Le mouvement contre la loi Travail connait ses premières interventions policières. Témoignages.

Le 17 Mars au matin, plusieurs universités n’ont pas ouvert leurs portes : Tolbiac (Paris 1), Lyon 2 ou encore Bordeaux Victoire. Ces fermetures administratives ont été décidées par les présidents de ces universités (plus d’informations). Ne pouvant accéder au site de Tolbiac, les étudiants ont décidé de rejoindre le site principal de Paris (la Sorbonne).

Les choses se sont accélérées après la manifestation de l’après-midi du côté de Tolbiac. Ainsi, vers 17h30, une trentaine de personnes s’étaient réunies dans un amphi de la rue de Tolbiac, alors fermée administrativement (plus d’informations). A 18h, une intervention policière est lancée pour évacuer les personnes présentes dans l’amphi. Plusieurs journalistes ont assisté ou relaté cette évacuation, racontant un climat difficile et parfois violent :

Nous avons reçu plusieurs témoignages d’étudiants qui étaient sur place jeudi soir, ansi que des vidéos. Nous les avons ressemblé dans cet article.

Hugo :

« Je fais rarement ça mais la j’ai envie que tout le monde sache. Que tout le monde sache qu’après la calme et pacifique manifestation de cette après midi, les CRS, largement supérieur en nombre, ont martyrisé des étudiants qui voulaient juste faire une AG, tout à l’heure, à Tolbiac, vers 18h. Faire une AG n’est pas synonyme de vandalisme ou de quoi que ce soit de nocif, faire une AG, c’est parler, discuter d’affaires sociales et politiques qui nous concernent tous de près ou de loin. Aujourd’hui cette AG aurait concerné cette fameuse loi  » Travaille ! « . Les forces de l’ordre ont gazé et matraqué à tout va après avoir parqué dans des NAS. Si personnellement je peux être maintenant chez moi à écrire ce message, plus ou moins valide, d’autres camarades sont actuellement à l’hopital, d’autres encore en Garde à Vue. Encore une fois, je le répète, parce qu’ils voulaient faire une AG dans une fac. Je veux dire ce que j’ai vu, j’ai vu, j’ai vécu les forces de « l’ordre » se mettre à plusieurs sur des jeunes qu’ils avaient isolés, j’ai vu des visages ensanglantés, j’ai vu la répression contre la pensée, contre la résistance sociale de jeunes pacifiques et instruits. Je suis choqué, blessé et plus que jamais révolté. Instruisez vous, allez chercher les informations, et que vive la révolution. ».

Mickaël, étudiant à Paris 1 :

Alors que la manifestation s’était terminée dans le calme Place d’Italie, à 17h30 près de 200 étudiants ont fait le choix de se retrouver devant le centre Tolbiac de l’Université Paris 1 pour se réunir et débattre des luttes des chômeurs, étudiants, salariés du privé, fonctionnaires . L’accès au centre nous a été refusé, ce dernier ayant été fermé la veille par la direction de l’Université alors qu’elle avait plus tôt dans la journée demandé le report des exercices oraux et écrits et la non comptabilisation des absences. Nous avions prévu de nous réunir en Assemblée générale dans la matinée. Coïncidence ?

Certains d’entre-nous avons décidé d’occuper temporairement un amphithéâtre. Reprendre notre fac fermée arbitrairement, est-ce illégitime ? C’est alors que tout a commencé. J’ai personnellement vu la facilité avec laquelle les étudiants sont rentrés dans l’Amphi N, dont la porte avait été laissée ouverte, tout comme celle du parking. A aucun moment nous avons été empêchés de pénétrer dans les lieux. Plusieurs centaines de CRS, une cinquante de membres de la BAC, plus de 50 camions pour quoi ? Pour déloger moins de 100 personnes.

Aujourd’hui c’est un sentiment de dégoût et de honte qui m’anime. Envers les forces de l’ordre présentes bien entendu. Celles-ci ont violenté les personnes présentes à l’intérieur du site comme à l’extérieur, les passants compris. Je les ai vus faire usage de gaz lacrymogènes et de coups de matraques sur la tête de personnes au sol. Une jeune a dû être prise en charge par les secours.

Mais un sentiment de dégout et de honte, d’abord et avant tout envers le Président de mon université. Celui-ci est le premier responsable. Responsable en ayant provoqué ces tensions par la fermeture administrative, alors que permettre la tenue de la réunion aurait évité cette situation. Responsable en ayant autorisé l’intervention totalement disproportionnée de la police.

