Intérim, usine, supermarché, téléprospection et fast-food

*s’éclaircit la gorge* *tousse encore un peu* Par où commencer?

Entre l’abus des agences d’intérim, l’abus dans les usines, le fast food dans lequel je travaille en ce moment (même si c’est le moins pire et de très loin! )…?

J’ai commencé à bosser à 20 ans, deux ans après avoir arrêté les cours.

Mon premier boulot c’était dans un supermarché deux semaines en caisse. Deux semaines c’est peu mais ils ont quand même réussi à me faire des sales coup.
Pour planter le décor, ils ont pris des renforts pour Noël parce que les employés menaçaient de faire grève, on a été quatre ou cinq à être pris une semaine et trois à être gardé la semaine d’après. Une a eu le droit à un CDD de trois mois.
En caisse, il y a plusieurs moyens de paiement possibles. Par carte, par chèques, en espèce, par chèques cadeaux, par tickets restau et j’en oublie.
A la fin de notre journée on devait mettre les différents moyens de paiement dans les casiers correspondants.
Je me suis fait pourrir par ma directrice parce que je mettais trompée plusieurs fois de casier.
Je me suis faite pourrir parce que je demandais de l’aide à d’autres collègues pour trouver les moyens de paiement sur la caisse.
Ma formation a duré combien de temps?
Initialement, elle devait durer une journée entière. Mais trop de monde, pas de temps, j’ai eu droit à une formation d’une heure et après j’étais seule sur ma caisse. J’ai eu de la chance de tomber sur des clients assez compréhensif mais ce n’était pas trop le cas de ma supérieur…

Et une fois j’ai eu une erreur de caisse et là j’ai eu le droit à un sermon d’un quart d’heure. Mon erreur de caisse? 1 malheureux centimes qui avait dû tomber sous ma chaise.

Les seuls moments où les supérieurs étaient sympa c’est quand je tombais sur des clients chiants. Parce que les clients bien sûr ne sont que des connards, c’est bien connu…

Bon ce premier job ne m’a pas rebuté, c’était sympa puis je me disais que si je ne l’avais pas gardé c’était de ma faute, trop d’erreur dans les rangements des moyens de paiements bon la prochaine fois je m’améliorerai, hein !

Impossible de trouver du boulot dans un autre commerce donc je me dirige vers une agence d’intérim, ils me disent ne pas avoir de mission mais qu’ils ont des inventaires de prévu. Va pour les inventaires.
Oui mais j’étais une bonne inventoriste, rapide, efficace et qui ne parle pas pendant qu’elle bosse. Du coup ils ne me proposaient que des inventaires et pas d’autres mission parce que légalement je ne pourrais plus faire certains inventaires.
A force de les harceler j’ai quand même réussi à avoir une mission.
Une mission dans une usine de viande, à 4 degrés, a faire des brochettes pour l’été. Payé entre 2000 et 3000 net par mois grâce aux heures sup’
J’y suis restée une journée.

J’ai commencé à 5h du matin, j’ai eu ma pose à 11h30.
Je suis fumeuse (bouhhhhhh!) pour fumer il fallait sortir de l’enceinte. Pour sortir de ‘l’enceinte il fallait se déshabiller entièrement (bottes, blouse etc), descendre deux étages et marcher deux cents mètres, pareil au retour.
Je suis sorti, ai mangé une banane, fumer une clope et suis rentrée pour recommencer à 12h.
J’ai fini à 15h (je passe sur le fait qu’on nous parlait comme à des chiens, sans sourire sans même nous regarder) avec un mal de gorge atroce, des tremblements, une température avoisinant les 39/40.
J’ai loupé un entretien d’embauche, suis rentrée chez moi, me suis couchée et après avoir été réveillée par une amie j’ai appeler l’agence pour les prévenir que j’étais malade et que je ne pouvais pas continuer la mission.

Voilà comment se griller dans une agence d’intérim.
Ils avaient des places dans d’autre usine mais ne m’appelaient qu’en cas d’extrême besoin surtout pour les inventaires.

Je tente ma chance dans une deuxième agence d’intérim qui m’envoie dans une autre usine.
Pas grand chose à dire sur celle-là. J’ai commencé à comprendre qu’en usine on te traite comme de la merde mais que c’est normal. Seul la production compte.
J’ai commencé à comprendre aussi ce qu’était la précarité. Certaines personnes savent d’une semaine sur l’autre si ils continuent de travailler là-bas ou pas, moi c’était le soir qu’on me demandait ou non de revenir le lendemain.

La mission s’arrête, l’agence me dit ne plus avoir de travail alors je vais voir une autre agence.
Elle me trouve un travail de deux mois dans un petit gamme Vert de campagne qui se passe super bien.
La veille de la fin de ma mission j’entends une pub à la radio comme quoi une entreprise cherche des téléprospecteur.

Confiance en moi regonflée je postule.

