Pourquoi j’ai décidé de retourner vivre dans la rue

Nous avons ici le témoignage d’un jeune homme qui nous parle de son expérience de retour dans « la vie normale ». Nous nous sommes refusés de lui donner des accompagnements sonores, puisque ça n’aurait pas servi son propos. Un grand merci pour son courage.

 

 

EDIT:

Autour de ce projet de Tour De France : http://compagnieviaesmerald.forumactif.org/ (forum participatif autour de l’agriculture et de l’élevage (avec de vrais morceaux d’écologie dedans)) ;   http://compagnieviaemeralda.blogspot.fr/ (le blog de Maluco où il essaiera de donner des nouvelles).

51 thoughts on “Pourquoi j’ai décidé de retourner vivre dans la rue

  1. Un témoignage extrêmement « douloureux », entre un appel au secours et un gros ras le bol.
    Je n’ai jamais vécue dans la rue, même j’ai eu une bonne enfance, pas riche, mais simple.
    Mais, je me sens comme ça aussi, depuis quelques temps.
    Je pensais être seule.
    Au moins, je ne le suis pas.
    C’est dur, mais courage à toi jeune homme, et fais ce qui te plaît !

    1. Je te renvoie le conseil 😀

      Ce que je peux te dire, c’est qu’on est un certains nombre a poser notre démission générale, pour plein de raisons différentes, et à choisir de préférer nos rêves et ambitions folles qui nous font nous sentir forts et fiers avant même de faire le premier pas.
      Parce qu’en se sentant forts et fiers, on sent que la force est avec nous 😉

    1. Ben non ce n’est pas minable ! c’est la société actuelle qui est minable pas vous ! normal que vous ayez envie de partir on sent bien que c’est comme vivre en prison entre cet « appart' » sans âme et ce stage sans avenir … à manger du pain … !! ??? qu’est ce qui peut vous arriver sinon « rien » !? … vous perdez votre temps vous avez raison et puis dehors, vous n’êtes pas à l’abri …. d’une belle rencontre ! des gens « bien » il y en a plein mais il faut aller les chercher dehors, c’est clair qu’ils ne viendront pas sonner chez vous … partez !! votre voix sonne juste, votre cœur vous guidera, suivez-le … OUI vous êtes vivant et bien vivant !!!La vie est la plus belle des écoles ! facile à dire en même temps… mais faites vous aider par les associations, proposez vos services sur les marchés (chouette idée !! ) auprès des personnes âgées … appelez Caroline Dublanche qui anime  » la libre antenne » sur Europe 1 ( appelez le 3921 ils vous rappelent ) à partir de 22H une emission extraordinaire tous les soirs entre 23H et 1H du matin … la solidarité des auditeurs a déjà fonctionné rudement bien !!! un homme qui travaillait et qui devait dormir dans sa voiture ne trouvant pas de logement a pu être aidé, un jeune qui faisait des centaines de kms pour aller bosser parce qu’il ne trouvait pas d’appart ‘ avait appelé et une dame vivant seule dans une grande maison à 10 mn de son lieu de travail lui a proposé de le loger et de le nourrir en échange de quelques travaux et services . bref ! je ne sais quoi dire de plus sinon que votre force aujourd’hui c’est votre jeunesse, votre lucidité et votre envie de « vivre »!!! alors partez et je suis sûre que votre vie va changer pour le meilleur. Courage ! je pense à vous !!

      1. Wah !

        Ce genre de comm’, ça réchauffe !
        C’est une stratégie pour communiquer de l’énergie par osmose virtuelle, ou t’es plus révoltée que moi ?

        Faut pas, faut pas.
        Maintenant que mon choix est arrêté, j’ai une bonne vibe qui me pousse dans le dos, zen et souriante.
        Comme tu pourras le lire plus bas, j’ai un plan, des rêves, et je compte bien profiter de ce qui m’arrive pour être utile écologiquement, agrologiquement, politiquement (un peu ?) aux autres, bienfaisant, et apprendre, apprendre, sans cesse.

        Tout les héros de toutes les sagas sont des errants, des voyageurs, sans « domicile » : Luke, Gandalf, Aragorn, Erik le rouge, même Lancelot !
        Y’est juste temps de devenir héroïque ^^ »

        Ca reste une bravade, mais on garde le moral comme ça 😀

        1. Même projet pour ma part, j’ai totalement perdu foi en le système scolaire et d’emploi, je compte partir sur la route prochainement. Quitte à reprendre des études plus tard. Mais en attendant, go sur la route, des lectures, de l’écriture, des chantiers participatifs, des vrais projets, pas juste des riens pour justifier de perdre son temps. Je vais essayer une première année en gagnant juste assez de sous (et en suçant malheureusement la moelle de l’Etat pour garder assez d’énergie pour pouvoir travailler vraiment pour moi, sinon je n’avancerai jamais, j’espère que j’épongerai cette dette financièrement ou par des actions bénéfiques à tous), financer un appart peu cher, (j’habite à Brest, les loyers sont très bas), préparer un projet de journalisme itinérant costaud tout en concevant de petits projets écrits et vidéos. Et puis, le grand saut.

          Personnellement je ne me sens pas prêt à vivre dans la rue, je l’ai déjà fait et c’est assez dur parfois (peut-être que j’étais juste mal organisé). J’essaierai de voyager au gré de couchsurfings tout d’abord.

