On parle de supprimer des classes, des moyens et surtout des postes

Ça commence avec une mère de famille, qui a quatre enfants et qui, pour ne pas donner à ses fils l’image de « papa travaille, maman est à la maison » décide de reprendre les études. Socialement déjà on le lui reproche : « Tu as quatre enfants, tu vas les abandonner, tu ne peux pas faire ça … » (j’en passe et des meilleures). Sauf que, non seulement elle peut, mais en plus elle réussit brillamment le concours.

Elle commence donc la formation (c’est l’époque des IUFM, donc elle commence par deux ans de formation avec de courts stage, pas de profs non formés lâchés devant élèves à l’époque). Une fois la formation achevée, cette nouvelle professeur des écoles est envoyée devant une classe de CM1 dans une école « difficile » (très difficile au point que certains élèves de 10 ans insultent leur prof).

Début de dépression, questionnement sur son orientation (évidemment pas d’employeur présent mais heureusement un inspecteur très compréhensif et surtout un nouveau poste dès la fin de l’année.. l’entourage se partage entre les « je te l’avais bien dit » et les gens qui s’intéressent suffisamment pour la soutenir et l’accompagner).

Deux ans plus tard, on parle de supprimer des classes, des moyens et surtout des postes. Les enseignants sont dans la rue, font grèves, tâchent de se faire entendre. Et la mère en question, ma mère, se tourne vers moi pour me dire qu’elle va aller manifester parce que « si on supprime des postes ça fera plus d’élèves dans les classes, et comment est ce qu’ils vont faire les élèves pour apprendre, déjà que la .. Avec le système en place.. »

Elle n’a pas besoin d’en dire plus parce que je sais déjà que si elle est devenue professeur des écoles c’est aussi parce qu’elle voudrait bien le modifier ce système, qui ne le convient pas, elle qui, mère de 4 enfants, a pu observer beaucoup de choses sur le développement de l’enfant qu’on ne raconte pas dans les IUFM… Sauf que dans son école, ça ne se fait pas de faire grève, parce que les parents ne peuvent pas « juste poser une journée pour faire plaisir à l’instit, franchement elles ont que ça à se faire de se plaindre… on sent bien le fonctionnaire avec la sécurité de l’emploi ».

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