Évoluer dans le monde du travail est un sport de combat

Bonjour.
Nous sommes en Mars 2016, j’ai 27 ans et je tairai mon nom de peur que ça nuise à mon entourage à savoir : ma mère, mes collègues et mon patron.
Je vais commencer par le positif. Je trouve que ça donne du courage pour la suite.

Ce qui marche le mieux autour de moi, c’est moi-même.
J’ai la chance d’être un produit de notre monde ultralibéral : je suis carriériste dans l’âme, je pense à ma carrière et à mes choix depuis que j’ai 10 ans environ, j’ai suivi une voie d’étude qui me permettrait de trouver un emploi facilement et d’être bien payé. J’ai fait des études d’ingénieur en informatique donc le marché de l’emploi n’est pas trop farouche avec moi : je n’ai fait que des CDI.
J’ai eu trois employeurs différents jusqu’à présent : un seul des trois n’a pas essayé de me la faire à l’envers. Le premier m’a fait signer une rupture conventionnelle alors que je n’avais aucun intérêt à le faire. Il m’a dit que sinon, ils allaient me licencier économiquement et je pensais à l’époque que c’était pareil pour moi. Je voulais être arrangeant. C’est à ce moment que j’aurai dû toucher le chômage, mais les démarches s’étalant sur plusieurs mois, j’avais récupéré un emploi avant de terminer la procédure et je n’avais donc plus le temps de m’en occuper.
Mon troisième employeur m’a fait signer un contrat après que j’ai démissionné de mon emploi précédent; et une fois mon travail dans l’entreprise commencé, le contrat ne respectait pas du tout ce qui avait été négocié au préalable, que ce soit en terme d’horaires ou de conditions de travail. J’ai profité de la période d’essai pour poser ma démission sans avoir un préavis de 3 mois comme c’est prévu pour les cadres en CDI.
Je suis retourné chez mon second employeur qui est mon patron actuel. Je travail entre 35 et 42 heures par semaines environ pour un contrat de 35 heures. Mes heures supplémentaires ne sont pas payées mais mon salaire est très satisfaisant (je suis le mieux payé de toutes mes connaissances de promo de l’école d’ingénieurs) et ça fait partie du deal. J’ai pas mal de pression selon les moments mais globalement, je n’ai pas trop à me plaindre de ce côté là. J’ai même été augmenté en fin d’année dernière. J’en profite pour donner un petit exemple de patron plutôt sympa : il ne licencie pas forcément les gens même s’ils ne sont pas compétents et propose des solutions si les employés ne sont plus motivés.
En bref, ma vie s’est adapté à ce monde ultralibéral en me battant pour ma carrière, en étant sans pitié sur le marché du travail, en prévoyant toujours 5 coups d’avances sur tout avenir professionnel, en étant ultra-réactif sur la recherche d’emploi et en supportant toute pression et surcharge de travail. Le résultat pour moi est plutôt positif malgré une pression nerveuse accumulée de plus en plus pressante.

J’aimerai parler ici également d’autres personnes de mon entourage pour qui tout s’est moins bien passé.

Ma compagne a un BAC+5 en microbiologie. Elle a fait la plupart de sa carrière en étant chef de ligne en usine de production (agroalimentaire, pharmaceutique, etc.). Elle a travaillé en professeur intérimaire en collège en remplacement suite à un congé maternité pour des cours de biologie. Lorsque son contrat est arrivé à sa fin (fin qui était repoussée de mois en mois sans préavis), elle a essayé de toucher son chômage mais la procédure n’a jamais réussi à aboutir car elle dépendant du rectorat d’une autre ville donc quand elle est allée au pôle emploi de notre ville, ils ont dit qu’elle devait faire la demande au rectorat, qui lui a indiqué qu’il fallait faire un demande au pole emploi, qui devait la refuser afin de faire parvenir le refus au rectorat pour qu’il paye la première partie pour qu’à la fin du chômage payé par le rectorat, pôle emploi prenne la suite du paiement. Je simplifie ici car il y avait aussi à gérer le pôle emploi de la ville du rectorat qui s’ajoute à l’équation. L’un dans l’autre, elle n’a jamais touché son chômage. Honnêtement, je pense qu’elle aurait pu y arriver si elle s’était battue à fond en harcelant pole emploi régulièrement, mais je trouve qu’elle ne devrait pas avoir à faire ça juste pour faire valoir ses droits. Parce qu’on vaut mieux que ça.

