« Tes belles valeurs tu peux les mettre à la poubelle. »

Je souhaitais partager mon expérience de salariée au fast food en tant qu’étudiante, que beaucoup d’autres salariés là bas ont sans doutes vécu. J’y ai travaillé durant ma première année de licence, il y a deux ans. C’était mon premier CDI, j’avais vraiment besoin d’argent pour financer mon appartement. J’étais très heureuse et soulagée d’être embauchée. Ce que j’en ai retenu :

  • Fatigue, stress. T’es pas un humain, tu es une machine. Tu ne t’assois qu’une demi-heure pour 7 heures de travail.
  • Un sentiment de culpabilité de vouloir faire passer ses cours avant son job étudiant.
  • Devoir attendre un mois avant de voir mon emploi du temps salarié être aménagé en fonction de mon emploi du temps étudiant, sous prétexte que le courrier avait été égaré. Résultat : journée de cours complète, puis fast-food de 19h à 1h du matin (le temps de rentrer chez soi, se doucher, s’endormir, il est 3 heures), puis cours le lendemain toute la journée, puis travail de nouveau de 19 h à 1 h du matin.
  • Ton temps libre restant te sert à te reposer. Difficile de t’épanouir en parallèle, d’apprendre, d’être curieux, de rencontrer des gens, de mener des projets à bien. Ce travail te bouffe ton moral, ta motivation, ta volonté d’exister.
  • Mal au dos, mal aux pieds, mal partout. Devoir porter des cartons de frites et de viandes congelées à longueur de journée, pousser des colonnes entières de cartons, et courir dans les escaliers. Et surtout, ne pas se plaindre ! On est tous dans la même merde : c’est la vie.
  • Ah, oui, et tu bosses le week-end aussi. Du coup du lundi au dimanche tu travailles. Comme tu es salarié depuis moins d’un an ils préfèrent que ce soit toi qui travaille le dimanche, ça leur coûte moins cher.
  • Quand tu montes au créneau contre le/la responsable en te disant « j’connais mes droits, elle va voir celle-là si elle peut se foutre de moi comme ça » tu finis par ressortir du bureau en t’excusant parce qu’elle a trouvé un moyen de te la mettre à l’envers.
  • Un manque de protections évident en cuisine. Mon bras droit est couvert de tâches, les vieux souvenirs des nombreuses brûlures que je me faisais tous les jours sur toasters et grills.
  • Ces brûlures étaient complètement banalisées par les managers mais aussi par les équipiers pour qui cela faisait partie du quotidien. Il faut faire attention, c’est tout.
  • Difficile de faire attention quand il faut enchaîner les séries de 4 sandwichs ou 8 burger en 45 secondes (sans exagérer). Travail rébarbatif, sans intérêt.
  • Devoir jeter à la poubelle une vingtaine de produits jugés « périmés » (périmés si ça a passé 15 minutes sans avoir été acheté, du coup en période de rush on jetait 10 à 15 produits toutes les 20 minutes) alors que tu luttes contre la faim dans le monde. Tes belles valeurs tu peux les mettre à la poubelle.
  • L’entretien d’une compétition entre les salariés et l’encouragement d’une dévotion absolue pour leur travail répétitif et abrutissant en attribuant des postes de « prestige » et à illusion de « responsabilités » (pas mieux payés pour autant, ils misaient tout sur l’ego) aux équipiers les plus méritants et efficaces. Ça entraînait des remarques et discussions du genre « moi, je sais faire une série de burgers en 20 secondes ». Aliénation, un peu ?
  • Oui. Aliénation. Parce que j’ai vu nombre de mes collègues abandonner leurs études pour continuer au fast food. Et j’ai vu d’autres collègues venir faire du bénévolat sur leurs jours de congés par souci d’implication dans l’entreprise. Quelle chance pour eux, ils finiront sûrement managers.
  • Les petites vengeances des managers et autres supérieurs hiérarchiques qui te mettent au « lobby » (nettoyer la salle et les chiottes, changer les poubelles), une fonction qui devrait tourner entre tous les salariés pour qu’il n’y en ait pas qu’un seul qui se tape le boulot de merde. Mais c’est rapidement devenu le poste des boucs émissaires, des lents, des gentils, des maladroits, des rêveurs (avant qu’ils démissionnent) quand tu es jugé « inapte » ou pas efficace.

