On a trouvé un requin pour affronter les partenaires sans scrupule.

J’ai participé à la création d’une nouvelle technologie. Je suis resté le dernier sur ce projet j’ai travaillé sans compter pour l’université. L’objectif a été de transformer le projet de recherche en entreprise… en start up.
On a trouvé un requin pour affronter les partenaires sans scrupule. J’ai alors donné mon argent et mon temps. J’ai eu trois emplois par moment. L’entreprise c’est créée j’ai été associé minoritaire. Le requin, lui, fut le majoritaire.
Petit a petit la tension monte. Pas de contrat, les prestataires qui ont travaillé eux aussi avec leur tripes ne sont plus payés. Petit à petit il monte les gens les uns contre les autres.
Un an se passe, je me retrouve limogé avec le droit de continuer à donner des conseils. Une collègue qui était là depuis un an (contrat avec l’université qui devait déboucher sur un CDI) signe son CDI : virée deux jour après. Sans aucun avertissement du jour au lendemain. Un autre collègue c’est vu repousser ses périodes d’essai au maximum pour enfin être viré. Son rôle avait été de me « challenger ».
Au final le requin a arrêté de nous payer. Pourtant il disait faire beaucoup de chiffre aux AG.
Je suis parti déposer plainte, j’ai utilisé mon assurance juridique, ce qui a forcé un bon avocat à se saisir du dossier. J’ai gagné après un an. Mes collègues ont pris les meilleurs avocats dans le domaine des prud’hommes avant de porter plainte… résultat ils en ont bavé pendant longtemps jusqu’à la fin de l’entreprise : 3 ou 4 mois sans être payé.

Le requin n’était pas à son premier coup d’essai. La justice … Il est parti sûrement pour tenter de revendre la technologie à l’étranger. Il se sera bien goinfré sur les millions d’aide qui sont donnés par la région et l’état.

Bref, quand je suis parti je n’ai eu le droit à rien pendant un moment. Ensuite j’ai eu le droit au RSA, pôle emploi ne m’a rien donné. Ils attendaient la fin du jugement.
Finalement je suis parti de France. J’ai retenté de travailler dans une entreprise… dirigée par un commercial… vendre ce qui n’existe pas. De nouveau la pression, de nouveau les conflits interne.
Je travaille maintenant à mon compte, je travaille le moins de temps possible, juste assez pour manger, me loger et prendre un peu de bon temps.

Burn-out : personne ne m’a remboursé la psychologue pour ce burn-out qui a été à deux doigts de m’envoyer à l’hôpital psy… qui lui aurait été remboursé.

Conclusion: Plus de souplesse dit le président. Les français sont éduqués pour donner du temps de qualité à l’entreprise, nul besoin d’en vouloir plus de ce côté là.

Plus d’aide, moins de stress, moins de démarches et plus de justice :  c’est ce qui manque en France et en Europe.

image récupérée sur  : https://www.flickr.com/creativecommons/by-2.0/

2 thoughts on “On a trouvé un requin pour affronter les partenaires sans scrupule.

  1. « Plus d’aide, moins de stress, moins de démarches et plus de justice : c’est ce qui manque en France et en Europe. »

    Je reviens juste sur cette phrase car je pense que dire « c’est ce qui manque dans le monde » serait plus juste dans la mesure où il n’y a pas qu’en Europe qu’il faudrait plus de justice 🙂

  2. Quand nous étions encore en fac, et que nous avions monté un club pour « créer » un jeu vidéo (bon, ça n’a jamais dépassé le stade du concept …), nous avions été approchés par un petit groupe d’étudiants en école de commerce/management qui souhaitait monter une start-up (c’était en 1999 …) et avait monté un business-plan.
    C’était impressionnant à quel point le document suintait le siphonnage d’argent.
    Comme nous n’étions pas encore trop cons, et comme notre avenir (à l’époque) nous semblait traçé dans la recherche, nous avions refusé. Mais que serait-il passé si la « pression » venait d’en haut, ie de l’université qui maintenant est sommée de lancer de la start up ?

Laisser un commentaire