L’autre personne dont j’aimerai parler ici, c’est ma mère. Mes parents se sont divorcés quand j’étais tout petit et c’est ma mère qui m’a élevé en grande partie seule. C’est d’ailleurs grâce à elle que j’arrive aussi bien à me battre sur le marché de l’emploi. Et je trouve que le verbe « se battre » a rarement été aussi proche de la vérité du marché de l’emploi en France. Elle travaille encore actuellement pour son patron principal avec qui elle a un contrat très particulier : elle travail un nombre de jours dans l’année réparti comme il veut sur l’année. Elle a un doctorat en Pharmacie mais son salaire n’est pas très élevé pour autant. Son patron lui indique les jours où il veut qu’elle le remplace à la Pharmacie de campagne qu’il possède, parfois seulement deux ou trois jours à l’avance. Ma mère a fait plusieurs dépressions, plus ou moins graves, et j’aimerai vraiment que le monde dans lequel on vit ne demande pas à des gens comme ma mère de se donner à fond jusqu’à provoquer une dépression.

Enfin j’aimerai ajouter que même si je m’en sort plutôt bien, c’est en grande partie grâce, ou à cause, d’une peur panique absolue de perdre mon emploi et de me retrouver sans revenu. Par exemple, en classe préparatoire aux grande écoles, j’ai fait une petite dépression à un moment parce que je n’avais pas la force de continuer. Si j’abandonnais la CPGE, j’aurai toujours pu continuer en Fac ou autre, mais mon esprit était tellement formaté que c’était tellement faible que le suicide me semblait la seule solution : si je n’était pas au top, autant ne pas être du tout. C’est cette même force qui me permet de serrer les poings, sortir les griffes, montrer les crocs, être sans pitié, me déchaîner juste pour être absolument certain de retrouver un emploi si jamais je perdais le mien. Donc oui, je m’en sort dans la vie, mais c’est à ce prix là, l’esprit formaté en choix binaire : la réussite ou la mort.

J’ai longtemps hésité avant de faire ce témoignage. Principalement parce que je trouve que ma vie est très correcte comparée à celle de nombreuses personnes qui n’ont pas été préparés et entraînés toute leur vie à être des machines de combat pour le monde du travail. Je suis un produit de ce monde et je suis le premier à vouloir virer d’une entreprise quelqu’un qui ne travaille pas correctement, qui n’a pas de conscience professionnelle ou qui n’est pas motivé. Pour toutes ces raisons, je trouvais malhonnête de dire que je vaux mieux que ça.

Mais ce qui me pousse à faire ce témoignage malgré tout, c’est que je suis certain que mes proches valent mieux que ça. J’aimerai que tout le monde n’ai pas à sacrifier sa vie et se battre comme moi juste pour éventuellement survivre. Non, ce n’est pas un monde que je veux. Que je travaille énormément et que je me batte sur le marché de l’emploi, à la limite je veux bien, mais forcer tout le monde, mes proches mais pas seulement, à se battre dans un monde pour lequel ils n’ont pas été préparé, ou tout simplement dont ils n’arrivent pas à venir à bout, parce qu’il n’en ont pas les capacités ou qu’ils manques simplement de chance, là, je dit qu’ON VAUT MIEUX QUE ÇA !

9 thoughts on “Évoluer dans le monde du travail est un sport de combat

  1. « La réussite ou la mort. » Même parcours… même combat. Que je ne souhaite pas aux autres… Tous ceux qui bossent valent bien mieux que ça.

  2. « Pour toutes ces raisons, je trouvais malhonnête de dire que je vaux mieux que ça. »

    Et pourtant si, toi aussi tu vaux mieux que ça. De par ton témoignage tu as montré que tu n’es pas aussi bien formaté que le voudrait le système, et que tu prends peu à peu conscience de la réalité qui t’entoure. Tu n’es peut être pas « à plaindre », mais tu n’en as pas moins le droit à la parole et à l’écoute.

