Être aidant et ne pas être aidé

En 2012 je commence à travailler en tant qu’autoentrepreneur dans le conseil en informatique et la formation de programmeur. En même temps je m’occupe de ma mère qui avait déjà cette année-là 85 ans. En 2015, c’est l’année série noire pour sa santé, hospitalisée 4 fois suite à 5 AIT (Accidents Ischémiques Transitoires) une sorte de mini AVC. En Septembre dernier, elle est diagnostiqué également de la maladie d’Alzheimer. Dès l’issue de son hospitalisation du mois d’aout j’essaye de mettre en place avec le conseil général de la Savoie, le nécessaire pour assurer sa sécurité sanitaire et de me permettre de continuer mon travail que j’ai réduit à, à peine quelques jours de travail tous les mois et demi. Le conseil général ne bouge pas son pouce jusqu’au 7 septembre 2015, où il envoie une assistante sociale faire une évaluation. L’évaluation est totalement bâclée, cette assistante sociale ne veut même pas regarder les comptes rendus neurologiques ni ceux du médecin traitant, ni ceux du neuropsychiatre, sur 17 questions elle n’en adresse que 9 omettant les plus importantes, et après un long moment la commission des ronds de cuir de ce service de l’état rend une décision qui maintient ma mère dans la même groupe de classification ou elle était avant tous ces accidents, le GIR 4.

 

J’essaye de contacter d’urgence le préfet, les chefs de service de cette assistante sociale, mais le corporatisme protecteur des siens et de ses incompétences se mets en route pour me signifier une fin de non-recevoir sur toutes mes démarches. Je risque de perdre complètement mon emploi, car il est hors de question de laisser ma mère seule face aux risque de ces accidents à répétition, et de ces fréquentes pertes de connaissances. Je contact le délégué du défenseur des droits, j’engage un avocat, je me vois obliger de faire un recours contre leur décision, toute une procédure qui va me couter très cher, a plus d’un niveau. C’est fin octobre seulement qu’un médecin expert est désigné et envoyé pour examiner ma mère. Il l’examine et lui pose quelques question en à peine 10 min (on se demande ce que vaut se genre d’expertise), et c’est seulement à la mi-janvier que la commission de ce service du Conseil Départementale revient sur sa décision et classe ma mère en GIR3. Entre temps, c’est à dire entre Septembre et Janvier, plus exactement fin Octobre, je perd mon emploi, après avoir dû refuser clients après clients, et que rien n’ait pu être mis en place, je jette l’éponge, et je décide d’assurer moi-même tous les soins auprès de ma mère, et ce 7j/7 et 24h/24. Deux fois par semaine elle reçoit la visite d’une charmante dame qui vient lui faire prendre un bain, pendant 1 heures, et je profite de ces moments pour aller faire les courses de la semaine et ne pas laisser ma mère toute seule.

Depuis le mois d’octobre 2015 j’ai 0 euros de revenu, toujours pas de RSA, je ne peux même pas compléter mon dossier de demande de RSA car je suis encore en attente du morceau de papier que le RSI doit me remettre attestant de la cessation d’activité de mon autoentreprise. J’ai essayé de contacter le RSI, les services sociaux, la Caf, le conseil départemental, et tous se renvoient la balle sans que qui que ce soit n’aboutissent à aucune une solution effective.

Tout ce qu’on me dit, c’est vous devriez recevoir une aide psychologique, vous ne devriez pas vous sacrifiez totalement auprès de votre mère, il faut penser à vous, etc… Mais rien ni de concret, ni d’efficace.

Pour manger et vivre il nous reste de la retraite de ma mère après nos charge fixes payées entre 120-160 euros pour nous nourrir. Mon activité d’entrepreneur soutenait tous les besoins non couvert par les assurances pour ma mère, tout cela est devenu inaccessible pour nous.

En 1992 nous avions souscrit une assurance dépendance prévoyance, eux aussi je les ai contacté dès le mois d’aout, et ils ont jusqu’ici fait tout de leur coté pour éviter d’honorer leur contrat, lequel nous continuons de payer tous les mois. Leur évaluation faite par un médecin ‘expert’, un autre de ces experts, s’est aussi passée en 15 min à faire quelques blagues avec ma mère, et ces conclusions on conduit l’assurance a déterminer que ma mère n’était pas suffisamment en incapacité ou dépendante pour avoir accès à ce qu’elle a financé pendant plus de 23 années sans le moindre défaut de paiement. J’ai contesté leur décisions à plusieurs reprises. Il mettent des mois à répondre et joue contre la montre, en remettant toujours une fin de non recevabilité. Ma mère a aujourd’hui 89 ans, et le jour où elle ne sera plus de ce monde ils auront gagné car à ce moment-là nous n’aurons plus besoin de cette aide du tout. Cette entreprise d’assurance est un immense groupe qui fonctionne comme un état dans l’état, en toute impunité. Il est impossible de joindre au téléphone ou autrement aucun de ces responsables. Le pare-feu entre cette entreprise et les clients est des plus efficaces.