Enfin voilà, ça m’a vraiment fait penser à une secte. Dans laquelle le plus important n’est ni ta santé, ni tes valeurs, ni ton bien-être, ni ton épanouissement, et pour laquelle les gens les plus impliqués étaient capables de donner leur temps libre, leur sommeil, leur dignité s’il le fallait. Pour une reconnaissance pire que médiocre de leur VRAIES potentialités.

Triste affaire.

39 thoughts on “« Tes belles valeurs tu peux les mettre à la poubelle. »

  1. Merci pour ce témoignage. Voilà le genre de travail porté au rang d’idéal par le système : soyez des machines, et non des personnes, et soyez dévoué jusqu’à la mort, car votre vie n’est pas, seul le travail compte. « Si tu ne te conformes pas, tu n’as pas ta place ici. Et ici est la seule place où tu peux être, car au-dehors tu n’es rien. Si tu te conformes, alors tu seras gratifier du privilège de conformer les autres. » C’est en substance ce que le système considère comme un travail sain et juste à l’heure actuelle.

    Ce qu’on en entend dire : un travail, dynamique, avez le sens du contact client et l’amour du travail en équipe. La garantie d’une expérience professionnelle enrichissante avec des horaires adaptées.

    Ce qu’on vit : un travail répétitif, pénible, aliénant et souvent dégradant, avec une compétition malsaine constamment entretenue. Une expérience douloureuse reconnue pour une misère avec des horaires adaptables… pour l’employeur.

    Pas de doute, on vaut mieux que ça.

    1. Ce job a été mon premier job d’été et aussi d’étudiant, je venais d’avoir le bac en poche, tout fraîchement inscrite à la fac, des rêves pleins la tête. J’avais un travail, le permis, la voiture, je me sentais adulte et responsable ou presque. La patronne m’avait rassurée sur le travail que j’allais faire ( je voulais travailler en cuisine), que j’allais être encadrée que ça se passerait bien… J’ai eu raison de ne pas me sentir bien.
      Tu es traitée comme de la m****e alors que tu fais du bon boulot mais celui-ci est pénalisé à cause du matériel qui est défectueux ou d’un manque d’information car on ne t’a pas assez encadrée. Nombre de fois où tu te brûles ou que tu te coupes à en pisser le sang, et que le ou la manager qui voit ça te sors  » tu pouvais pas faire attention ». Que tu ne dois jamais réclamer ta pause ou demander de partir à la fin de ton service ; car c’est à ton supérieur de te la donner, et que parfois ils oublient de te la donner et bien sûr la faute est toujours sur toi.
      Quand tu rentres usée, exténuée, dépitée de ta journée en pleurs, que tu n’acceptes pas qu’on te traite comme ça car tu fais du mieux que tu peux, et que ton entourage en guise de soutient te sort  » ben c’est ça le monde du travail, t’as pas à te plaindre moi aussi j’ai eu ça et c’était pire pour moi » ect…
      Bref heureusement tout le personnel était pas comme ça, certains (une personne) trouvaient que tu faisais du bon boulot, mais d’autres en revanche te traite comme des moins que rien et n’hésitent à bien te rabaisser à la moindre occasion.

  2. Et la je stress, parce que pour payer mon appart, je vais etre obliger de bosser le mois prochain, et j’ai trouver du taf qu’à M*cD*n*ld…
    Y à pas des conseils de survie s’il vous plait?