          1. Nan, on est d’accord, la rue c’est trop dur. Pour ça que je prend la route, en comptant sur les fermes alternatives, les communautés autogérées, et éventuellement les chantiers participatifs, à condition qu’ils ne soient pas payants (ça me fait bien rire d’ailleurs, d’imaginer des gens payer, parfois 500 balles, pour bosser) , et apprendre, apprendre, apprendre, comme toi ^^

            Au final on a des envies assez similaires… Dommage pour le timing ^-^
            Mais tkt, prends le temps de t’équiper, de bien connaitre la nature, et tu ne craindras que la pause végétative de l’hiver, où il n’y a rien à récolter. Même pas le froid, puisque tu saura faire un feu, construire une tanière, etc…
            En ville, y’a les squats pourris et jonchés de merdes, de papiers, de seringues, etc… ceux qui sont pas encore ouverts, et pour lesquels on prend tout les risques pour une nuit en sécurité, y’a les gens qui convoitent, ceux qui sont dans une merde noire et qui ont besoin d’en parler, sans soucis pour ta merde noire à toi, que t’infliges à personne, les toxos (dure vie à vivre, même en spectateur), le fait qu’il soit impossible de trouver à manger sans le quémander, ou presque, les faux samaritains, une vraie plaie qui joue sur les espoirs… Etc…

            Bref, la rue, je le ferais plus. La route, je suis certain que ça n’a rien à voir. Ne serait-ce que parce qu’il y a manger et à boire partout, quand on sait chercher. Et au final, le principal facteur d’insécurité disparait presque.
            Par contre si t’es vraiment dans la merde, que tu te pètes une jambe au fond de brocéliande, y’a personne pour aider. pour ça que je fait les premiers mois avec un pote, histoire de pouvoir s’aider en cas de pépin, le temps d’xp.

  2. Bon nombres de formations sont comme ça aujourd’hui …

    Pas de fond, pas de sens, pas de contenu, vide, bidon… à l’image de notre société.

    Courage.

    1. Muai, c’est la deuxième comme ça sur laquelle je tombe.

      Mais c’est la première qui fait aussi marchand de sommeil…
      Faut comprendre qu’ils captent la majeure partie de ce que je gagne, via le loyer… Pour des apparts qui tiennent tout juste dans le cadre de la loi comme habitables (en terme de surface par ex… J’ai même eu du bol, y’en a SANS FENETRES dans le lot)

      Je rajouterais juste que le reste tient de la diffamation, en l’absence de preuves.
      Malynx le lynx 😉

  3. Encore une victime de ces formations proposées aux chômeurs…
    J’espère que ta route te mènera vers des cieux plus cool et qu’une meilleure opportunité t’aidera à rebondir, après cette période d’humiliation et de violence gratuites. Tu vaux mieux que çà. On vaut mieux que çà.

    1. Merci, et je te retournes le souhait !

      Et sois-en sur, la Route croise, des cieux, des rives, des monts, des plaines et des forêts, des myriades de merveilles du monde parmi toutes.

      De mon point de vue, je rebondis déjà. Juste pas dans la direction habituelle (je le place à dessein l’habitus là, y’a beaucoup de ça dans la tension qui précède ce genre de changements de mode de vie. La dernière fois, j’étais resté en ville, dans ma zone de confort.)

  4. Je te remercie pour ce témoignage trés clair, ou les mots prennent le temps d’etre posé. Ou l’on sens cette energie si forte qui porte tellement d’écho en moi meme.
    Ca me fait vraiment plaisir que tu prenne le temps d’exprimer aussi tes préocupations et tes aspirations de vie.
    Se raccrocher a ce qui nous rend vraiment vivant sur cette terre.
    Les attentes et espoirs de nos parents, la culpabilité de ne pas réussir a correspondre a leur idéal. C’est terriblement mortifére et castrateur.
    Ce sentiment de décevoir un proche a le rendre dépressif et le tout pour un conditionnement culturel.

    C’est un combat que je mène moi mème en ce moment.

    Je te comprend tout a fait dans ton vacillement entre un retour a la vie de la rue et l’insertion dans la société.
    Vivant en Ariége dans les Pyrénées j’ai put rencontrer pas mal de SDF qu’on pu trouver une grande cohérence a revenir a la terre dans les campagnes.
    trouver un mode de vie au moins conforme a la vie naturelle. Plein de choses se passent ici et les lieux alternatif ou poser son tipi, sa tente, sa yourte ou son sac a dos ne manque pas par ici.
    Bien a toi et merci au collectif pour cette attention a la diversité.

    1. Eh ben bon courage pour ton combat, et merci de prendre le temps de me soutenir.

      C’est l’aspect le plus problématique, et j’ai beau le tourner dans tout les sens, c’est assez ingérable, parce que mon père va en chier de me voir partir, et que le prévenir c’est… dur.

      Mais j’espère qu’il suivra mes aventures, je vais le contacter ect… Et je pense pouvoir le rassurer petit à petit. L’habituer à la validité de mes choix, qui n’invalident pas les siens.
      En gros, je repousse le problème XD

      Et ouais, je sais, j’me prépare une vie qui fait des envieux, tout compte faits 😛
      Merci ^^

  5. malkho

    Putain :'(

    C’est courageux ce que tu fais. Mais tu te rendra compte que plus tu te confieras (auprès des bonnes personnes) et plus ça te fera du bien.

