Licenciement abusif d’une boulangère

«Suite à son refus, le patron a demandé à tous les employés de l’espionner, et de venir cafter le moindre faux pas, la scrutant à l’aide des caméras, tout en continuant à l’accabler jour après jour. Ils ont fini par trouver un motif pour un licenciement pour faute grave»
Voici mon témoignage du licenciement abusif subi par une amie que j’avais « pistonné » dans la boulangerie où je travaille actuellement.
Suite à des problèmes avec sa hiérarchie, à qui elle reprochait le manque de respect des règles d’hygiènes, et refusait de faire de même, le patron lui a proposé une rupture conventionnelle ( comme il en a souvent été le cas pour ceux qui disent « non » dans cette boîte ), mais ne voulait pas lui payer les indemnités qui vont de pair avec la rupture conventionnelle, elle a donc refusé. Suite à son refus, le patron a demandé à tous les employés de l’espionner, et de venir cafter le moindre faux pas, la scrutant à l’aide des caméras, tout en continuant à l’accabler jour après jour. Ils ont fini par trouver un motif pour un licenciement pour faute grave.
Le motif? Mon amie devant former la vendeuse censée la remplacer, elle a fait l’erreur de recompter sa caisse dans le but d’épargner au patron des erreurs de caisse, sans que la vendeuse ne soit à ses côtés. Le motif est valable, mais il faut savoir que c’est une pratique courante dans la boulangerie, si l’un est en retard, c’est l’autre qui compte sa caisse, sans que la personne ou qui que ce soit d’autre soit à côté. De plus, dans la lettre de licenciement, on lui reproche aussi, lors d’un début d’incendie du four à pain, d’avoir appelé les pompiers avant le réparateur. Je précise que c’est elle et moi qui avons géré cet incendie, aucun de nos supérieurs n’étant joignables, tout en continuant à servir les clients et à faire nos tâches respectives. Heureusement, mon amie vivait chez ses parents, et n’a donc pas trop souffert financièrement de ce licenciement abusif, psychologiquement, c’est autre chose…
Et à l’heure actuelle, elle s’est reconvertie, moi je travaille toujours là-bas, j’ai fait il y a un mois et demi une demande de rupture conventionnelle que mon patron a verbalement accepté, mais dont je ne vois toujours pas le moindre papier l’attestant, et je continue à subir cet acharnement dont ma collègue a fait les frais il y a 2 ans ( heures supplémentaires non payées, acharnement sur la moindre de mes erreurs, reproches sur ma vie personnelle, et j’en passe ), ne sachant pas si je vais effectivement avoir cette rupture conventionnelle où si ils attendent le moindre motif pour pouvoir me virer comme une malpropre comme ils l’ont fait avec mon amie
Pour elle, pour moi, pour tous les anciens employés de la boulangerie qu’on a poussé à la porte en s’acharnant sur eux jusqu’à ce qu’ils soient assez affaiblis pour ne pas aller devant les prud’homme et qu’ils acceptent la rupture conventionnelle comme un cadeau que le patron leur fait, On vaut mieux que ça

8 thoughts on “Licenciement abusif d’une boulangère

  1. c’est marrant j’ai l’impression d’entendre parler de mon ancienne pâtisserie boulangerie… C’est fou comme ils se ressemblent tous dans ce métier… faut pas s’étonner que les jeunes n’aient plus envie de travailler dans ce milieu, avec des lois tacites digne du XIX° siècles.

  2. Il faudrait que cette boulangerie subisse un boycott. Il n’y a aucune raison que les gens continuent d’aller acheter leur pain chez un patron qui ne respecte pas l’humain. Dénoncer publiquement ce genre d’acte en citant les établissements clairement permettrait au peuple de reprendre le pouvoir sur les patrons irrespectueux.

  3. Le droit du travail est complexe et pas toujours facile de connaitre ses droits. Pour ceux à qui ça pourrait être utile :
    Une rupture conventionnelle doit obligatoirement être envoyée par l’entreprise à la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) pour validation sans quoi elle n’est pas valide. La DIRECCTE vérifie entre autre que l’indemnité minimum est respectée (équivalent au minimum à l’indemnité de licenciement) y compris quand vous avez moins d’un an d’ancienneté.
    Vous pouvez donc en toute quiétude signer la rupture même si les indemnités sont en dessous du minima car cette dernière sera refusée par la DIRECCTE (vous pouvez même les contacter pour attirer leurs attention dessus) et si par inadvertance elle ne le faisait pas, l’employeur se doit quand même de verser au moins l’indemnité minimum peu importe le montant indiqué dans la rupture.

    Source : http://travail-emploi.gouv.fr/droit-du-travail/rupture-de-contrats/article/la-rupture-conventionnelle-du-contrat-de-travail-a-duree-indeterminee

    C’est une maigre information qui ne peut pas contrer tout les abus mais c’est mieux que rien.

    Bon courage à vous, vous valez mieux que ça bill-adama.

    1. En fait, les noms d’auteur des articles tel que « bill-adama », ne sont pas les auteurs ; ce sont juste les personnes qui ont édité les témoignages, mis en ligne 🙂 Je profite de ce commentaire pour remercier tous les commentateurs de leur solidarité envers les internautes qui nous ont confiés leurs histoires.

  4. Bonjour, plusieurs indications. La lettre de licenciement doit reprendre les griefs exposés lors de l’entretien préalable. L’employeur ne peut pas baser le licenciement sur des faits non évoqués au cours de l’entretien.
    La surveillance des salariés par vidéo doit être conforme aux normes fixées par la CNIL. La salariée doit être avertie de la mise en place de ce système de surveillance qui doit être lui même déclaré à cette commission.
    Le harcèlement est une pratique courante, malheureusement. Pour pouvoir s’en défendre, je conseille à chaque fois aux salariés de donner suite, par courrier recommandé, à chaque remarque désobligeante, à chaque parole déplacée. Peu à peu le dossier s’étoffe et il peut être présenté aux prud’hommes pour du harcèlement.
    Nous avons des droits, fixés par le code du travail et il ne sert à rien de baisser les bras.

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