    1. Ne te laisse pas embobiner par la fausse camaraderie , surtout celle venant des managers : ce ne sont pas tes potes, ils sont payés pour te presser comme un citron. Ne te laisse pas impressionner ou intimider (je sais, ce n’est pas facile). Reste (au moins d’apparence) d’une humeur égale, qu’il ne sachent pas ce qui te fait rire ou pleurer.
      Trouve sur Internet des ressources sur le droit du travail : en gros, il y a 10 lois à connaitre pour ne pas se faire niquer dans n’importe quel boulot. C’est ce qui te protège de l’arbitraire.

      En gros, fait le boulot, mais ne te sens pas du tout obligé de faire le bon clébard empressé : n’oublie jamais que tu es juste là pour le pognon, pas pour te faire de copains, te faire bien voir, te faire flatter dans le sens du poil.
      N’oublie pas que les collègues sont souvent en compétition (organisée par les managers) pour avoir les meilleurs postes et les meilleurs horaires : donc, là aussi, ne t’investis pas trop.
      En gros, parle peu et observe beaucoup : tu verras rapidement qui sont les tordus et les salopards (que ce système d’exploitation favorise) et qui sont les gens qui peuvent être intéressants.

      Manière, tout ça vaudra pour toute ta vie, tous tes jobs.

  3. J’ai aussi fait ce boulot durant mes années étudiantes. Et c’est exactement ça. Ca m’a ) moitié bouffé la santé et le moral. Et on voudrait nous faire croire que c’est bien, la preuve, on peut aménager les horaires. Pfff.

  4. J’ai bossé un peu à McDo, pas longtemps, j’ai pas tenu. Mon responsable se sentait investi d’un genre de mission sacrée, se montrait particulièrement désagréable et pédant. J’ai pris ce job un été après la validation de ma licence et en attendant septembre de continuer mes études. Il n’arrêtait pas de me répéter, à chaque erreur ou chose que j’ignorais, qu’avec mon bac + 3 je devrais être plus débrouillarde, que je devais savoir. Il se moquait et entrainait mes collègues là-dedans. J’avais des boules au ventre en arrivant au travail, des boules au ventre quand je rentrais chez moi et avant de dormir. L’ambiance dans ce McDo était absolument toxique, le dernier jour de ma période d’essai, alors que j’étais devenue le sujet de moquerie préférée de mes collégues, je suis allée voir mon responsable et j’ai annoncé que je voulais arrêter. Il m’a regardé, m’a dit que j’étais faible, que je ne ferai rien de ma vie, que j’étais qu’une fainéante, après m’avoir copieusement rabaissé et jugé, il m’a laissé partir.
    J’ai retrouvé par coup de chance un petit job moins d’une semaine après et tout s’est passé pour le mieux. Je m’occupais d’enfants et par le plus grand des hasards le père d’un des enfants dont je m’occupais était un de mes anciens collègues. Après s’être croisé quelques fois, il est venu s’excuser, ça m’a surprise, il avait l’air vraiment sincère. Ce manager en faisait baver à tout le monde et pendant le moment ou j’étais là, s’allier contre moi avait été un moyen d’avoir la paix. C’est donc à ça qu’en sont réduit les gens, se moquer des autres pour avoir la paix dans son travail.

    Sérieusement on vaut tous mieux que ça.

    1. Oui, c’est une technique délibérée : créer la cohésion du groupe sur le dos d’un bouc-émissaire.
      Les managers choisissent de préférence ceux qui pourraient éventuellement devenir des rivaux sérieux s’il leur prenait l’envie de rester ou ceux qui ont assez d’éducation pour éventuellement commencer à prêcher le droit du travail à leurs collègues.

    2. Il a du avoir peur que tu t’en prennes a son gamin par revanche.
      Ces gens qui vous massacrent volontairement et s’excusent ensuite me donnent envie de gerber.
      Leurs excuses ne valent rien.

