L’allocation chômage de Pôle Emploi comme un « complément de salaire »

Je travaille depuis 7 ans pour des voyagistes culturels. Moi et la plupart des conférenciers, nous sommes la seule et unique raison pour l’entreprise de vendre ses voyages, et de les vendre avec une marge importante. Cependant, nous sommes aussi payés aux minimum syndicaux, sur des CDD temporaires du nombre de jours du voyages.

Nous sommes alors tenus à des journées entières de travail (comptées 10 à 12 heures selon les boîtes) et sommes responsables de tous les couacs vis à vis d’une clientèle qui, les années passant, devient de plus en plus exigeante et persuadée que chaque centime investi est un service à récupérer comptant.

Nous avons besoin de préparer les circuits pendant 1 ou 2 mois, parfois plus encore, lorsque c’est la première fois que nous le faisons visiter.

Et pourtant mon salaire horaire et celui de beaucoup de collègues j’imagine (nous sommes isolés les uns des autres), est au minimum syndical : le SMIC horaire augmenté des primes de déplacement étranger, dimanche, congés payés etc… multiplié par le nombre d’heures. Notre travail de préparation n’est pas comptabilisé, mais les compétences requises et celles qui sont vendues à la clientèle, sont celles du Master…

Nous dépendons de la bonne volonté de l’employeur pour accumuler les contrats. Et la moitié de notre salaire réel est en fait payé par Pôle Emploi, et nous jouissons d’un système qui favorise le taux journalier (important puisque nous y faisons beaucoup d’heures par jour) et le multiplie par le nombre de jours théoriquement cotisés sur la base de 35h/semaine… à condition de parvenir à 612 heures… sinon il n’y a rien.

Nos clients bourgeois, persuadés de parler à un être de leur condition, puisque censé le prendre de haut au plan intellectuel ne s’imaginent pas un seul instant que nous ne sommes que des smicards précaires et que le prix qu’ils paient a encore besoin d’être compensé par leurs cotisations chômages…

Nous avons honte d’expliquer le système, même à nos amis et famille, car pour eux nous sommes des profiteurs, parce que l’employeur préfère considérer lui, l’allocation chômage de Pôle Emploi comme un « complément de salaire ».

2 thoughts on “L’allocation chômage de Pôle Emploi comme un « complément de salaire »

  1. J’ai connu des expériences similaires, titulaire d’un BTS tourisme avec des expériences en agences de voyages et Tour-Opérateurs, notamment à l’étranger, parlant 4 langues, maîtrisant la comptabilité et la vente, j’en ai eu marre de travailler dans le tourisme où les salaires sont plafonnés au SMIC.
    Une de mes expérience me fait pensé à ton histoire. J’ai postulé dans un Tour Opérateur à Marseille, spécialisé sur la Thailande, la patronne a voulu me faire un contrat de stage parce que les entreprises ont des aides du Pôle Emploi. J’ai du retourner au Pôle Emploi faire tous les papiers et le lendemain je commençais à bosser en stage. Je n’étais pas payé par l’entreprise, mais je pouvais gardais mes allocations chômage, et oui du coup je passe pour un profiteur aux yeux de la société. Le stage n’a duré que 15 jours, parce que la patronne elle voulait que je sache tout faire immédiatement, faire des devis par téléphone pour des agences, chercher les vols, les hôtels, calculer les vols intérieurs les transferts, le tout avec 4 ou 5 agences en même temps par téléphone et en moins de 5 minutes. Peut être au bout de 3 mois j’aurais pu le faire mais pas en 15 jours. Du coup ils ne m’ont pas embauché mais ont eu recours à un autre stagiaire pour faire la même chose.

  2. Dans la formation privée, où il y a également de l’échange de savoir, une prestation intellectuelle, le temps de préparation et recherche est payé. Chaque heure de prestation génère 39% en plus, en temas et en soul. Notre convention collective Prévoit cela mais les employeurs cherchent à minimiser la rémunération des hs de préparation. Leur rêve c’est que nous préparions gratuitement nos cours.

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