J’arrive dans une espèce de maison avec un petit entrepôt attenant, je rentre dans la maison, on me fait visiter les bureaux et l’endroit où je vais bosser. Un espace aménagé sous les combles avec des bureaux, sur chaque bureau un téléphones, un crayon, une gomme. Devant chaque bureau une chaise du genre hyper confortable.

On m’installe dans une salle à côté et on me donne une feuille que je dois apprendre par cœur, c’est ce que je dois dire au client mais il faut pas que ce soit lu, il faut que mon discours soit vivant.
J’ai une journée d’essai, je m’en sors bien on est content de moi.
Je reviens le lendemain et Paf! Je prend mon premier rendez-vous!
Grosse cérémonie où je dois aller moi-même inscrire une croix à côté de mon prénom sur un grand tableau accrochée sur le plus grand mur. On m’explique que pour les premiers rendez-vous il faut que je ramène un gâteau.
Je me sens intégrée et bien.
Je viens avec un gâteau le lendemain, et pour ma première semaine je prend 6 rendez-vous.
La deuxième semaine je ne prend aucun rendez-vous au plus grand désespoir de ma cheffe.
On essaye tous de lui expliquer que comme on a déjà fait les secteurs qu’elle nous donne c’est très compliqué.
La troisième semaine j’arrive plus ou moins à prendre 3 rendez-vous. A presque forcer les gens pour qu’ils en prennent un. Et je commence à avoir des soucis de conscience parce que j’ai appris que nos « techniciens » sont en fait des commerciaux déguisé. Qu’ils visent essentiellement les personnes faibles et j’apprend aussi que nous ne sommes pas du tout partenaire EDF puisque EDF n’a aucun partenaire.

Arrive ce qui devait arriver aucun de mes rendez-vous ne se concluent pas des contrats. Et je n’arrive plus à en prendre. Notre cheffe se met à être constamment derrière mois. Harcèlement moral. Interdiction de parler. Interdiction de dessiner. Pause déjeuné décalée avec certaines collègue qui galéraient aussi jusqu’au harcèlement.
« Souris ! tu souris pas là! Comment veux-tu prendre un rendez-vous! Faut sourire! Allez souris!!!!! » Tout le temps. Jusqu’à ce qu’ils mettent fin à ma période d’essai parce que j’ai mal répondu à ma cheffe (officieusement, officiellement parce que je n’était pas assez efficace (mais c’est long et compliqué à expliquer par écris)).
Mes collègues ne comprenait pourquoi elle s’acharnait autant sur moi mais personne n’osait élever la voix de peur d’en être la proie à leur tour. On en parlait à la pause déjeuner quand on avait pas la comptable qui mangeait avec nous.

Après cet épisode je retourne voir ma dernière agence d’intérim et bonne aubaine ils ont une mission pour moi!
Usine qui fabrique des cartouches.
Au début tout se passe à peu près bien.
Pas un boulot très réjouissant mais une ambiance pas trop mauvaise, on peut aller au toilettes quand on veut et ça rapporte un peu.
Je fais une mission de deux semaines puis je suis rappeler deux mois après, je fais rentrer une amie qui avait un besoin urgent de sous et là les soucis commencent.

Dans l’ordre:
-petit salarié
-chef d’équipe
-Chef d’atelier

Entre salarié ça ne se passait pas trop mal, entre les salariés et les intérimaires c’était pas le top. Et entre les intérimaires c’était la guéguerre de celui qui sera gardé.
Une intérimaire avait le chef d’équipe dans la poche, genre hyper ami.
Du coup elle s’arrangeait pour être sur la machine qu’elle préférait, la plus automatique. Les salariés avaient presque leur place attitrées et nous pauvres nouveaux intérimaires étions sur les machines les plus pourries voire parfois sur l’emballage à la main quand les cartouches étaient trop grosses.

Bon voilà nous on était deux amies et souvent sur des machines à proximité, pour passer le temps on papotait.
Ce n’était pas du goût des autres.

En gros pour faire court le chef d’équipe m’a prise en grippe.
J’ai eu le droit à des réflexion type: « c’est pas parce que tu es une femme que tu peux faire deux choses en même temps » en me faisant porter la responsabilité d’erreur que je n’avais pas commise.
Il me mettait sur les machines les plus difficiles.
Me faisait passer derrière une nana qui ne suivait pas les cadences et ne rangeait pas son poste.
Jusqu’au moment où mon amie a eu un accident de voiture en rentrant du taff (endormie au volant) et après avoir passée la journée aux urgences j’ai dit que je ne pouvais pas venir et l’agence d’intérim ma obligé à y aller. En disant qu’ils ne pouvaient pas se permettre d’avoir deux personnes en moins ce soir, que si j’étais fatiguée je dormirais sur le côté de la route etc.
Quand je suis arrivée au boulot ils avaient prévu que je ne viendrais pas et le chef d’équipe m’a fait comprendre qu’ils se seraient bien passé de moi.
Au final j’ai craqué et me suis barrée.