  5. Je suis obligé de faire un retour de ma propre expérience. Si certains points correspondent à ce que j’ai vécu en tant qu’étudiant à temps partiel dans un fast food, beaucoup me semblent exagérés ou très différents de mon expérience. Dans le désordre, et de façon non exhaustive :
    – les brûlures : j’ai du me brûler trois fois en un an. Ma grand-mère qui était une vraie cuisinière (de restaurant, pas fast food quoi) m’aurait dit « c’est le métier qui rentre. Brûlures et coupures font partie du métier, chacun ses désagréments, c’est difficile de cuire sans chaleur…
    – horaires : j’ai peut-être eu beaucoup de chance, mais dans mon enseigne (franchisée, peut-être que ça joue ?) on m’a dès l’embauche demandé mes horaires de cours et on les a respecté.
    -30min de pause pour 7h de taf : Je ne sais pas combien d’heures faisait la personne, mais je doute qu’elle fasse beaucoup de journées de 7h. De mémoire, le contrat de base était à 18h (pas tout à fait sûr), soit 3x6h max…
    Je pourrais continuer, et c’est vrai que beaucoup de points sont problématiques, du fait notamment d’accords de branche (finir à minuit passé sans être payé des heures de nuit, se faire engueuler parce qu’on ne peut pas pointer à midi puisque la fermeture la veille à traîné et qu’on a fini moins de 12h avant, pénibilité physique…) mais franchement, soit j’ai eu énormément de chance, soit cette personne n’en a pas eu du tout, soit elle sombre dans la caricature…

    1. J’ai fait des journées de 9h30 dans ce genre de resto. 4h45 de taf, 30 min de pause, 4h45 de taf. Ca se fait. Jetais à 18h par semaine, je travaillais trois jours par semaine, le jeudi blindé, le vendredi et le samedi plus légers. Ceux qui étaient là à plein temps faisaient ce genre de journée plusieurs fois par semaine. Quand on rentre, envie de rien faire. Sans compter la pression sur la production etc.

      1. Mia : Quel serait l’intérêt pour moi ? Je bosse maintenant dans la fonction publique, n’ai d’actions dans aucune chaîne de faut food (ou d’actions tout court d’ailleurs…) Je ne fais que partager mon expérience, et comme je l’ai dit, peut-être que j’ai eu de la chance.

        1. T Y.

          Y es tu rester longtemps ? Si c’était si bien Pourquoi en être parti.
          Mais ce qui est surprenant quand tu rentre dans la secte avec un petit contrat . C’est l’aspect ludique ; ambiance bande de jeune . Souvent ce n’est que de la manipulation . On pratique aussi la PNL .

    2. – Cela s’appelle du harcèlement moral et c’est systématique dans une logique de groupe hiérarchisée et maintenu par un pervers narcissique manipulateur. Celui-ci, chaleureusement convié à continuer par la société elle même dans son ensemble. Les uns, pour se protéger, les autres, pour en profiter.
      – Etienne, vous avez eu de la chance !

    3. Je pense que votre maman a raison. J’ai des amis maçons, électriciens, couvreurs eg même fleuristes qui sont en invalidité à cause de leur métier. Dans tous les métiers on se blesse et on s’use. J’ai des amis qui doivent porter constamment des lunettes à force de travailler sur ordinateur alors qu’ils avaient à la base une très bonne vue c’est comme ça. Les horaires, difficile de faire 9h/17h quand les gens mangent le midi et le soir… De plus comment aller en cours si on ne travaille pas en décalé?…
      Je reste persuadée que dans bcp de boutiques les choses se passent d’une façon vraiment honteuse et dramatique pour les étudiants (et autres parce qu’il n’y a pas que des étudiants qui y travaillent). Mais il ne faut pas généraliser. Je pourrais citer beaucoup de personnes pour qui le fast-food est un super souvenir. Super ambiance, super deconnade et ce avec le patron, bref… Je ne pense pas que l’auteur exagère son expérience et quoi qu’il en soit il ne faut jamais négliger le ressenti des gens. Mais je pense tout de même qu’aujourd’hui on a vraiment perduble goût de l’effort. On a tellement l’habitude d’avoir tout, tout de suite. Et je vous assure qu’aujourd’hui je vis un enfer bien plus grand et une pression avec des enjeux bien plus importants qu’un client qui veut manger chaud. Je travaille à la banque et j’ai encore un collègue qui s’est suicidé il y a 3 semaines. Mais je ne suis plus étudiante, j’ai un crédit à payer et deux enfants à nourrir, et les CDI se font rares… Je ne peux plus démissionner comme lorsque j’avais 20 ou 25 ans… Croyez moi, il y a bien pire dans la vie que d’avoir un jour bossé au fast food. Et non je ne suis pas payée pour écrir ceci et je ne détiens aucune part de marché chez Mc Do. Et juste pour info, je dépose mes filles à 7h30 chez la nounou et les récupère à 19h30 et pour cela, le fait de subir une pression de fou et de ne pas pouvoir assister aux spectacles de fin d’année je suis payée 1200€ par mois. Alors oui c’est plus que dans les fast-food c’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai quitté le fast-food mais non!!!! Les banquiers (du moins ceux que vous voyez derrière leur bureau à votre agence) ne sont pas riches!!!!! Oui, ceux qui sont à la direction c’est autre chose…
      Alors ne vous plaignez pas. Soyez fier d’avoir été suffisamment fort pour le faire. Trouvez le positif il y en a toujours.

