Quand t’es étudiant t’as besoin de thune

L’année dernière, j’ai travaillé en tant que caissier pour un supermarché. J’ai signé à cette occasion un contrat de travail étudiant pour une durée de 12h hebdomadaire. En près de 11 mois de travail, le contrat n’a été respecté qu’une seule et unique fois : au mois d’août alors que la ville était désertée et donc que le magasin tournait à faible régime. J’ai signé pour 12h, et sans jamais me demander mon avis ni même respecter mon contrat, j’ai fait une moyenne de 22 à 25h chaque semaine. Dans pareille situation on te faisait implicitement et clairement comprendre qu’il valait mieux que tu fermes ta gueule : après tout le licenciement économique d’un étudiant ça se fait en deux temps trois mouvements.

La semaine de Noël, j’ai fait 32h. Alors même que c’était aussi une semaine d’examens pour moi. Ils n’en ont jamais rien eu à carrer ça je vous le dit. Un tableau avec les heures de chacun avait été affiché derrière la porte de l’accueil : dernier arrivé j’étais le second à avoir fait le plus d’heures ! Au bout de 3 mois de travail pour la première fois, j’ai eu mon samedi après-midi. HALLELUJA quoi ! J’en revenais pas ! Enfin j’allais pouvoir glander et me reposer un week-end ! Parce que ne nous y trompons pas : travailler de 8h30 à 20h15 chaque samedi ça t’oblige à taffer tes cours le dimanche. Ma joie fut de courte durée : vers 14h30, j’ai reçu un coup de fil. Une caissière était malade, il fallait un remplacement d’urgence.

Quand t’es étudiant t’as besoin de thune. Encore plus quand tu es en famille monoparentale avec une Maman qui se saigne pour payer des études de droit à l’un et de kinésithérapie à l’autre de ses enfants. J’ai dit oui. Mais naïf que j’étais je suis parti du principe pour moi évident qu’en rendant ce service, on me rendrait la pareille avec un samedi après-midi libre d’ici 4 semaines max. Je n’ai plus eu de samedi après-midi pendant 4 mois.

On vous entube comme un pigeon et t’as pas intérêt à te plaindre. Rend service, on ne fera rien en retour. Le jour où j’ai déposé mes dates et horaires d’examens de second semestre, j’ai été mal accueilli. La responsable avait de l’avance et avait déjà prévu les heures pour les 4 semaines à venir et évidemment je venais d’avoir mes dates qui tombaient sur la 4e. Notamment j’avais un examen le lundi, un autre le mercredi. Pensez-vous vraiment qu’on allait gentiment respecter, exceptionnellement mon contrat, en me calant les 12h contractuelles sur mes jeudi, vendredi et samedi ? (Je pouvais même en faire plus sur ces journées) Nooooon ! Non tu es grand tu te démerdes mais tu viens bosser le mardi entre tes deux examens ! Que dalle à foutre !

J’ai connu le travail étudiant où on te saigne jusqu’au bout. Ils étaient dans la merde à la moindre absence : ils n’allaient quand même pas recruter une personne de plus voyons, ça aurait fait des charges patronales en plus ! Et ô malheur, tu as une différence de 7€ en moins dans ta caisse que ce que dit la machine ! Tu te prends des remarques cinglantes. C’est pas comme si j’encaissais pour entre 5.000 et 10.000€ à chaque journée de travail…

Aujourd’hui je me suis cassé. J’ai obtenu mon diplôme, et 5 mois plus tard un CDI. Pour tous mes camarades étudiants restés dans ce job de merde où on ne te fait aucun cadeau, où tu n’auras jamais la moindre condescendance de qui que ce soit, je m’oppose au projet de droit du travail. Que les membres des assemblées, du gouvernement, qui n’ont jamais connu ces choses là, cette vie là, arrêtent de se croire au courant des réalités ! C’est du foutage de gueule profond, et je ne parle pas de la paye.

Sarkozy nous parlait de travailler plus pour gagner plus, on y croyait déjà peu, maintenant on nous dit de travailler plus, qu’on gagnera moins, et qu’on aura ZÉRO protection.

4 thoughts on “Quand t’es étudiant t’as besoin de thune

  1. Le problèmes, c’est que nos gouvernants n’ont aucune, mais alors aucune idée de ce que signifie travailler en entreprise (il suffit de voir la bourde du ministre sur le nombre de CDD, qui en dit long sur la suite)

  2. j’ai eu vent de ces abus dans les grandes surfaces.
    Depuis, faire les courses dans ces temples de la consommation me répugne… je dois y aller à contre-coeur (pas d’autres alternatives pour certains produits dans mon secteur géographique)

    A ajouter : le pouvoir de négociation qui zigouille les petits producteurs, odieux et nauséabond.

    Aussi, à chaque fois que je fais les courses dont j’ai besoin, j’en profite pour remplir à la fois mon panier, mais également mon ventre de ce qu’il me plait : Yop, café Starbuck, sandwich tout fait, pizza réchauffé, eau gazeuse Perrier, Vittel, laitr d’amande ou de noisettes bio, …
    bref, je prends mon repas pendant que je fais mes courses. Les emballages des produits consommés tombent malencontreusement dans les méandres des rayons…

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