Nous étions la « jeune génération » d’après-guerre

Je dirais d’entrée de jeu que « rien n’a changé sous le soleil »… ou plutôt, devrais-je préciser, « rien de positif » !… car pour ce qui est des problèmes vécus au quotidien par les salariés, ils sont toujours présents… je peux en témoigner avec derrière moi plus de 40 années de travail dans le milieu bancaire
Titulaire d’un « master » de Droit dans les années 60, le marché du Travail nous était ouvert… Nous étions la « jeune génération » d’après-guerre, diplômés de surcroit, qui devait remplacer les « vieux croûtons » en place !…
Vous allez me dire : « période bénie où l’on trouvait du travail facilement »… Exact !… sauf que nous rentrions dans la vie professionnelle sans savoir ce qu’elle était… sans stage et surtout sans « service de formation » au sein de l’entreprise..
A la banque, ils étaient assez fiers de se « payer » (très mal déjà à l’époque) un « universitaire » et la preuve, c’est que pendant les 3 premiers mois on m’a fait « décarbonner » des listings (enlever le carbone entre les duplicatas)…
Certes, en 40 ans, j’ai fait ma carrière… et seul… face à une Direction qui vous stimulait par la menace… Au début : vous êtes trop jeune pour être pris au sérieux… vers 40 ans on se demande ce que vous faîtes encore ici…. et à 50 ans… n’en parlons plus !… vous êtes dans le placard et on vous dit clairement que l’on peut vous mettre à la porte pour le motif facile (réservé aux cadres) : « manque de confiance de la Direction »… Pour moi (c’est marrant d’ailleurs) on m’a proposé (imposer devrais-je dire) le poste de « responsable de contentieux » à l’âge de 52 ans (j’ai bossé jusqu’à 65 ans)… merveilleux me direz-vous !… sauf que cela m’a valu une augmentation peanuts et comme encouragement : encore des menaces « attention si ça ne marche pas comme on l’entend » !
Certes à mon époque, les contrats CDD n’existaient pas… Il y avait cette sorte de stabilité (sous les réserves exposées ci-dessus) qui permettait de se projeter dans la vie de l’entreprise…
Par contre… hier comme aujourd’hui.. vous avez toujours le hiérarchique qui est (peut-être) un bon technicien, mais incapable d’être un chef !… Une grande solitude face à des problèmes qui relèveraient normalement de lui… Ne pas être épaulé, est la pire des choses…
J’ai toujours considéré que le diplôme obtenu (quel qu’il soit) n’est qu’une base, une clé et nous devons tous les jours apprendre par nous-mêmes les évolutions de la Société… de l’auto-formation permanente…
Je pense aussi que nous sommes à une époque où l’insécurité est surtout économique.. La « mobilité » est peut-être une solution bénéfique pour trouver un job qui nous correspond !…mais cela suppose la maîtrise des langues étrangères (anglais principalement) et l’envie de s’expatrier !… Pourquoi en pas aller voir ailleurs si on le peut !…
Restera que l’insécurité du maintien de son emploi dans le temps sera toujours d’actualité.. Un employeur regarde les « chiffres » et beaucoup moins les « Hommes » !
#OnVautMieuxQueça

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