    J’ai pas vécu une situation aussi difficile (j’aurai pu, j’ai eu la chance d’être en couple), mais je comprends avec tellement d’empathie ce que tu ressens que j’en ai les larmes aux yeux. Des conseils, j’en aurai plein à te donner, parce que je suis passé psychologiquement (et passe encore) par là où tu passes. Mais si je devais en donner un premier, c’est déjà d’arrêter de vouloir plaire à ton père. De bons parents (imho), c’est des parents qui te préparent à faire tes propres choix dans la vie, pas ceux vers lesquels ils te poussent. Moi je voulais aussi « plaire ». A ma mère, mais aussi à mon frère qui a fait office de figure paternelle pour moi (et qui était workaholic pour bien faire). Jusqu’à ce que je comprenne qu’on doit rien à personne. On doit rien aux gens. Aux amis. Quand une relation avec une personne te tire vers le bas (que la relation est « toxique »), tu y mets fin généralement (si tu as pas de souci d’ordre affectif). Et, oui, les membres d’une famille, malgré tout ce qu’on peut dire et ce que la société en dit, ce sont de simples personnes comme les autres. Et la relation que tu as avec un ou des membres de ta famille peut te tirer vers le bas aussi, tout comme une relation avec une nana ou avec un pote. Alors, premièrement, je te conseillerais de ne pas essayer de plaire à ton père ou à quiconque. Je sais que c’est pas simple. Mais la famille, NON, BORDEL, ça n’a rien de dogmatique. Tant mieux pour ceux qui sont heureux avec leurs parents. Mais, non, toutes les relations familiales ne sont pas bonnes ou heureuses.

    Ca uniquement, ça résoudra pas tous tes soucis. Parce qu’il faut de la thune pour bouffer, je sais bien. Etc. Etc. C’est vrai. Mais c’est déjà un premier pas et je me souviens le poids et la culpabilité que ça m’a ôté quand j’ai pris conscience de ça. Le reste c’est une autre et longue histoire, et de longs combats à mener. Essaye de comprendre ce qui est bon pour toi, par pour les autres. Putain de pression sociale. T’essaye de rentrer dans le moule, comme tu dis. Moi j’ai pu arrêter. Et ça va mieux. Et comme ça va mieux, j’assume mes choix et je vis mieux. Et si tu peux faire comme moi, n’oublie pas qu’il existe des CMP (si avoir un rendez-vous prend du temps, hésite pas à y retourner plusieurs fois pour montrer que tu en as besoin). Mon psy m’a sauvé la vie. Un BON doc compétent et à l’écoute (POUR DE VRAI) aide aussi grandement.

    Merci d’avoir laissé le témoignage intact.

    Je sais pas si ça se fait, mais si tu veux qu’on parle (ou d’autres qui vivent les mêmes souffrances) et que l’équipe de #onvautmieuxqueça pense que c’est bénéfique, qu’elle hésite pas à te donner mes coordonnées.

    1. Merci, c’est cool d’avoir pris du temps pour essayer d’aider ^^

      Mais parler ne changera plus rien maintenant, il est temps d’agir.

      Après, j’exprimerais jamais ma relation paternelle comme ça. On s’est perdus de vue 8 ans, on a pleuré de se revoir, et je vais de nouveau partir. C’était pas le plan. Je comptais pas non plus le coller aux basques, mais de là à lui infliger ce stress en partant de cette façon… Nan, c’était vraiment pas prévu… Et je sais pas comment le gérer, mais je vais devoir le blesser.
      Heureusement qu’il en a vu d’autres.

      Et même si le fait d’avoir enfin arrêté un choix aide à être fort, ça n’empêche que ça va faire mal.
      Je préfèrerais pouvoir le faire plus en douceur.

  6. Merci pour ta franchise et merci d’avoir partagé avec nous, ton vécu, tes craintes, tes difficultés, tes espérances aussi.
    Je ne sais pas quoi te dire… Peut-être de rester tel que tu es (tu me sembles être une personne optimiste et battante !), de continuer à te poser les bonnes questions et de suivre ton instinct ! J’espère que la situation s’arrangera pour toi très rapidement et que les bonnes personnes seront sur ton chemin !! Prends soin de toi.

    1. Magnifique 😀

      Pour ce qui est des gens sur ma route, je ne saurais encore le dire, quoique j’eusse trouvé un compagnon de route pour les premiers temps, mais il est certain que ma situation s’arrange, au moins moralement, et puisque j’ai un cap, du courage à revendre et une envie folle de laisser mes pieds m’emmener…

      Je dirais que tes souhaits son efficaces !
      C’est troublant…

      Dites Mme Tyler, si jamais c’est possible, juste jeter un oeil dans le Tardis, serrer la main du Docteur, vous serrer la main…
      Ce serait…
      J’ai intérêt à trouver des mots convenables d’ici à ce que ça arrive 😉

  7. Big up! pour ce superbe témoignage! ce courage, pour parler de choses aussi personnel à des personnes inconnues. Je ne sais quoi dire… si ce n’est courage, à un moment se serra forcément mieux, j’veux dire après la pluie vient le soleil (c’est l’idée que j’essais d’exprimer)

    1. eh, merci ^^

      Mais c’est plus simple que d’en parler à mon vieux tu sais XD
      Donc j’me sent pas si courageux 😛

      Mais basiquement je suis du Nord. après la pluie, viens le crachin ^^
      Faut pas sous-estimer Murphy, il se cache dans l’espoir de voir sa tartine tomber du bon côté.
      Prendrais plus le risque de confier mes espoirs à d’autres.
      Ils ne marchent pas doucement, quand bien même ils marchent sur les rêves d’autrui.