      1. @ Elise Morange.  » Croyez moi, il y a bien pire dans la vie que d’avoir un jour bossé au fast food. » Je vous invite cordialement à parcourir la catégorie fast-food ( http://www.onvautmieux.fr/tag/fast-food ) . La violence verbale, physique y est strictement intolérable ; juste à l’instant je viens de publier un témoignage titrer « T’es inutile, t’es qu’une bonne grosse merde, ta mère aurait dû te noyer à la naissance » ( http://www.onvautmieux.fr/2016/05/04/tes-inutile-tes-quune-bonne-grosse-merde-ta-mere-aurait-du-te-noyer-a-la-naissance ) , propos de l’un des managers. Les plaintes sont légitimes et doivent être entendu, c’est absolument lamentable ce qu’il se passe dans ces « M », les jeunes n’ont pas à être totalement détruit ainsi, personne ne mérite ça. On vaut tous mieux que ça, on vaut au moins ne pas être violenté.

  6. Je reconnais très bien cette entreprise, pour y avoir fait un tour aussi ! (pas de pubs, mais je pense que tout le monde aura compris)
    Nous, on nous mettait la pression sur la moindre erreur de caisse.

    1. Pareil ! J’aimais bien être au lobby, c’était moins la course, et je n’avais pas besoin de sourire aimablement à un manager ou un client désagréable… lol

  7. Le problème vient peut être du fait que les gens vont manger chez mcdonalds, et donc acceptent ça. Faut dire, la nuit debout, ça creuse…

    1. Hélas, mac beurk ou ryanair ont de beaux jours devant eux ! On sait que les employés souffrent, on peut même le voir par soi-même, mais la plupart des copains s’en foutent, mac beurk ils y vont depuis qu ils sont marmots. Leurs beaux principes écolos ou politiques tombent vite devant un mac beurk, écœurant.

  8. Hello, merci encore pour le témoignage… je me suis pas mal reconnue là dedans, sauf que pour ma part j’ai eu de la « chance » d’avoir été dans une équipe fast-food plus petite, sans les frites, et sans les petites mesquineries… mais tout cela est implicite des fois. Quand t’entends tes collègues se plaindre de rattraper le boulot que tu n’as pas fait car tu n’es pas encore formée… alors qu’elles ne sont pas payées plus que toi (ce qui cela dit est aussi injustes pour elles). Tu culpabilise et du coup tu sautes tes pauses pour finir le travail comme il faut !
    L’ambiance, la mentalité des gens, la musique de merde tout le temps sous prétexte que ça attire les jeunes… moi j’ai envie de vomir ! Alors tchaoo, maintenant je me casse et je vais tâcher de vivre ma vie !
    Bon courage pour ceux qui tiennent encore le coup !

