On m’a menacé plusieurs fois de licenciement

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de ma situation, comme tant d’autres. La mienne, celle de ma sœur et de certaines de mes amies.

J’ai vu l’une de mes amies d’enfance – infirmière – revenir de congé maternité et entendre « non tes congés sont de 32 jours mais comme on est à la fin de l’année, tu peux pas les prendre. Tant pis ! » et non, ils ne les lui ont pas payés…
J’ai vu une collègue lutter 3 mois avec mon ancienne patronne pour qu’elle soit payée quelques heures supplémentaires.
Je vois, encore aujourd’hui, ma petite sœur – pâtissière de 21 ans dans une boutique dans l’Île de France – fait des semaines à plus de 50h sans toucher ses heures supplémentaires.

Et dans ma situation… Je suis entrée dans une petite boîte de télésecrétariat l’année passée. 3 employées (dont moi), la patronne, une toute petite boîte. Indépendamment du fait que je n’ai pas pris mes pauses pendant un an, que mon planning était susceptible de changer d’une semaine à l’autre. « Désolée maman, je sais qu’on est vendredi mais finalement demain je bosse… Non elle vient de m’appeler ».
Ou recevoir un texto à 18h30 un dimanche pour les horaires du lendemain… Je ne prévoyais plus rien. Tout ça parce que « non mais déjà que tu as de la chance d’avoir un CDI »…

Je vivais dans une ambiance de compétition. On m’a menacé plusieurs fois de licenciement car « ce n’est pas normal d’avoir tant de temps de retard ». Temps de 45 sec donc.
Je ne coupais plus mon téléphone pour être joignable, au besoin. Je me suis mise à rêver de mes clients, à entendre la sonnerie de téléphone même dans le silence total. Je suis devenue folle.

Secrétaire médicale sur plateforme… Encore que, une nouvelle fois, l’entreprise était de petite taille donc pas trop d’appels. Mais c’est atroce. 25 docteurs potentiels, chacun leur façon de faire, tu n’as pas le droit à l’erreur, tu « peux tuer quelqu’un ». Merci de la pression…
Et par jour, c’est 300-400 voir 500 voix différentes que tu entends. C’est possiblement les cris de bébés derrière, les bruits de circulation, de voiture, de métro. C’est un portable qui ne capte pas.

Ma situation est telle que je suis tombée en dépression. Voulant quitter l’entreprise « correctement », j’ai discuté longuement avec ma patronne et elle en vient à me dire qu’elle parlera de rupture conventionnelle avec son comptable et qu’elle verra pour que ça se fasse bien. C’était un vendredi. Le lundi suivant elle m’annonce, tout sourire, que : « Alors la rupture conventionnelle coûte plus cher que ce que je pensais. Mais je ne vous retiens pas. Si vous voulez partir, il vous reste la démission ». Ah.

Donc, sur les conseils de mon médecin traitant, je suis allée voir la médecine du travail. Heureusement le médecin vu a été compréhensif et a fini par me mettre en inaptitude définitive.
Sinon je pense que j’aurais risqué une faute grave. Je suis dans une situation ne me permettant pas de refuser mon chômage

Autrement, on m’a refusé des postes parce que j’étais une femme, d’autres parce que j’étais d’origine asiatique.

Je terminerais avec un de mes premiers entretiens. J’ai alors 20 ans, je viens d’avoir mon diplôme et je postule à un poste de serveuse.
Après les questions de bases et mises en situation, le recruteur en vient à me dire : « Autant être franc avec vous Mademoiselle, je ne vous prendrais pas comme serveuse. Mais en extra, je peux voir pour une secrétaire personnelle… »
J’ai refusé poliment et ai quitté les lieux après le « non mais je te demande pas grand chose. Si tu te sers pas de ton corps, t’es venue pour quoi ? ».

Voilà…
Je te souhaite bon courage à toi qui lira ceci.

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