      Je dis ça pour rester réaliste, mais bien sûr que je vais marcher vers des à-venir radieux. D’autant plus que la première partie de ma Route va vers l’Est.

  8. Il y a chez nous un studio indépendant, à la campagne. Si tu es intéressé par une vie de famille avec 2 retraités… viens à la maison. Courage mon gars ! Le site te communiquera nos coordonnées. A bientôt !

    1. Merci, c’est vraiment cool comme proposition !

      Mais j’ai déjà des aventures de prévues ^-^
      La seule idée d’un pied à terre a des allures de prison maintenant… donc l’un dans l’autre…
      Merci, BEAUCOUP, infiniment, mais non merci ^^

      1. Je comprends bien… et je respecte. Bon courage malkho !
        Par ailleurs, en réponse à Isabelle Carrière, je dirais que ce qui nous rend humain c’est le don, et exclusivement.
        Tendre la main est un geste naturel.

    2. J’ai envie de dire un grand MERCI à Francine qui propose de venir en aide à ce jeune homme en grande détresse morale, en lui proposant un hébergement, il existe trop peu de personnes qui se sentent concernées par le malheur des autres et qui préfèrent détourner le regard, c’est tellement plus facile, que de regarder la misère en face droit dans les yeux, j’ai créé il y a bientôt 2 ans un groupe de Solidarité sur FB (Solid’Aix) qui se voulait à la base un groupe d’entraide, malheureusement je constate au fil du temps que les gens qui viennent sur ce groupe le font dans le seul but de refourguer leurs babioles, ma fille a également créé une action avec 2 de ses amies ACTION ANTI FROID dont on a parlé il y a quelque temps au 20H (sur TF1)Action qui vient en aide aux SDF en organisant des maraudes pour distribuer couvertures, vêtements chauds et boissons chaudes, ça me redonne foi en l’Humanité de voir qu’il existe encore des personnes qui savent tendre la main pour aider les autres à se relever… Encore un grand merci à ces gens là, et courage à tous ceux qui traversent des moments difficiles, le temps n’est jamais figé, il faut garder espoir…

  9. Plein de courage et de bonheur pour la suite. C’est la seule chose que j’ai envie (ou besoin, je ne sais pas) de dire.
    Et merci pour ton témoignage.

  10. Bonjour Malkho,
    Je ne sais pas si tu sens mieux après avoir laissé ce formidable témoignage, mais cela m’a fait un bien fou de t’entendre Malkho. D’entendre tes expériences, tes humeurs, tes déceptions…toutes ces choses qui font que mêmes si l’on ne se connaît pas, je ressent plus de points communs avec un homme comme toi, qu’avec ceux et celles qui dirigent ce monde. Et même si une partie d’entre nous est résigné à subir son quotidien, l’autre partie veut continuer à se battre, à y croire, à sourire, à aimer, à vivre…tout comme toi Malkho me semble-t-il ? Force et courage, à travers ton témoignage, c’est ce que j’ai profondément ressentie.
    Les hommes comme toi donnent du sens à nos vies, prends soin de toi.
    Merci Malkho, MERCI.

    1. Hm, envie de se battre… Je sais pas trop.
      Par contre j’ai un besoin évident de changer de mode de vie.

      C’est facile d’être courageux quand on est sur le point de se jeter sous un train… Question de survie, je fuis plus qu’autre chose… Une fuite utile, dont j’espère qu’elle donnera un sens à ma vie par des bonnes actions, par une utilité sociale en matière de transmission de pratiques, de savoirs, par l’ambulance d’une banque de graine, voire même par la redécouverte d’un mode de vie nomade cueilleur stable, humainement et physiquement vivable.
      Mais faut pas se leurrer, ça reste une fuite pour survivre.

      Du coup, je ne peux pas accepter ces compliments. Je ne pense pas qu’un renard qui se bat une fois au pied du mur soit courageux, ou fort. Il obéit à la survie, simplement.

  11. Rien de constructif à dire si ce n’est que j’ai écouté, jusqu’au bout. Et que putain, j’ai vibré à t’écouter.
    La route est tortueuse, mais je te souhaite de le trouver ce petit coin de bonheurs tous simples qui t’ira bien.

  12. Les commentaires me touchent, j’arrive pas à me imaginer qu’il y ai déjà eu 2000 personnes pour écouter ça…

    J’vais vous dire la même chose que ce que j’ai dit à l’équipe d’On vaut mieux que ça par mail,

    « Parler n’a pas changé l’attitude des patrons, qui jouent leurs dernières cartes, sentant qu’ils ont perdu le contrôle de la situation.