  9. J’y ai travaillé par deux fois l’été et j’ai laché l’affaire au bout de quelques semaines les deux fois.
    Stress, engueulades, la mentalité spéciale, les brulures (oui moi aussi), les horaires de m….les collegues pas sympas (sauf les nouveaux).

    Une fois, voyant qu’on était deux équipiers à galérer, un client s’est mis à gueuler sur nos chefaillons en parlant de nos conditions de travail exécrables. Ah ah ah ! Ceci dit, il était la pour manger du mac d. …et il a passé sa commande…

    Ah j’oubliais : les deux fois on m’avait donné un uniforme immettable.
    La première fois, trop petit avec le pantalon fendu au niveau des fesses (tout un symbole : chez mac d., tu te fais e………!). J’ai refusé de porter ça.
    La deuxième fois, ils n’avaient pas ma taille. Je me suis trimballée avec un pantalon deux fois trop grand X temps.

    L’usine à coté, j’avais trouvé ça fatigant mais potable (pour l’été).

  10. Merci pour ton témoignage. J’ai bossé un mois à Quick pendant mes études et j’y ai connu beaucoup de ce que tu décris: la cadence de fou dès le premier jour, les horaires épuisants, les brimades des petits chefs, les clients pas toujours aimables, et ce gaspillage monstrueux! Moi j’étais la gentille, pas assez rapide et pas assez souriante qui faisait les toilettes et vidait les poubelles entre 2 clients à la caisse. Au bout d’un mois, 4 kilos en moins, des dizaines d’heures de sommeil à rattraper et un amour propre à reconstruire, j’ai démissionné. Un vrai traumatisme, mais formateur: j’y ai énormément appris sur le monde du travail et la nature humaine! Et depuis, les hamburgers, je me les fais moi-même, et c’est bien meilleur!!

  11. J’ai tout simplement vécu la même expérience et c’est bien dommage… On me disait souvent, « ça doit être dure de voir des gens défiler tous les jours, les gens sont pas sympas ». Mais le problème, ce sont pas les gens, c’est la boîte en elle-même et les employés qui n’ont aucune compassion ni humanité envers toi, tu es le petit équipier, alors, c’est forcément ta faute et on à le droit de te traiter comme un moins que rien, tant que les clients ne le remarquent pas, ça passe. Personnellement je suis sortie de mon expérience pro « McDo » avec un sentiment d’humiliation, de détresse et de grande fatigue. Je ne souhaite pas y retravailler mais pour beaucoup d’étudiants c’est la même chose, les poches sont vides, comment fait-on pour vivre quand les parents ne sont pas là et que l’état ne nous donne aucune aide…? J’y repostulerais surement d’ici peu à contrecœur.

  12. J’ai l’impression que tu me parle de mon boulot… Non je ne travaille pas dans une chaine de fast food mais bien dans une usine mondialement connue ( dans le cac 40). La même grosse merde, des horaires de fou, on t’en demande toujours plus et il y a toujours des abrutis pour en faire encore plus. Sur ma ligne debout pendant 7h28 ( 4h50 12h28 et 12h28 20h04) avec deux fois 10 min de pause, pas une seconde de plus. La même combativité entre collègues, et des petits chef et chef pourri jusqu’a la moelle. Tu rentre chez toi tes nase, le week end si on te fait pas bosser le samedi, tu es mort a cause des horaires, surtout si tu es du matin….

  13. Les gens enrichissent les fast-foods parce que les fast-foods sont aux meilleurs emplacements du centre-ville. Ils ont les meilleurs emplacements parce qu’ils ont le triple-fric et que la municipalité se laisse berner (ça va créer des emplois, ça va redynamiser le centre, ça va payer des impôts).
    Pour un même endroit les grandes enseignes devraient être au moins 3 fois plus taxées et avoir un loyer 3 fois plus élevé qu’une petite boutique bio ou une librairie. Faut faire pression sur les mairies.

