne peut plus payer les crédits qu’il a contracté pour s’installer.

Dans la vidéo vous dite que le nouveau code du travail ça sera germinal mais ça l’ai déjà pour beaucoup de personne. Parce que même si on sait que renouveler un CDD c’est prendre le risque de faire un burn out et accepter d’être payer 1700€/mois net comme les assistantes pour un MASTER BAC+5 avec 10 ans d’expérience, on le signe parce qu’on a besoin de nourrir ses gosses. Le système est déjà pourri, on n’a déjà plus le choix si on veut bosser cette loi ne fera qu’empirer la situation. Nous sommes déjà au XIX° siècle avec cette loi nous retournons au XVIII° siècle.

2 thoughts on “Reprise de travail après burn out, je pourrais être licenciée pour faute

  1. Comme je te comprends et compatis !
    Dans une des boites ou j’ai fait de l’intérim TOUS les salariés avaient le statut cadre, comme ça tout le monde (y compris l’homme de maintenance) était corvéable à merci (pour nous environ 50h par semaine).
    C’est beau hein le statut cadre ! dommage qu’on ne voit pas le salaire cadre qui est censé aller avec !

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