    Mais au moins la parole s’est libérée, j’arrive à en parler, et j’ai réussi à tourner la situation à mon avantage, en préparant un tour de France des initiatives permacultrices, autogérées, les colibris, les biodynamistes, des modes de vie alternatifs, etc… Et en inscrivant ça dans ne logique de partage des savoirs, etc… 78 fermes-destinations sur 2 ans de voyage, un stock de semences paysanne pour faire du troc et devenir la première banque de graines ambulante, un sac archicomplet qui a déjà fait ses preuves, un compagnon de voyage, au moins pour la période sèche, etc… Et bientôt le ptit lapin 😀

    En fait, une fois soulagé le poids de la merde, une fois que j’ai compris que j’étais pas fou, ou en train de voir les choses d’un oeil biaisé, une fois compris que de toute façon c’est un choix préférentiel, une fois mis le passionnel négatif à part, c’est largement plus simple de composer avec tout ça, et d’imaginer l’avenir, de transformer ça en voyage initiatique, même s’l y a un peu de fuite en avant dans le lot, et de lui donner une utilité.

    Je vais voir du pays, aider au partage de la biodiversité en aidant les acteurs de l’écologie, apprendre d’eux ce que j’étais venu chercher en formation, enseigner ce que j’aurais appris, et ma mobilité pourra être utile aux communautés autonomes tout en limitant l’impact de ma présence en terme de ressources.

    Bref, sans vous j’en serais encore à tempêter, gronder, et à me morfondre, sans envisager d’opportunités comme sérieusement sérieuse, ou au moins pas dingues, ou heureuse. Le simple fait de m’être assis devant mon ordi pour parler m’a permis de « réduire le bruit », et la reconnaissance de votre part, de la part des internautes, dans les commentaires, ça éclaircit l’esprit.
    Fin, vous vous doutez que ça fait un moment que je me prépare, mais le fait d’avoir la certitude que je fait ce qu’il y a de mieux possible dans cette situation, que je suis pas cinglé, c’était ce qu’il me fallait pour pas me perdre dans les choix, et avancer avec assurance.

    Je pouvais pas ne pas vous remercier..

    Si jamais ça vous intéresse, le départ est pour le 15 mai.
    Je m’arrangerais pour poster régulièrement mes récits d’aventure sur ce blog : http://compagnieviaemeralda.blogspot.fr/
    Et j’ai créé ce forum pour servir de classeur participatif des savoirs relatifs à l’autonomie et l’autogestion écoresponsable (d’ici le 15, j’aurais rempli un peu plus, en tout cas pour les bases des bases de ce que je sais déjà) : http://compagnieviaesmerald.forumactif.org/  »

    Et parce que j’y résiste pas (ouais, j’ai la patate 😉 ), citation :

    Bilbo disait souvent qu’il y avait une seule Route ; qu’elle ressemblait à une grande rivière ; ses sources étaient à chaque porte, et tout sentier était son affluent.
    « C’est une affaire dangereuse de passer ta porte, Frodon, me disait-il. Tu vas sur la Route et, si tu ne retiens pas tes pieds, Dieu sait jusqu’où tu pourrais être emporté. »

    Oui, les hobbits sont monothéistes 😀 Incroyable, nan ?

  13. Je suis très émue et bouleversée. J’ai la rage aussi, de voir cette sociéte incapable d’accueillir ses jeunes, notre avenir. Tiens bon, tu trouveras ton chemin, nous sommes nombreux à penser à toi, nombreux à dire ça suffit ! « Plutôt la nuit debout que le jour à genoux »

    1. Roh, j’aime bien la maxime…

      On peut en faire un proverbe moderne ?
      En tout cas moi je l’adopte ^-^

      Ah, au fait, c’est une chance que la société en soit incapable.
      Du coup on va être obligés de s’en créer une viable. Quel dommage 😀

  14. Je ne sais pas trop quoi te dire… mais c’est tellement bouleversant ton témoignage que j’en pleure devant mon ordi… bon courage à toi et je te souhaite d’apprendre et de vivre comme tu le souhaites… et de te trouver des personnes qui pourront, à défaut de seulement t’aider, te comprendre et surtout t’aimer pour que tu puisses suivre ta voie, mais pas trop seul.

    1. Oui, marcher seul est ce qui m’effraye le plus… La vergogne, c’est une force puissante ^-^ Et déjà que je suis pas très vergogneux, si en plus je suis seul… Je pourrais bien me perdre, sans pour autant dévier de ma route.

      Mais faut pas pleurer ^^ »
      Sinon je vais devoir venir faire des câlins. Ce qui n’est ni prévu, ni pour me déplaire.
      Plus sérieusement, je vais à la poursuite d’années de rêves frustrés, en guise de travail libre pour m’échapper d’un univers quasi carcéral. Faut pas pleurer, y’a pas de quoi. C’est difficile à vivre tant qu’on est pas décidé, tant qu’on bataille pour se raccrocher à des bouées qui se veulent menottes (ou clapier 😉 ) sans le vouloir vraiment, tant qu’on se force à ne pas être soi pour pouvoir être soi, et tant qu’on est plongé dans toutes ces contradictions.

      Comme dirait l’autre, faut mourir, et souffrir, pour renaitre.

  15. Moi aussi je t’invite à venir partager un moment avec nous, il y a de la place et l’amour !
    Tu m’as foutu le bourdon pour la journée c’est sûr, je vie la même chose avec un ami de ton age, qui arrête tout dans quelques jours et qui va rejoindre la rue.
    Cette société me fait vomir, et toi tu me fais pleurer…………..