  14. Une bien mauvaise vision de cette entreprise, qui permet à beaucoup de jeunes et moins jeunes de bosser, et aussi aux étudiants car peut nombreuses sont les entreprises qui les acceptent . Quand on veut bosser tout en faisant des études, on sait à quoi s’attendre tout de même, je l’ai fais aussi et ne me suis jamais plain ainsi. Pour avoir bosser 3 ans chez McDo, j’ai énormément apprécié cette expérience, j’ai appris beaucoup, quand on sort de là on est polyvalent, rapide, dégourdi, rigoureux… On a aussi beaucoup d’avantages dans l’entreprise, pour ma part j’ai eu de vrai managers, qui savent gérer une équipe, l’écouter, l’aider et nous accompagner…. Loin d’être de l’esclavage, ah pour les faignants c’est sur c’est difficile ! Certes les clients ne sont pas tjs agréable, mais c’est le commerce il y aura toujours des gens mécontent. Allez bosser ailleurs, et vous verrez qu’il y a bien pire ! Votre travail chez Mcdo est reconnu, vous avez droit à des pauses, vos horaires en temps et en heures, vos heures supp sont payées, vos salaires aussi, , vos heures supp sont payées, de réelles possibilités d’évolution pour ceux qui se bougent ….
    Et pour finir vous parlez du gaspillage, mais quand vous allez au fast food, vous êtes bien content d’avoir un burger et des frites fraîches plutôt que ceux qui trainent dans le bin depuis 20min 😉

    1. @mel Ta propre expérience n’est pas forcément représentative de ce qui est vécu partout. Certains M (dont les franchisés) sont moins violents. D’autres le sont à un point hallucinant, avec des violences physiques, du harcèlement, des comportements parfaitement ignobles envers les personnes. Je t’invites à revoir ton jugement, à ne pas te baser que sur ta propre expérience, après avoir vu tout ce qu’il y a dans la catégorie fast-food : http://www.onvautmieux.fr/tag/fast-food

  15. Bonjour, je lis beaucoup de témoignages et suis toujours touchée, par le votre aussi. Je suis une « vieille prof » de plus de soixante ans, et ce qui me choque, c’est le sort qu’on a réservé aux étudiants depuis une trentaine d’années. On a accepté et favorisé un nombre très important d’étudiants, mais sans leur offrir de conditions décentes pour pouvoir étudier. Un exemple : j’ai fait 6 ans d’études supérieures et j’ai toujours eu ce qu’on appelait la « chambre de fac », d’accord elle ne faisait que 9 m2 mais tout était prévu pour étudier et, mis à part les jobs d’été, rares étaient les étudiants obligés de travailler. La chambre en 1976 valait 250 francs et le ticket restaurant 5 francs, j’ai fait une conversion en euros, tenant compte de l’inflation, ce qui ferait en 2016 environ 180 euros pour la chambre et 3 euros pour le ticket. Cela ne correspond plus du tout à ce qu’un étudiant doit payer maintenant! Je relève cette phrase d’une source très sérieuse : « Quant aux étudiants, leur nombre est passé de 200 000 en 1960 à 2 300 000 en 2010 ; dans le même temps, le nombre de logements en Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS) est passé de 100 000 à 160 000… Aux places en CROUS, s’ajoutent les logements sociaux dédiés aux étudiants et les résidences étudiantes, soit, autotal, 340 000 logements affectés aux 2 300 000 étudiants… ». C’est aussi une grande partie du problème! Finalement, des statistiques montrent qu’il y a de moins en moins d’enfants de familles modestes dans les facs, ça se comprend, ou alors en travaillant tellement qu’il est difficile de réussir. Il est normal que la jeunesse se réveille car on l’a vraiment laissé tomber.

