Le rythme infernal d’un aide-soignant

«Nous avions environ 1/4 d’heure par patient pour la toilette le matin, cela était dément, 1/4 d’heure pour laver une personne grabataire, autant vous dire qu’on n’avait pas le temps de faire de l’humain»

À 18 ans, je venais d’être fraîchement diplômé du BEP Carrières Sanitaires et sociales. J’ai postulé dans un établissement public pour personnes âgées à Besançon. J’ai été pris en tant que contractuel pour faire un boulot d’aide-soignant mais avec le salaire d’un ASH (agent de service hospitalier), moins cher.

Il y a eu des mois ou je travaillais 6 jours sur 7, j’ai même été réquisitionné de nombreuses fois sur mes jours de repos par manque de personnel. L’établissement pour lequel je travaillais était en service minimum toute l’année par manque de postes. Très souvent, mes jours de repos j’en passais une bonne partie au lit tant j’avais mal au dos à force de soulever des patient-e-s. Nous avions environ 1/4 d’heure par patient pour la toilette le matin, cela était dément, 1/4 d’heure pour laver une personne grabataire, autant vous dire qu’on n’avait pas le temps de faire de l’humain. Or c’était précisément pour cela que je voulais faire ce métier. Très souvent à 12h30, alors que le repas était déjà servi depuis 30 minutes, nous étions encore en train de faire des toilettes, débordant de nos heures de travail. Heures supplémentaires jamais enregistrées ni payées. Ce travail a occasionné chez moi le développement d’un grand stress, de brulures d’estomacs puis la dépression. Cette aventure s’est achevée le jour où j’ai eu le « malheur » de me casser la cheville, double fracture de la malléole. Après un mois d’arrêt de travail, j’ai reçu un courrier de la DRH qui me disait que suite à un grand absentéisme de ma part, ils se passaient de mes services. #OnVautMieuxQueÇa

 

De James

14 thoughts on “Le rythme infernal d’un aide-soignant

  1. Aujourd’hui, c’est pareil! entre l’ARS et une direction, qui prétendent que l’on peut faire une toilette en 1/4 d’heure, s’occuper de 20 personnes à vous toute seule chaque matin de travail, et que si vous n’arrivez pas à l’heure du déjeuner en ayant fait toutes les toilettes on vous dit que vous êtes mal organisé; ou bien que vous traînez, que vous n’êtes pas fait pour ce métier.
    les aides-soignants sont usés, tombent malade ou se blessent facilement… ils quittent l’atablissement pur un ailleurs meilleurs, mais ce turn-over ne fait poser aucune question à la direction et aux autorités de l’état!
    alors qu’un établissement bien servi en personnel, s’usent moins et coutent moins cher à l’établissement et à la CPAM, ET la chose plus importante : les patients, résidents et usagers seront mieux traités et mieux portant. de vouloir faire des économies et du rendement sur l’humain, ça laisse de l’humain sur le carreau. mais c’est vrai que l’humain lambda, est corvéable à merci et surtout ramplaçable! un aide-soignant qui meurt avant l’âge de la retraite, c’est une retraite de gagner, si minime soit-elle!
    qu’ils fassent notre boulot avant de décider quoique ce soit, ou bien qu’ils nous écoutent, ils en feraient des économies!!!

    1. Notre métier est le plus beau et le plus noble que l’on puisse imaginer. Mais, malheureusement, des directions qui n’ont qu’en tête la rentabilité et des ARS qui ne voient que par des statistiques ruinent toutes les bonnes volontés et les idéaux des AS. Nous ne faisons pas ce métier pour l’argent (ça se serrait) mais pour se lever le matin et savoir que l’on va aider un patient ou un résident qui en aura besoin et, qui par un regard, un mot, nous donnera l’envie de continuer. Les ARS et les gouvernement sont complices de se système pervers qui nous culpabilise à s’arrêter lorsque l’on ne va pas bien alors, on tire sur la corde au maximum jusqu’à ce qu’elle lâche. Combien d’IDE, d’AS et d’ASH se retrouvent en PSY après avoir fait un burn out ! Alors que la solution est simple, il faut augmenter le nombre de personnel pour une meilleure prise en charge des patients et de meilleures conditions de travail. L’humanitude est un très beau mot mais faudrait il encore l’appliqué, pour certains ce mot a été remplacé par économie et rentabilité.