    J’ai aussi été comme ça à mes débuts : une situation plutôt bonne, une vrai envie d’en découvre avec le travail, et la tête pleine des préjugés « je fais mieux que mon/ma collègue, donc c’est un(e) feignante ou moi qui suis meilleur ». Et puis j’ai parlé avec ce/cette collègue…
    Et là la simplicité du préjugé se révèle, et la pensée ne tient plus : je suis mieux payé, j’ai un train de vie plus confortable, une bonne santé, et la vie m’a donné une constitution plus robuste que lui/elle. Bref, à poste égal, notre vie, elle, ne l’est certainement pas. Et puis est-ce vraiment lui/elle qui travaille trop peu ? Ou bien est-ce mot qui travaille trop ?

    Et là je vois mes heures sup’ impayés, mes congés en attente, les sacrifices réalisés pour mon travail. Je réalise que je n’ai pas profiter de la vie depuis des mois, et que je dénigre tout ce qui n’est pas le travail faute de temps pour penser par moi-même. Et je m’aperçois que mon coeur bat à toute vitesse. L’adrénaline ? L’excitation ? Non, juste l’anxiété. L’anxiété constante de ne pas faire aussi bien sinon mieux, de perdre ce que j’ai. Alors qu’au fond je ne fais pas mieux, je fais pire, et ce que j’avais, je l’ai perdu sans m’en rendre compte : ma joie (réelle et non feinte), mon imagination, ma sérénité, et même tout simplement mon temps. Ce temps que l’on dédie à nos seules pensées. Ce temps là est maintenant occupé par les pensées d’optimisation, d’amélioration et d’évolution. Je me regarde dans le miroir, et le jeune homme que je suis n’est pas vraiment jeune et en aussi bonne santé que je le croyais : des cernes, des rides de contraction, et un regard éteint. J’entends alors une pensée me traverser la tête « Me voilà, tu me vois enfin : ta conscience professionnelle ». Je me demande alors à quand remonte ma dernière nuit agréable et durable… des mois au mieux. Mes nuits actuelles sont chronométrées et mes rêves me ramènent souvent à mon travail.

    Puis je retourne au travail et je vois mon/ma collègue. Il/elle est rayonnant(e) : refus d’heure sup’ (impayé) pour pouvoir profiter un peu de son temps libre pour vivre, et ce malgré ce fameux salaire inférieur au mien. Puis on vient rabrouer ce/cette collègue peu motivé à l’idée d’une journée d’enfer pour compenser cette liberté de la veille, car sans les heures sup’, le projet risque d’être déficitaire. Et là je m’interroge…
    Hier encore j’aurais pensé « collègue feignant, sans motivation et sans conscience pro ». Mais aujourd’hui je me prend à penser « collègue vivant, ayant profitez de sa vie privée en dehors de son travail ». Son manque de motivation ? Je le ressens aussi chaque jour, mais je l’intériorise et je me mens à moi-même pour le dissimuler. Sa conscience pro ? Ne serait-ce pas plutôt la profession qui a oublié sa conscience ? Je regarde le fameux projet : déficitaire si on ne fait pas des « efforts » (des heures sup’ gratuites). Et là je pense « donc mal préparé et encore plus mal vendu ». Je me rend compte que la concession faite sur ce projet au nom de la conscience professionnelle est une belle erreur. Au nom de la concurrence, on a vendu un projet pour lequel on avait pas les moyens et le temps. Et tout cela on l’a payé de notre vie à nous. Est-ce que l’entreprise allait mieux après ça ? Non, tout juste rentable, mais maintenant le mot à circulé et tous les projets vont être ainsi, car la concurrence exige de toujours faire plus pour toujours moins cher. Et nous là dedans ? Des machines. De bêtes machines qui tournent à plein régime jusqu’à la panne ou la fermeture de l’usine et leur transfert vers une autre.

    De par ton témoignage, tu as déjà fait un premier pas : tu as vu la lutte violente qu’impose le monde du travail actuel. Ce fameux « sport de combat ». Je t’invite à continuer à y réfléchir. A te faire ta propre opinion en prenant le temps de penser par toi-même, pour toi-même. Car toi aussi tu vaux mieux que ça.