  16. J’ai travaillé 5 ans chez pizza hut à Rouen et ce furent 5 années formidables. Le travail n’est pas facile et oui on bosse le dimanche mais on le sait avant de signer le contrat. J’ai également eu la chance de tomber sur un manager exceptionnel et l’équipe est maintenant un bande de potes. C’était il y a 14 ans et on a toujours gardé contact. Ne pas cracher dans la soupe. Ce job m’a fourni une expérience professionnelle non négligeable qui figure aujourd’hui sur mon CV ainsi que la fierté de m’être dépassée. Il m’a permis de passer mon permis, de reprendre et de réussir des études avec la fierté de ne rien devoir à personne. Ma chance a sûrement été de tombé sur une équipe et un manager qui ressemblaient plus à une famille qu’à des collègues ou un patron. Mes horaires ont été aménagés comme ceux de tous mes collègues. C’est donnant donnant comme partout. J’ai des marques de brûlures sur mon bras droit dues au four à deux étages… Les accidents arrivent partout je ne suis pas en invalidité… Et surtout surtout j’y ai rencontré mon mari. Ça fait 13 ans que nous sommes ensemble, 9 ans que nous sommes mariés, nous avons deux jolies petites filles. Et croyez moi je vie une pression et un enfer bien plus grand depuis que je travaille à la banque. Alors je ne suis pas en trai’ de dire que le fast-food c’est facile, je n’ai jamais travaillé chez Mc Do contrairement à mon mari qui a démissionné à la fin de sa première journée là-bas tellement c’était l’horreur. Ce que je veux simplement dire, c’est qu’une expérience ne fait pas l’autre. Et même s’il est bon que les jeunes sachent à peu près à quoi s’attendre de ce genre de job, il est bon aussi de ne pas les décourager. C’est l’école de la vie, ça forge le caractère, ça fait grandir. Parlez en à ma mère qui faisait les marchés à 5h du matin par moins 10°C en hiver et qui manipulait des cagettes en bois. Parfois même elle aidait à installer puis partait pour être en cours à 8h. On n’apprécie un travail pépère et des horaires de bureau que quand on a connu autre chause. Soyez fier d’avoir réussi à mener à bien vos études en parallèle de votre job qui vous a tout de même permis de les financer. Gardez le sourire.

  17. Je me suis fait la promesse de ne jamais retourner travailler chez MacDonald. C’était mon premier emploi à moi aussi (heureusement saisonnier), j’étais pleine d’entrain et toute joyeuse de décrocher un travail après moults refus. Enfin j’allais pouvoir démontrer ma valeur et ajouter pour la première fois une ligne à mon CV (Ô naïveté post adolescente, Ô espérance d’une reconnaissance salutaire). Ayant peu d’assurance par nature, j’ai été broyée mentalement et physiquement par le mépris ouvert des managers et par la masse insupportable de travail qu’on refile aux gens comme moi. Ceux qui ne savent pas dirent non et qui croient encore que, quand on est gentil et bienveillant avec les autres, la réciproque est vraie. Déjà qu’à la base, mes idées étaient à l’extrême opposé de cette firme (je vous épargnerai mon discours d’étudiante révoltée contre le système consumériste capitaliste, je pense que je me comprendrez), j’ai été écoeurée au possible et j’ai vite compris que ça allait pas être facile pour les années à venir. D’ailleurs, l’été d’après, j’ai bossé chez Intermarché (pas mieux, si ce n’est peut être un peu plus de solidarité de la part des collègues). Aujourd’hui, je me retrouve à courir lamentablement après des annonces de misère sur Pôle emploi, des 4h/semaine, des escrocs dissimulés, des postes dévalorisants.
    Le besoin d’argent, toujours. Mais Mac Donald, plus jamais.
    Tout ça me fait très peur, et j’ai l’impression d’y laisser ma joie de vivre. J’ai toujours été très optimiste, je m’évertue à l’être encore, à encourager autrui et y croire vraiment. Je ne veux pas me lamenter.

    Merci à vous tous de vous exprimer; en lisant tous ces témoignages je suis partagée entre déprime et soulagement. En tout cas, je sais qu’on est nombreux, et forts de nos similitudes. Vous êtes l’éclaircie qui perce mes idées mornes 🙂

    Merci à vous tous, gardez la foi

    Anaïs

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