  2. Je me reconnais, 36 ans de bons et loyaux services dans le service public. De quoi être démotivé! de plus départ à la retraite de plus en plus loin…Travail en décalé, les weekends, les fériés…pas facile de prendre des vacances en période de vacances scolaire, voir en été (du 15 juin au 15 septembre!) et parfois seulement 15 jours! Passez ses jours de congés au lit cela peut être fréquent, pas d’arrêt maladie car culpabilité/collègues….j’en oublie….c’est pourtant un si beau métier, au plus proche de l’humain!

  3. Je crois que je suis une chanceuse. ….j ai travaillé pendant 22 ans dans un service de cancerologie où j ai ou me consacrer àmes patients et faire des soins comme je l avais aporis a l ecole…..bien sur parfois il faut prendre sur soi mais j ai tellement reçu d amour que leurs gestes leurs regards leur sourire à enlevaient ma fatigue….depuis deux ans après avoir déménagé je découvre la rééducation …..18 patients deux AS qui travaillent en binôme avec deux IDE…..service plus lourd physiquement mais qd je compare mon service à d autres je ne me plaints pas j ai le temps de baigner raser coiffer parfumer installer et surtout parler avec mes patients…….est ce le soleil de mon île qui rend la tache moins dur ou la passion qui reste intacte malgré le temps qui passe…..Je voulais témoigner car bcp de mes collègues je le sais travaillent ds des conditions pénibles ….alors malgré tout j espère que mon message aidera ces jeunes qui se destinent vers notre métier que je trouve si beau…..courage àtois

  4. En plus d’avoir des gros connards de chefs il faut savoir que dans le service public et le secteur du médico-social il y a un monstre qui a fait que j’arrête d’être éduc, la loi 2002-2…

  5. Oui, je suis partie à la retraite à 65 ans dégoûtée de ce métier parce que justement, on nous a retirer tout ce qui faisait que nous l’avions choisi ce métier d’aide soignante!
    A l’hôpital, dans le service hépato-gastro, ils ont décidé de se passer de la plupart des ASH et de nous faire faire le ménage des chambres, salle de bain et WC compris après nos toilettes!
    Inutile de vous dire que le côté humain était difficile à maintenir lors de nos toilettes. Il m’est arrivée de faire un choix entre le ménage ou le côté humain de la toilette que je faisais à un patient en fin de vie! Tant en me culpabilisant de n’avoir pas fait, le ménage de la chambre, comme il le faut! Je quitté le service, écœuré!

    1. Et oui ,pour le ménage j ai connu ,car Meme en étant de nuit il fallait le faire ce qui est aberrant et meme le bloc de CHIR cardiaque ,on appelait pour faire ce fameux ménage à 3h du mat car notre Service ORL était plus calme que les autres et puis nous étions juste en dessous ,bref j angoissais à chaque fois ,si bien que je suis partie en dépression et n ai pas pu réintégrer le Service tellement j étais malade ,avec hospitalisation en. dernier recours et perte de poids de 30kg…les collègues ne me reconnaissaient pas et m évitaient lorsqu ils me reconnaissaient .Oui ,j ai aime ce métier et à la retraite les patients me manquent ,mais ,nous ne sommes pas reconnus par la hiérarchie comme il le faudrait Bon Courage à tout ceux qui sont en activité et continuez d aimer ce métier malgré les difficultés …..

  6. Travailler 50h/semaine comme aide soignant en cdd, pour 2000 € par mois en incluant toutes les primes y compris la prime de précarité et les 10% pour les congés payés. Parfois la paie avait du retard. Je me souviens une fois il y avait l’ARS qui était là, normalement j’étais en repos un lundi car je travailler 6jours /7, la cadre qui vient me remercier d’être présent, avec les inspecteurs de l’ARS; je lui ai dis devant l’ARS, vous ne m’avez pas laissé le choix, c’est mon seul jour de repos et vous me faites faire du 7/7 pour cacher la misère devant l’ARS. Elle me regarde avec méchament, mon contrat se terminé dans deux jours, la délivrance était là. Je savais qu »elle ne me reconduira pas mon cdd surtout que j’avais quelques jours auparavant comme tout les autres cdd présent refusé un cdi.
    Maintenant je suis pizzaiolo en saisonnier a mon compte je boss 8mois dans l’année, et même en grosse saison je ne bosse pas plus de 35h/semaine. En revanche toujours mal au dos un an après avoir arrêter le boulot d’aide soignant.