Après ça il était hors de question que je retourne à l’usine et j’ai eu une ouverture pour un service civique.

Bon j’avoue là je me suis faite avoir sur toute la ligne mais j’ai aussi un peu profité.
On m’a proposé le service civique et j’ai demandé en contrepartie de mettre en place un projet qui me tenait à cœur on a fait des pseudo réunion où on en a parlé où elle était hyper enthousiasme etc.
Mais a chaque fois que je demandais quand on allait le mettre en place je me trouvais face à un mur d’incompréhension.

C’était un service civique à dans une association contre une maladie et le peu de fois où j’ai été avec l’équipe encadrante j’ai été ulcéré par la façon dont ils parlaient des personnes et comme ils leur parlaient.
Ce n’était pas des gens c’était des « malades » et il fallait leur « bouger les fesses » si ils se « laissait aller ». Puis « mon petit monsieur « Machin » vous allez venir hein à la course qu’on organise hein vous allez venir m’sieur « Machin » « 

En service civique on est sensé mettre en place des projets avec une équipe encadrante. Comme j’étais loin des locaux il me faisaient faire tout à domicile par mail. Et chacun des projets que je présentais était repoussé repoussé… Par « manque de temps » et à chaque fois que je devais faire quelque chose c’était ou un job de bénévole ou un job de salarié. J’ai vérifié et revérifié dans mon contrat ils n’avaient pas le droit.
Mais j’avais désespérément besoin de thune et puis j’étais chez moi donc je les ai laissé me mettre à l’écart au bout de trois j’ai arrêté de me battre pour les projets que je voulais mettre en place et j’ai aidé ma mère a préparer ses concours.

Après une expérience de même pas une semaine dans une autre usine j’étais complètement paumé je ne savais pas du tout quoi faire, je commençais à déprimer totalement quand je me suis résigné à postuler dans un fast-food connu.

Ça a été une grande surprise, une grande famille mes qualités de boulot enfin reconnu… Pas vraiment de vie à côté parce que les horaires sont vraiment décalé mais pas grave les amis ils sont sur place!
On me taquine un peu mais c’est parce que je suis nouvelle puis c’est bon enfant. Et a côté on met vraiment mes qualités de bosseuse en avant, en plus je me fais des bons salaires pour un 24h/semaine. Jamais en dessous de 900e
Cool

J’ai commencé à comprendre que quelque chose clochait quand j’ai commencé moi-même à « former » des nouveaux.
Je leur parlais, mal, puis ils étaient nuls, lent, ils comprenaient rien.
Ça c’est ce que l’on disait à table puis on en parlait avec les manager et le directeur parce que bon c’est pas possible d’avoir des nouveaux aussi nuls, surtout pour l’été quand on a besoin de bons!
Ça a duré deux/trois semaines jusqu’à ce qu’un de ces « nouveaux » me parle comme moi je lui parlais. Là je me suis rendu compte que j’étais entré dans le jeu pervers de l’élitisme. On garde les meilleurs, les plus faibles partent d’eux-même. Sans chômage sans rien. On ne nous a jamais demandé de leur mener la vie dure.
Ils planifiaient trois nouveaux avec un ancien en fermeture.
On nous a bourré le crâne comme quoi l’été c’était dur et qu’il fallait donner le meilleur de soi-même.
On nous mettait la pression.
Ceux qui bossait bien avait le droit à un contrat de 28 voire de 30h pendant un mois et les rainent meilleure pendant deux mois…

C’était assez intense et difficile de ne pas suivre le mouvement de lynchage jusqu’à ce que ce « nouveau » me jette mon comportement dans les dents. Et derrière il m’a aidé à ne pas faire les mêmes erreurs

Puis dernièrement ils ont abusé au niveau de mon accident de voiture.
A chaque fois que je venais poser une prolongation d’arrêt on me parlait froidement et j’étais une bête noire. Et quand je suis revenue une première fois on m’a tellement blindée mon emploi du temps que je n’ai pas suivi le rythme et j’ai dû retourner en arrêt. Quand je suis revenue la deuxième fois (jeudi dernier) j’étais encore prévu en fictive sur les planning. C’est à dire la personne dont on a pas besoin et si il n’y avait pas eu des absents je n’aurait fait que les « basses besognes ». Récurage de toilettes etc.
De plus mon emploi du temps étant « fictif » ils ont quand même dépassé mon contrat de 24h histoire de me blinder d’heure sans avoir à me payer d’heure supp et mettre des jours de repos à des équipiers qui enchainaient les heures pendant mon absences pour ne payer que les heures complémentaires de 10%.

A part ça, ça se passe plutôt bien mais certaines choses sont assez limites. Monter les gens contre ceux qui sont en arrêt ou malade parce que c’est de leur faute que l’on ferme pas correctement etc..

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