    1. Et moi je t’invites à m’accompagner un moment, on a toute la place du monde 😀

      Et arrêtez de pleurer, votre ami a besoin de vous fort. Aidez-le à se sécuriser, avec un peu d’aide il peut trouver un squat « neuf », et s’y installer En gardant les ouvertures cachées, en entretenant les lieux, il peut y passer un long moment sans être délogé. Et avec un peu d’aide, même sans jardin, produire au moins une partie de sa nourriture.

      D’ailleurs, m’accompagnes pas. Accompagnes-le lui, je pense que tu crèves d’envie de l’aider.

  16. Bonjour Malkho, ton témoignage est très beau et résonne beaucoup en ces temps de perte de sens. Je travaille dans l’insertion professionnelle. Je connais les formations professionnelles. Il y en a de bonnes et de mauvaises. Tu n’as pas eu de chance. Ce que j’aurais aimé savoir, c’est : qu’étais tu censé apprendre comme métier? Ce que tu décris ressemble à une préorientation… en tout cas, je pense, malgré mon métier, que tout le monde n’est pas fait pour s’insérer dans le système conventionnel et qu’il y a des milliers d’autres chemins possibles. On nous vend l’idée d’une vie sécurisante, avec un CDI, un logement fixe et une famille mais ce schéma ne convient pas à grand monde en réalité…. Mais il faut de l’imagination et du courage pour se défaire de ces vieux cadres, qui de plus en plus tendent à s’effilocher, comme l’ensemble de nos structures d’ailleurs. Personnellement je prône l’idée d’un revenu d’existence pour permettre à chacun d’être plus libre dans son choix de vie. Tu trouveras sans doute une voie et des réponses car tu as l’air d’une personne intelligente. Ne te force pas à être ce que tu n’es pas mais essaie de trouver où tu t’épanouis réellement car rester dans la rue, tu en es sûrement conscient, ne peut pas être une réponse à long terme. Tu peux regarder sur Internet tous les projets de lieux de vie alternatifs qui existent, avec une quête de sens et de respect de l’homme et de sn environnement. C’est bientôt l’été : peut être peux tu en profiter pour faire le tour de ces lieux.
    Bonne recherche. L’aventure demande du courage mais elle est passionnante aussi et tu as toute la vie devant toi. Anne

    1. Je suis en BTS horticulture en un an, dans un petit patelin du finistère. Je me tâte pour donner plus d’infos, faut que je voit comment je peux flirter avec le cadre de la loi.

      Et oui, comme dit plus haut (ou plus bas ?) Je compte bien faire mon tour de France à visiter les hommes et femmes du métier que je veux voir mien 😉 Je copie des vieilles institutions, revues à la sauce écologie, et pas compagnons du devoir. Mais des générations et des générations d’apprentis ont fait ça durant tout le moyen-âge, sans que cela pose trop de soucis. J’me dit que je peux y arriver, surtout dans des métiers de producteurs de nourriture, et non d’artisanat.

      En tout cas, on peut ptetre se capter, ptet que les détails techniques peuvent t’intéresser pour ton taff. Reste à voir s’il y a des mps sur ce site ^^

        1. Je leur fait la demande par mail, si tu le fais aussi, au vu de la conversation, ça devrait être jouable.

          Ou me mp via le forum, toujours possible.

          [On vous met en contacte, paniquez pas et mettez pas vos adresse FB :0 (peur du flicage)]

  17. Merci à toi de partager ce que tu ressents, tu n’es pas seul…c’est vrai que ta voix sonne juste, ton coeur te guide vers la vie des sensations, des expériences, des rencontres et des échanges, écoutes le et parts, parce que tu vaux mieux que ça !!

  18. Va là où tu sera en accord avec toi même.
    Si c’est la rue plutôt que ce centre de formation, alors retourne dans la rue. C’est difficile de vivre dans la rue, c’est encore plus difficile d’en parler. Va là où tu pourra apprendre, là où ton présent ne sera pas sacrifié pour ton avenir. Parce que tu vaut mieux que ça. Tu es fort, sers toi en.

  19. Comme je peux te comprendre, malgré ce monde qui semble nous séparer… Qui semble, parce que même si les histoires de vie ne sont pas les mêmes, pas les mêmes parcours, les mêmes vécus… Je comprends tes mots, Parce que, à un degré différent, les mêmes résonnent dans ma tête.
    Alors oui, arrête la, et casse toi, mais te butte pas. Ho non, te butte pas ! Cette société et nous qui la composons, inconsciemment ou non, n’en vallons pas la peine. Et je me mets dedans. De par mon boulot, j’ai la chance de côtoyer au quotidien des mecs comme toi, qui portent leurs reves à bout de bras, et ont pourtant encore tellement à offrir. Bonne route à toi, et Merci pour ce témoignage.

  20. Un discours alarmant, désolant, si lourd de sens, et à la fois plein d’espoir, dans le sens où une telle clairvoyance dans une situation si dramatique, avec une envie et soif de vie, d’être, exprime selon moi de qu’est vivre: malgré un désespoir presque complet, un rien nous tient en vie, et c’est justement de ce rien qu’il faut se servir pour se relever.

    Malgré tout, je pense que l’image illustrant ses propos: une jeune femme dans une rue new-yorkaise pleine de monde, et pleine de vie; est plutôt à l’opposé des propos dans un certain sens, d’où un choix qui est selon moi discutable.