 

Le gouvernement et le ministère de la Santé fait la pub de tout un tas de politiques soit disant déjà voté et en application, mais dans la pratique nous faisons face un système qui n’est que déclaratif. Quand vous essayer de vous faire aider, il n’y a rien. Si en plus on s’attaque aux peu de droits acquis par les travailleurs ou les salariés en plus d’un siècle de luttes ou personnes n’était prêt à leur faire des cadeaux, il est plus que clair qu’on vaut mieux que ça. Nous sommes le 07 mars 2016 et je ne vois toujours pas la moindre lueur d’espoir dans ce tunnel ou je suis le seul a assumer toutes les charges et toutes les responsabilités.

 

C’est pour cette raison que je témoigne, sachant très bien que je ne suis pas le plus à plaindre. Ma mère et moi avons un toit au-dessus de nos têtes. Mais nous sommes une multitude d’homme, de femmes, de jeunes hommes et de jeunes femmes dans des situations soit très précaires, soit dans une relation abusive basée sur notre dépendance totale aux salaires pour notre survie et la survie de nos familles. Quand nos disons ‘On Vaut mieux que ça’, on soulève la question centrale de ‘Valeur’, et là il est question de ‘NOTRE’ valeur, ‘ON’ c’est NOUS. Nous ce sont tous les hommes et les femmes, jeunes ou vieux. C’est cette même ‘valeur’ que les gouvernements et la plupart des partis politiques négliges ou réduisent à des valeurs financières gravitant autour d’un SMIC trop cher pour eux ou d’aides sociales que certains estiment trop ‘couteuses’. Or notre ‘valeur’ n’est pas financière, elle ne peut être réduite au cout du travail, ni à celui des couts de licenciement, ni a aucun autre des aspects pécuniaires. Notre ‘valeur’ elle est humaine, et en tant que telle, elle nous mets sur un pied d’égalité avec tous les autres humains, notre valeur humaine est donc au-dessus de tout autre cadre de valorisation. Or le système mondial, basé sur l’économie libérale, c’est aussi le système français, place le capital et les marches financiers au-dessus de tout le reste. Ils sont érigés en véritable entités, on parle de ‘santé de la bourse, des marchés financiers, du système économique’, on anthropomorphise toute la terminologie qui s’y rapporte, afin d’assurer même de façon subliminale, leur matérialité, et leur prééminence sur les autres systèmes. Et ce faisant, l’humain, l’homme, le créateur et le producteur des richesses sur lesquels se base toutes la spéculation financière, devient juste un petit maillon, réduit à une étiquette de ‘salarié’, ‘travailleur’, ’employé’, ‘client’, ‘consommateur’, etc… et des que cette labélisation de l’humain est faite sa valeur réelle disparait dans l’abstrait, et devient un paramètre relatif qui ne mérite une juste considération au sein de cette construction de l’esprit qu’est le système économique, ou du moins que très accessoirement.

Aussi quand jeunes et vieux se lèvent et vont sur le web ou par quelques moyens que ce soient crier qu’ils valent tous mieux que ça, c’est un cri de désespoir pour dire haut et fort la vérité, celle qui devrait voir l’humain réintégrer au sein même de notre système politico-économico-libéralo-socialo-écologique. Pas l’intégré juste pour le citer au détour d’un paragraphe, c’est le remettre au centre même de ce système qui devrait être destine à assurer le bien-être de tous les humains.C’est parce qu’il n’est au centre de ce système qu’il faut des lois, des batailles syndicales, des grèves, des conflits entre nations, des conflits entre peuples, pour grignoter millimètre par millimètre plus de droits, droits palliatifs de notre incapacité à voir notre ‘valeur’ tel qu’elle l’est vraiment.

 

2 thoughts on “Être aidant et ne pas être aidé

  1. Le grand âge est un défi qu’il va bien falloir mettre sur la table à moment donné (papy boom oblige). Et aucun financement en vue… ah si, des assurances privés… or on connait tous le but premier d’une compagnie d’assurance…

  2. Vous avez vraiment beaucoup de courage pour vous occuper de votre mère malgré toutes ses difficultés; je vous souhaite que votre situation s’améliore.

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