Licenciée en apprentissage pour avoir été malade

A ce moment là, j’avais 21 ans et j’étais dans une entreprise de communication visuelle en alternance. C’était mon premier vrai job pour faire le métier que je rêve de faire : graphiste.

J’ai signé un contrat professionnel de 2 ans dans une entreprise pour réaliser mon BTS.
J’ai choisi l’alternance car, issue d’une classe moyenne, je ne pouvais pas me permettre de payer une école.

Tout allait bien dans cette entreprise jusqu’au jour où, au bout de 6 mois, je suis tombée malade. J’ai dû m’absenter une journée. A mon retour en entreprise, j’ai eu la drôle de surprise d’être convoquée dans le bureau du directeur qui m’a fait un discours comme quoi il n’étais pas satisfait de mon travail et me reprochait d’avoir été absente une journée la semaine passée.
Il m’a donc dit que je serais licenciée dans les jours à venir pour raison économique.

Secouée, démunie par cette nouvelle et ne sachant pas comment réagir, je suis retourné à mon poste pour continuer à travailler.

Dans l’après midi, je suis de nouveau convoquée dans le bureau du directeur. Celui si voulais me laisser une « seconde chance » si j’acceptais de signer un avertissement de travail qui stipulais que je reconnaissais « avoir mis en danger l’entreprise par mon manque de conscience professionnelle »…
J’ai refusé, ce qui a provoqué chez mon ancien patron une crise de colère. Il m’a arraché le papier des mains et l’a déchiré sous mes yeux, en me disant (presque en criant) qu’il me licencierait dans la semaine.

J’ai attendu 1 mois avant de recevoir ma lettre de licenciement. Pendant ce mois, je n’avais plus le droit de travailler, plus le droit d’utiliser les ordinateurs et machines d’impressions, j’étais surveillée en permanence par quelqu’un. Pendant 1 mois j’ai subi ce harcèlement moral de la part d’une partie des collègues de l’entreprise. Heureusement pas tous, une de mes collègues plus âgée que moi m’a toujours soutenue et conseillé lors de cette horrible expérience.

La lettre de licenciement est arrivée un matin en recommandé, et en la lisant, je constatais que c’était un licenciement pour faute grave avec pour motif « Manque d’investissement et de concentration à son poste« …

J’étais tellement sous le choc et démunie face à ça… Je pensais que je ne pourrais pas continuer mes études si je n’avais pas d’entreprise. J’avais déjà énormément eu de mal à en trouver une, je ne savais plus quoi faire.

Par chance mes parents on été extrêmement présents lors de ces évènements et m’ont énormément soutenue et aidée, autant qu’il le pouvaient.

Après avoir reçu cette lettre je suis tout de même retourner travailler. Là, la subordonnée de mon directeur me convoque dans son bureau avec ma tutrice (qui ne m’a jamais soutenue pendant toute cette période). Elle m’a dit que je devais quitter la société immédiatement car je n’en faisais plus partie et que ma présence dans les locaux n’étais plus tolérée.
Le directeur ne m’a jamais dit en personne que je ne faisais plus partie de la société…

J’ai fais le tour de la société en pleurs pour dire au revoir aux collègues qui m’avaient soutenue.

A la suite de ça, j’ai engagé une procédure judiciaire au Prud’homme. Les procédures ont duré 2 ans et le résultat à heureusement été en ma faveur.
Grâce à l’argent que j’ai touché, j’ai pu rembourser mes parents qui on payé l’avocate ainsi que mon école sur la période où je n’avais pas d’entreprise.
Je n’ai pas pu financer moi-même ces frais car mon salaire d’étudiante en alternance ne me le permettait pas.

Il est horrible de rentrer dans le monde du travail en passant par les Prud’homme. ça m’avait coupé l’envie de travailler. J’ai été longtemps démotivée surtout quand on voit à quel point il est difficile de trouver du travail en tant que jeune aujourd’hui.

Après 6 mois de recherches et des centaines de CV envoyés, j’ai trouvé une nouvelle entreprise pour terminer ma formation.
J’ai eu énormément de mal à me sentir à l’aise et à m’intégrer dans cette nouvelle entreprise. J’ai fais plusieurs crises d’angoisse, car j’avais peur qu’il se passe la même chose qu’avec mon ancienne entreprise. Je me sentais observée, jugée et j’avais l’impression qu’à la moindre erreur, on me flanquerait dehors. Parfois même je suis venue alors que j’étais malade car j’avais peur que le schéma se répète. J’avais complètement perdu confiance en moi et en mes capacités à cause de cette expériences.

Avec le temps je me suis rendue compte que, heureusement, tout le monde n’étais pas comme mon ancien patron. Avec le temps j’ai tout de même réussi, non sans difficultés, à m’intégrer et à me sentir plus à l’aise dans cette nouvelle entreprise.

Aujourd’hui, j’ai 24 ans, j’ai terminé mes études et je suis enfin graphiste !
Mais j’ai mené un combat que jamais une personne de 21 ans ne devrait mener.

Si aujourd’hui la loi concernant « le minimum de dommages et intérêts en cas de licenciement injustifié » est supprimée, des personnes qui seraient dans le même cas que moi ne pourraient pas par exemple, payer des frais d’avocats pour se défendre, ou payer leur école. D’un côté on encourage les jeunes à faire des études et à avoir une expérience professionnelle et d’un autre côté on donne aux patrons d’entreprise le droit d’exploiter ces jeunes travailleurs.

On vaut vraiment mieux que ça !

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