    1. Ouais, à moi aussi elle a fait bizarre ^^

      Puis finalement, elle se comprend, au moment ou j’enregistre, je parle de la rue, pas de la route…
      Sans compter qu’elle est très vraie cette photo ! Clochette, une semi-lilloise (si tu lit ça, t’es pas morte, et je t’en veux d’avoir disparu comme ça, sans que personne puisse savoir si t’en en vie !) le disait mieux que moi :
      « Tu vois passer les gens, ou les pieds des gens, et t’entends que des morceaux de conversation, personne fait vraiment gaffe à toi, et au bout d’un moment, toi non plus. Pis finalement, tu remarques que t’es toute seule, entourée de fantômes. »
      Moi cette image me renvoie cette solitude entourée bizarre que Clochette décrivait.

      Je vais réfléchir à ton premier paragraphe… ptet que je me dévalorise en disant que c’est de la force que de réagir à l’instinct de survie… Mais je continue à penser que dans ma situation, avec mon vécu, n’importe qui ferait pareil, passé la sixième hésitation sur les rails…

  21. Yo.
    Je ne laisse pas trop de messages ces derniers temps, ça doit faire un an que je « broie du noir » on va dire. Il y a eu beaucoup de témoignage depuis le début de « On vaut mieux que ça », mais le tiens es le premier qui m’a semblé aussi proche de moi. Pas vis à vis de ton contexte, mais plutôt vis à vis de ton ressenti.
    Ne pas savoir mettre les mots, ne pas vraiment comprendre ce qui nous arrive. Je ne serais pas vraiment capable de définir exactement ce dont je parle, peut être que tu comprendras, j’espère. Bref, tout ça pour dire, je remercie les gens qui témoignent, mais de loin d’habitude.
    Pas aujourd’hui. Alors, Merci.
    J’ai lu tout les commentaires, j’ai bien compris que tu ne souhaitais pas avoir de pied à terre, en revanche, tu pars sur l’idée de faire des rencontres, donc si tu passes par Lyon, hésites pas à me sonner, histoire d’aller boire un coup, ou je ne sais quoi.
    Je ne sais pas si ça a grand chose à faire ici, au pire, ça ce fera delete. mais j’aimerais te partager ça : https://www.youtube.com/watch?v=2av7_gzYpr4
    Personnellement, ça m’a aidé à me convaincre à certains des moments difficiles, que je n’étais pas seul, peut être que ça parlera à d’autres, et comme je ne communiques pas vraiment, je me permet de partager ici. Désolé si c’est déplacé.

    Bonne chance à toi et à tout ceux qui me liront, finalement, on en a tous besoin.

    1. Ouais, on se rend pas compte qu’on nous a volé des mots tant qu’on arrive à peu près à exprimer tout ce qu’on a a exprimer.
      Pis un jour, c’est la panne, et faut réinventer sa langue.

      Tu sais, déjà là je cherchais pas mal mes mots, et pourtant je m’y suis repris à deux-trois reprises pour pouvoir dire tout ça, sans oublier que je parle de cette situation à plein de monde, même si je n’abordais qu’un ou deux aspects à la fois, pour pas plomber l’ambiance.

      Parle, à des potes, des chauffeurs de taxis, à internet, n’importe, mais une fois la parole libérée, on trouve nos mots, petit à petit. Et c’est bien sur le « nos » que j’insiste. J’ai jamais autant aimé écrire qu’en ce moment, où j’ai l’impression d’avoir enfin MA plume. Et du coup, on redevient capable de penser. Magique.
      Amha, t’en a gros (sire) et j’aimerais bien t’entendre.

      Je passerais pas très très loin… On verra d’ici quelques mois pour cette mousse ^^

  22. [Légère modération pour anonymiser]

    Bonjoir, j’écrit parce que j’ai besoin de hurler.
    L’euphorie du choix arrêté est passée.

    Je vous avais dit que je m’étais trouvé un compagnon de route.
    Ce n’était qu’une manoeuvre pour me pousser à rester jusqu’à la fin de la formation.
    Je vous ai dit que la mission locale était un de mes rares appuis, aussi faible et inefficace soit-il.
    Tout leurs entretiens se concluaient par « tenez bon » (en fait, je pourrais tartiner 100 pages sur la mission locale de *** [Pardon, mais j’enlève les indications de lieu (anonymat)]) et finalement, ils n’ont jamais fait que me remettre au travail.
    Et en y réfléchissant bien, cette année, je n’ai eu de l’aide qu’à condition de travailler.
    Et vous connaissez mes conditions de travail.
    Eux aussi. Mais ils savent bien mieux que moi ce qui est bon pour moi.
    Donc manipuler, mentir, tromper, promettre en croisant les doigts, tout cela était justifié.

    Je n’ai toujours pas parlé à mon père.
    Mais le directeur de formation l’a appelé, pour que mon vieux me remonte les bretelles. Ce qu’il a fait.
    Il ne savait pas ce qu’il faisait, je crois, et si je n’ai pas pu tout lui dire, il comprend que je veuille démissionner. Il ne sait pas que je part.
    Mais il n’était venu presque que pour me remettre au travail.

    Lorsque mon père me parlait, je n’arrivais pas à croire un seul mot.
    Je n’arrive plus à croire qui que ce soit d’ailleurs. (Demandez à OVMQC, ils en ont déjà fait les frais)

    Nous nous sommes serrés dans nos bras pour la première fois en un an.
    La troisième en huit ans.

