Plutôt que de me laisser marcher sur les pieds, j’ai réagi et protesté contre les moqueries incessantes.

J’ai déjà eu plusieurs mauvaises expériences au travail, mais je vais me concentrer sur la plus récente, et surtout, celle qui a été la plus pathétique et la plus parlante.

Je travaillais dans une administration publique dans un bureau de 10 personnes plus un chef, qui se sont dès le début de l’année mises sur mon dos. Plutôt que de me laisser marcher sur les pieds, j’ai réagi et protesté contre les moqueries incessantes. Le chef a essayé de délier ça, sans grands résultats. Puis ne m’étant pas laissé faire, les collègues allaient se plaindre pour tout et n’importe quoi à propos de moi au chef. Finalement, il a fini par se laisser influencer, et vu que j’étais le seul à faire des pauses cigarettes, il a voulu me les interdire sous prétexte de « bon fonctionnement du service », c’est à dire que de temps en temps mon collègue n’ai pas à répondre au téléphone pendant que je fume…

Encore une fois je ne me laisse pas faire, et indique que la pause de 10 minutes par jour est un droit dans la fonction publique. C’est ainsi qu’il s’est mis à me surveiller et m’a fait un rapport dès qu’une fois par mégarde je suis sorti un peu plus longtemps que d’habitude, pour m’aérer l’esprit de cette ambiance de merde.

Suivant ce rapport, je suis convoqué chez le grand chef de service, a qui j’indique que je suis travailleur handicapé (problèmes psy) et que je suis incapable de rester assis toute une journée sur ma chaise sans bouger. Plutôt que d’accepter mes demandes, il me dit qu’il ne veut pas avoir à me « gérer » (ce sont ses mots), et me propose la mutation à la fin de l’année, que j’ai obtenue car :

1) je suis dans fonction publique, et beaucoup n’ont pas cette chance…
2) je suis travailleur handicapé, sinon il y avait peu de chance que je puisse bouger…

Bien entendu, la pression s’est accentuée sur moi jusqu’à ce que je parte, en m’attaquant sur la qualité de mon travail notamment, traquant la moindre erreur pour pouvoir se débarrasser de moi plutôt que d’attendre gentiment que je sois muté. Par protection, j’ai passé le reste du temps en arrêt de travail, car je recommençais à me sentir mal psychiquement à cause de cette pression constante au travail. Si j’étais resté, j’aurais sûrement été poussé à la faute et aurait pu éventuellement passer en conseil de discipline, qui peut amener au licenciement, ce qui signifie votre arrêt de mort quand vous êtes fonctionnaire…

Cet anecdote prouve que nous avons encore, à certains endroits, des droits, et que ces droits avec la loi El Khonnerie (oui je l’écrit comme ça exprès), on veut nous les enlever!! Un jour, si cela continue comme ça, quelqu’un sera dans la même situation que j’ai été et n’aura pas ma chance, comme cela arrive déjà chaque jour aujourd’hui, cela va se généraliser de plus en plus. La loi travail c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Ma compagne enchaîne CDD et périodes de chômage depuis 2008, et je me dis que déjà j’ai bien de la chance d’être dans la fonction publique, alors que franchement, vous l’avez vu, c’est déjà loin du paradis et si on ne fait rien la fonction publique finira par ressembler trait pour trait au privé….

Travailleur public, je me sens néanmoins très très concerné par cette loi, et par la situation politique catastrophique en général. L’appel au 9 mars est une chance, et j’espère qu’il pourra déboucher sur un grand élan populaire type Podemos. Pour ma part, si je peux faire grève, j’irai!

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