Aujourd’hui, avec mes amis qui avons vu ces scènes nous sommes vivement choqués. Certains sont traumatisés. Nous garderons en tête pour longtemps ce qui s’est passé sur Tolbiac ce soir du 17 mars.

Décidément, on vaut mieux que ça !

Du côté de Strasbourg, c’est la manifestation qui a connu une fin mouvementée.Valentine nous raconte la fin de la manifestation où elle était présente :

« Vers la fin de la manifestation, le cortège de manifestants s’est dirigé vers la faculté de Droit car un amphi l’attendait pour un Assemblée Générale prévue et approuvée par l’université. Sauf que les policiers ont bloqués l’accès au bâtiment à tous les manifestants, et on même fini par appeler du « renfort » (alors que la manifestation était pacifique, aucun casseur, aucune provocation de la part des manifestants, rien). Sur la vidéo, vous pourrez voir les CRS arriver devant les portes puis charger et frapper les manifestants, qui n’ont pourtant absolument rien fait qui puisse justifier ce genre d’événement. La vidéo montre clairement qui a frappé le premier. Suite à cela, il y a eu plusieurs blessés graves (dont une jeune lycéenne), évacués grâce à d’autres manifestants car trop sonnés pour marcher. Leur visage était couvert de sang. La presse (et en particulier le figaro) a déclaré qu’il s’agissait de « blessures légères », c’est faux. J’y étais. J’ai vu de mes yeux les gens évacuer, dont un gravement touché à l’œil. »

Fanny et Gull pour le Collectif On Vaut Mieux que ça.

Photo à la une: Martin Colombet, pr Libé.

17 thoughts on “Le mouvement contre la loi Travail connait ses premières interventions policières. Témoignages.

  1. Eux nous prennent le temps qu’on mérite de partager avec nôtre famille peut être qu’un jour nous aurons le droit de tuer , si des gens pauvres que nous sommes , précaire , si ont était pas là pour travailler les RICHE crèverait de FAIM, ont ait fatiguer . il y a un problème à ce que je dit ? cette bande d’imbécile qui dirige cette bande d’aveugle.

  2. En lisant, et voyant ce qui se passe actuellement, autre part que là où j’habite, j’en suis révolté, plus que jamais ! Continuer comme ça , car ces avec ce genre de témoignages que l’on fera renverser cet république oligarchique. Parce-que oui On Vaut Mieux Que Ca

  3. Je ne veux pas polémiquer, mais ce qu’on remarque surtout, concernant la vidéo de strasbourg, ce n’est pas tant la violence des CRS mais surtout celles des RG, habillés en civil, et usant de matraque telescopique… Petite précision nécessaire sachant que ces charmantes personnes sont généralement chargés d’infiltrer et repérer les meneurs des mouvements, dans un but touuuuujouuuurs agréable.

    1. C’est pas les RG (qui n’existe plus d’ailleurs), mais juste la Bac ou des fonctionnaires en civils plus généralement. D’ailleurs les RG (et les renseignement territoriaux aujourd’hui) ne font que du renseignement, tu les verra pas avec des matraques : c’est des « intellos ».

  4. On a même plus le droit de se réunir, ce serait dangereux, on risquerait d’avoir des idées constructives et intelligentes, voyons…
    Merci à tous les jeunes courageux délogés de cet amphithéâtre qui ont affronté l’obscurantisme armé, on vous soutient de tout coeur !

  5. Des innocents le visage en sang, battu par des personnes censé les protéger. Vive la France.
    Quand c’est pour casser des jeunes ça y’a du monde.

  6. Bordel mais c’est ça la France ?!
    Frapper des jeunes innocent qui veulent se réunir pour discuter et faire avancer les choses…
    Je sais plus quoi en penser c’est chaud là…

  7. Strasbourg je sais pas ce qu’il s’est passé je connais pas.
    Mais pour Tolbiac, l’autre versant de l’histoire c’est que les pacifistes ont cassé les portes de la fac (fermée) pour rentrer, détruit une partie du matériel de l’amphi et vidé des extincteurs sur les CRS…

    1. Sauf que l’Amphithéâtre était ouvert et la porte du parking aussi. Le seul truc qui a été « cassé » c’est un barreau de la grille, mais en fait il l’était déjà et il a juste été décroché. Drôle de sécurité. Et aussi un extincteur et quelques tags, c’est rien par rapport à la violence inouïe que la direction de la fac a exercé sur ses propres étudiants.