    On vaut tous mieux que ça.

  3. J’ai peur, très peur car j’ai la sensation que ce témoignage n’est qu’une fenêtre sur le futur auquel je me destine… La réussite ou la mort, rien de très nouveau en somme après la prépa.
    Merci pour ce témoignage, souvent je m’estime heureuse car je sais qu’avec le travail que me permettront de décrocher mes études je ne mourrai jamais de faim, mais je risquerai d’y perdre mon âme. Je n’ai pas envie de choisir entre dégradation de mon humanité et précarité financière, est-ce là chose aberrante ?!

  4. « La réussite ou la mort », je comprends parfaitement. Je suis actuellement dans mes études et je me répète cette phrase pour me motiver depuis des années, depuis le collège en fait. Je fais un double cursus architecte ingénieur en me disant que comme ça je serais compétitif sur le marché du travail (mais j’aime quand même ce que je fais). Le pire, c’est qu’à force je commence à sourire en pensant à cette phrase. En me disant que oui, le mort est une option parfaitement envisageable alors que, comme tu le dis, d’autres voies sont possibles.

    Je souhaite bon courage à tes proches, ta compagne, ta mère.

  5. « La réussite ou la mort » cela me fait tellement de peine de lire ça!!!
    Comme si la vie se résumait à réussir dans un travail… Réussir des études brillantes pour avoir un bon boulot pour gagner de l’argent… tellement pathétique!!!
    J’ai 38 ans, reprises d’études à 30 pour obtenir un Master, non pas pour avoir mieux mais uniquement pour une satisfaction personnelle et car j’aime étudier… seulement plus jeune ce n’était pas possible…
    J’ai un CV long comme le bras, je n’ai jamais manqué de travail mais ma moyenne de vie dans une société est de 1.5 ans car j’aime aller au travail avec entrain, être respectée et quand cela passe, je pars… (et je n’ai jamais eu peur de partir car on peut toujours rebondir).
    Je ne prétends pas à avoir un salaire de ouf, je veux juste être épanouie dans mon boulot et ravie d’aller travailler…
    Dernièrement j’étais en CDI, bien payée mais mal dans un travail qui ne valorise pas l’individu, un travail où mon patron était irrespectueux et bête…donc une rupture conventionnelle m’a rendue m’a liberté, car oui « je vaux mieux que ça ».
    Je préfère moins bien gagner ma vie et vivre ma vie sereinement qu’avoir un salaire dit « convenable » et bousiller ma santé pour quelqu’un qui ne le mérite pas (j’ai fait un burn-out l’an dernier)…
    Mes parents m’ont toujours dit qu’on était libre de ses choix, alors je ne m’enfonce ni dans les conventions (maison/travail/bébé), ni dans la consommation (gagner plus pour dépenser plus), vivre simplement sans péter plus haut que son cul ou envier son voisin, telle est ma volonté…
    C’est aux salariés de faire changer les choses car sans salariés il n y a pas de patrons et pas de profits… Malheureusement, on apprend aux gens à se la fermer et dire oui à tout… on récolte ce que l’on sème et c’est dramatique!!!

  6. Et j’en croise de plus en plus des comme gens comme, ce que je trouve plutôt triste d’un côté, c’est comme lorsque j’ai été viré de ma dernière usine pour « manque de motivation » par une personne extérieur à l’usine que je ne connaissais, et j’avais beau faire mon boulot, et toujours être au dessus des quota avec l’équipe à laquelle j’étais affecté, et que malgré tout les soucis de santé suite à mon passé dans la vie/sportif/scolaire, je ne me suis jamais pleins ou autre, et que même si j’avais envie d’abandonner je continuer car on m’avait dit de le faire, mais de la à le faire en souriant alors que je n’aime pas ça, c’était hors de question, et donc peut être que cela leurs à déplu ? Je n’en serais jamais plus, et je m’en fiche, j’ai du temps pour jouer aux jeux vidéo/en suivre l’actualité/m’en documenter/en parler avec des structures, qui sont ma passion et que je fais avec le sourire, et que j’irais faire quelques petits boulots à droite à gauche pour pouvoir vivre, même ne serait-ce que le strict minimum, car me tuer ou penser à mourir en pensant au travail ce n’est que très peu pour moi, enfin bon, courage aux gens qui sont comme ça, et que si ça vient à changer, ne se retrouve pas perdu 🙂

  7. J’ai toujours eu cette sensation moi aussi que c’était LA RÉUSSITE ou LA MORT.
    Je bosse aussi dans l’informatique et je me sentais privilégiée jusqu’à il y a un an. Même si je trouvais que dans nos open spaces d’informaticien, il y avait aussi des abus assez révoltants ici ou là (propreté des locaux, bruit permanent, pressions de la direction, heures supp…).