    Et là, ça m’a frappé.
    J’étais pas venu apprendre l’horticulture, j’étais pas venu trouver un boulot, j’étais pas venu me ranger.
    J’étais venu pour retrouver ma famille.
    Et finalement, je n’ai vu personne depuis deux mois.

    J’ai passé la soirée à pleurer, et à crier, seul.
    Ca ne m’étais pas arrivé depuis la mort de ma soeur, il y a 14 ans de ça.
    Je m’étais juré, sans me le dire, de ne plus jamais me retrouver dans cet état et seul.
    C’est ce qui se passe.

    J’ai dit que j’avais peur de faire la route seul.
    Ce sera le cas.

    J’avais peur de me perdre, de perdre qui je suis en route.
    Je comprends aujourd’hui que je ne peut que le trouver.
    Je ne parlais plus de qui je suis, mais que de ce que j’étais.
    Pas de l’humain, de QUI je suis.
    Mais d’une chose. CE que je suis.
    Pas au présent, vivant.
    Au passé, déjà mort.

    Je m’étais presque jamais senti aussi seul.
    Je m’étais jamais autant senti en insécurité (le personnel va et viens dans les chambres à loisir. Pas de bol, je sortais de la douche. Je ne comprend que trop bien pourquoi il est resté bouché bée, et pourquoi j’ai du le pousser physiquement vers la sortie.)
    Je ne m’étais jamais senti aussi mal nourri.
    Je ne m’étais jamais senti aussi sale.

    Et en même temps… Mes pieds sont en feu, et je ne voit plus que l’horizon lointain.
    Putain il est temps de partir.

    Même les je t’aime d’antan me paraissent moins beau que ce mot.
    Partir.

  23. Le conte de l’Aurore voyageuse :

    Il était une fois, sur une île qui siégeait au nord du monde et que l’on appelait tout simplement L’Ile, il n’y a pas si longtemps de cela;

    Une jeune femme, belle et forte, amoureuse comme seule elle pouvait l’être, une femme que l’amour faisait vivre, une femme dont l’amour rayonnant de ses traits rendait amoureux tous et toutes, d’un simple regard.
    Une femme si belle, si amoureuse, si généreuse et lumineuse, que tous et toutes l’appelaient l’Aurore, car lorsqu’il la voyaient, il leur semblait ouvrir les yeux pour la première fois.

    Mais ce conte n’est pas un conte de fée, mais un conte de faits, dans un monde imparfait.
    Car si l’Aurore donnait la joie et l’amour partout ou des yeux pouvaient se poser sur elle, dire qu’elle était au comble de la joie serait mentir.
    Car l’amour qui l’animait, et lui donnait sa beauté, lui avait joué un tour tel que seul la fortune sait tisser : elle aimait un être qui vivait fort loin de L’Ile, de l’autre côté du monde, par-delà les océans, les plaines, les montagnes, un être avec lequel elle rêvait sa vie, et le seul cadeau du destin était le concours de la lune, qui reflétait entre eux leur brillant amour, tant et si bien qu’à chaque fois que la pleine lune les aidait, il conversaient, riaient, s’aimaient.

    Mais tel amour n’est pas souhaitable, et sachant que plus rien de la lierait à L’Ile, elle pris sa décision :
    Les mers, elle les traverserait, les océans, elle les dompterais, les montagnes elle le gravirait, pour pouvoir son amour retrouver.
    Durant deux ans, elle vécu la vie austère et rude des enfants de la Rue, des rues de l’île, vendant des bracelets, des bijoux, des colliers, telles que les jeunes femmes des îles font dans nos images de joie exotique, dormant sous les ponts, économisant chaque centime, chaque pièce, pour avoir les quelques peu nécessaires à tel voyage.

    Un jour enfin, sur les docks ou le froid et l’ennui courbent le dos des anciens chanteurs et narrateurs, elle posa les pieds, les yeux rivés sur l’horizon, dévorant du regard son amour par delà les océans, les plaines et les montagnes. Pendant deux ans ils avaient conversé par l’intermédiaire de Séléné, Pendant deux ans ils avaient été séparés.
    Mais en ce jour, un bateau l’emmenait.

    Les océans ne se domptèrent pas pour elle, les plaines ne se raccourcirent pas, les montagnes ne s’abaissèrent pas, pas plus que la rue ne l’avait aidée.
    Mais rien ne l’empêcha de traverser ces obstacles, comme elle avait traversé les rues de l’Ile, et ainsi l’Aurore insulaire posa enfin pied à terre, embrassa enfin son aimé.

    Ce n’est pas un conte de fées, c’est une histoire on ne peut plus vraie, mais la fin est heureuse, il n’en faut pas douter :
    Notre aurore est aujourd’hui maman, heureuse, fière, amoureuse toujours, et si elle n’en vit pas, elle vit de ses propres histoires, narratrice au regard de braises câlines, conteuse à la voix radieuse, Aurore d’une vie d’amour.

    Ainsi retenez que vos rêves et l’amour triomphent de tout les obstacles, qu’ils soient hauts et froids comme des montagnes, longs et mornes comme les plaines sans relief, déchaînés et insondables comme les océans, impitoyables et rudes comme la rue de L’Ile septentrionale.

    Je vous embrasse fort, longue vie à Aurore !

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