  8. On sera avec vous le 24, lâchez pas. Et pour bien faire il faudrait mettre les retraités (beaucoup sont investis) et les handicapés (j’en ai vu un le 9, aveugle, forcément accompagné de quelqu’un à la manif), devant. Mais tout ce monde se mettrait devant vous, ils oseraient peut-être moins cogner, parce que les plus fragiles ? Ils oseraient quand même ? Bien qu’ils se méfient, un mort ou un blessé grave fait mauvais effet auprès de l’opinion publique. Dunia je réponds aussi, on n’a entendu nulle part de source sérieuse parler de casser des portes (certaines par où ils sont entrés étaient ouvertes lit-on), ni d’extincteurs vidés, par contre de coups de matraque, de flashballs, de lacrymos, même sur des passants qui n’avaient que le tort d’être là, de jeunes en sang, oui. Le reste même si on imaginait que ce soit exact, ne justifie en aucun cas cette violence en retour. Dans toute affaire de ce genre, la réponse de la police doit toujours être strictement proportionnée aux faits d’origine. Si on envoyait des coups de matraque à tous ceux qui vident un extincteur, certains gamins de ma résidence auraient déjà été tabassés.

  9. Bonjour à tous,

    Soutient envers les blessés, les personnes en garde à vue, et le traumatisme que peut créer une attaque policière, des gens qui de plus rêvent seulement d’un monde meilleur, mais c’est quoi ce monde qui bayonne, musèle et met en taule des jeunes qui rêvent trop fort pour eux. Courage à vous.

    Voila encore une preuve que nous ne combattons pas seulement un gouvernement de droite ou de gauche mais un système tout entier qui par le copinage s’étend au monde entier.

    Ce qui me fait peur un peu c’est quand je pense à un slogan, moins d’école, plus de prison est souvent le signe d’un état se préparant à une guerre civile.

    Restons unis, acceptons nos différence, car nous ne sommes pas ennemies les uns des autres, nous aspirons tous au bonheur, quand un système ne respecte pas cela, il est alors illégitime.

    Reconstruisons tout sur de bonne base, le déclic de masse tant attendu viendra, que personne n’est peur pour ses idées, personne ne vaut plus qu’un autre.

    Ils ont le chiffre, on a le nombre et ils le savent. Toutes les dernières lois de sécurités n’ont pas été faites pour la lutte anti terroriste ou autre, mais pour ce protéger du peuple qui n’accepte plus ce système même si peu de gens osait le dire bien haut jusqu’ici.
    Le gouvernement se prépare avec ses nouvelles lois justement au risque de soulèvement des masses, en attendant il sauve les meubles comme il peut, pendant que tous les grands riches s’empiffrent et font des réserves au cas ou le soulèvement arriverait.

    La différence entre un système comme cela et une mafia est seulement son caractère légale. Moins d’éducation, plus d’armement, nous savons tous ou cela nous conduit.

    Organisons nous à coté, car on ne bousille pas le système en le détruisant mais en construisons d’autre chose à coté qui pourrait prendre de l’ampleur. Par exemple, un groupe de gens pourraient s’organiser pour vivre au maximum en auto gestion, en prenant les décisions ensemble, en troquant suite à quoi par effet boule de neige d’autres gens pourraient s’y associer et ainsi de suite afin d’inverser progressivement les choses vers un territoire libre de toutes dominations.

    « Tout à toujours commencé par un rêve »
     » Quand un homme rêve tout seul, c’est une utopie. Quand plusieurs hommes se mettent à rêver ensemble c’est le début d’une réalité ».

    Qu’attendons nous pour rêver tous ensemble. Peut importe l’issue, mieux vaut être un rat dans un mur qu’un rat dans une cage. Puis on apprendra de nos erreurs, on discutera et on y arrivera.

    Salutations révolutionaires.

  10. Ils sont pas lourds, en février, à se souvenir de Charonne, des matraqueurs assermentés qui fignolèrent leur besogne
    La France est un pays de Flic, à tout les coins de rue y’en a cent, pour faire régner l’ordre public, ils assassinent impunément ….

  11. Ayant été étudiant en 2006 (CPE), j’avais bien gardé le souvenir à l’époque, que les CRS (gendarmerie), et les RG en civil n’étaient pas les plus violents (la preuve, on discutait avec eux, et j’avais même pris un verre avec un en boîte de nuit, un an après par hasard) ; en revanche, la BAC et la police étaient nettement moins tendres…

    Ceci dit, plus le système déclinera, plus il sera en proie à la violence. On revient petit à petit au début du XXème siècle, et à la république bourgeoise.

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