    Parenthèse : De mac do où j’ai bossé l’été, à reculons, quand j’étais étudiante, à nos open spaces de m**** d’informaticien.n.e, je n’ai JAMAIS compris pourquoi j’ai toujours été presque la seule à me mettre en rogne face aux abus de la direction, à dire que si on se réunissait/syndiquait à plusieurs, on aurait du poids…
    Les autres acquiesçaient faiblement ou souriaient ou ne disaient rien…FRUS-TRANT, terriblement frustrant ! Fin de la parenthèse.

    En informatique, ok, on peut actuellement, sauter d’un job à un autre quand on est dans la bonne région (et jamais le temps de toucher du chômage entre 2 contrats, je l’ai vécu aussi). Je me sentais privilégiée et protégée jusqu’à il y a un an donc. J’ai déménagé à perpet pour un boulot et me suis fait licencier l’année suivante de façon totalement abusive (voir mon témoignage sur blog).

    De là, je me suis fait rattrapée par la peur bleue du chômage/de la précarité. J’ai retrouvé du taff avant même que mon licenciement très brutal se produise MAIS ce n’est pas moi qui l’ai cherché (j’étais sonnée). Une boîte m’a tout simplement offert un poste au moment où je me faisais licencier comme une merde…
    Depuis, je suis dans la meilleure boîte que j’ai jamais connue MAIIIIS, un chef m’a dit récemment « Oui, les objectifs, tout ça…c’est très sérieux, parce que tu comprends, si on a besoin de te licencier un jour… ». Si on a besoin de te licencier un jour ??? Je crois qu’il ne s’est même pas entendu parler…

    Ce pavé pour dire que hum, on vaut tous mieux que ça. Toutes les professions, statuts, il faut se battre ensemble ! C’est tellement rageant ce manque d’intérêt de la plupart des gens pr leurs droits : des collègues de mac doc qui trouvaient que ce job pourri « forgeait le caractère » aux collègues informaticiens qui estiment que « on est bien payés alors les abus qu’on subit nous, Chuuut, c’est pas bien grave ».

  8. même parcours que vous, CPGE, école de commerce ,j’ai 54 ans et n’ai été au chômage que 4 mois dans ma vie (suite à un licenciement économique)
    comme vous j’ai toujours tâché d’avoir un coup d’avance sur mes employeurs, je ne le dis jamais « en vrai » mais en réalité au boulot je n’ai aucun état d’ame, aucun affect, c’est la seule solution pour ne pas se laisser bouffer et tomber en dépression…Mais il faut en être capable et au fond c’est consternant.

    Je m’estime être privilégiée puisque j’ai le mental, les diplômes et la capacité de travail pour m’en sortir (à ce jour) mais j’observe autour de moi; aussi, étudiante, j’ai fais plein de petits boulots pour financer mes études et je connais la condition de ceux « d’en bas » ceux qui triment sous les ordres absurdes de chefs imbéciles et pervers; j’ai aussi rencontré des chefs extras, à l’usine notamment où je travaillais parfois l’été.

    J’ai fais des études de gestion et de management et je ris « jaune » quand je repense aux belles théories « bisounours » apprises en ma jeunesse…Motivation des salariés, participation…Que des conneries oui! en vrai c’est pas du tout ça, c’est arnaque et coups bas à tous les étages…

    Il faudrait changer tout celà, c’est le capitalisme qui est pourri, je l’ai compris très jeune, lors de mes études, et celà ne s’est pas arrangé…Celà se dégrade…

    On vaut tous mieux que ça, et un jour le peuple se réveillera (mais quand?)

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