  7. Je confirme..
    Et je peut rajouter milles exemple, en hôpital ou maison de retraite…. vite, vite, vite.. tans pis pour toi, tant pis pour les patients……
    Plus tu enchaines les personnes, plus tu t enchaines a ton métier !
    La tête dans le guidon, avec peu de temps pour la relever : un décès d une personne que tu suit depuis 10 ans que tu connais intimement, ses secrets sa famille.. et hop tu enchaines sans pouvoir en parler, Tu reçois des coups/insultes/crachats de malades mentaux ou de personnes qui ne supportent plus d être maltraites/baladés par le système inhumain! …et hop tu continues.. tu te fais rabaisser par ta chef ou une infirmière qui te dit que « tu n es bon qu’a laver des culs… », tu continues…. Envie d’aller au toilettes, tu oublies.. servir a manger a toute la maison de retraite sans que toi tu n as rien avaler depuis 6 h, pas grave (tu n as pas le temps de ta pause de 10h !), tu va attendre 14 h30 après la mise au toilettes et a la sieste ou activités… tes weekend, un planning prévisionnel, tu oublies.. des activités associative, ta vie de famille.. tu oublies !
    Mais tu oublies le sens de ton Métier, prendre soin de…. et avec, accompagner… et tu rentres la boule au ventre car la Madame X qui a eu un escarre (peau qui pourrie) , c est peut être une toilette/change que tu as négligé faute de temps, que la personne qui est morte seule c est faute de temps ou faute de temps pas de na pas avoir peu donner assez de nourriture adapté ou d hydratation… que la personne n a pas les médicaments adaptés car cela coute en présence d accueillir le médecin/ou en temps infirmier pour donner les médicaments… Que tu sais que tu n avais pas le temps de donner la seule douche du mois a madame Y qui était fatiguée…. que madame W ne marche/ ou ne mange plus seule plus, faute de temps de l aider a rester autonome !
    Tu te sens maltraitant de fait en voulant faire mieux, en donnant le plus possible…. tu te bats contre la maladie, la démence, la vieillesse, le système, tu te bats jusqu a être battu et rabattu dans ton corps et dans ta tête….
    Pourtant le métier est beau, la mission est noble…. Dans des conditions acceptables ! Dans certains endroits c est possible, mais ils se font de plus en plus rare !

    Mais on ne peux pas prendre soin des autres si on ne prends pas soin de nous…

    1. c est dans votre message que je me retrouve le plus …merci d avoir trouvé ces mots et courage à vous ,à nous tous et toutes
      Lydie AS en med gériatrique

  8. je suis A.S, et le pire c’est que c’est presque partout pareil et dans les rares ehpad où l’on respecte et les soignants et les soignés, les candidatures sont nombreuses et les places rares. j’ai pour ma part, comme beaucoup, vécu des situations similaires où je n’avais que 15 mn pour une toilette entre le moment où je rentre dans la chambre et où j’en sort et dans ce laps de temps c’est : toilette, rangement, lit à faire, etc…)…. du coup j’ai démissionné.

  9. et dans le médico social maintenant ça ne parle que de fric et de prix de journée au détriment de l’accompagnement des personnes accueillies: réduction des effectifs, remplacement par des stagiaires ou des personnes en formation.. des horaires incroyables, une direction qui ne connait rien à ce travail et, à venir, dans peu de temps la destruction des conventions collectives, en particulier la 66 .. vu que la 51 est déjà passée à la moulinette..

  10. Je compatis totalement ces expériences. je suis AMP (aide-médico psychologique). j’ai 25 ans et en tout j’ai travailler 6 mois. Ces 6 mois on suffit à me dégouter du travail, de l’être humain et ma rendue plus angoissée que jamais. j’aimais ce travail quand j’étais en formation, mais su le tas c’est différent. Les patients/résidents considérer juste comme des machines à fric, car maintenant la santé c’est devenue un bissness, le rendement il y a que ça qui compte. Donc si les patients sont mal mener (maltraité) par manque de temps les patron s’en foute. De nous les soignants aussi. On est remplaçable; ils savent que le monde se bouscule pour avoir du travail. Lors de mon dernier travail je n’avais même pas de tenue pour moi ( qui est obligatoire), car la cadre n’avait pas pis le temps d’en commander. Genre y’a des nouveau employé qui arrive et elle fait pas son boulot? Je devais marché pendant une demi heure car je n’avais pas le droit de me garer dans leur parking et ils étaient en centre ville. Mes collègues aller dire au cadre que je bossais mal car j’essayais d’être humaine avec les patients, certaines même me mettait des bâtons dans les roues. Je dégoûter de tout cela, mais vivant chez mes parents j’ai cette pression en plus, car ils comprenne pas. car la normalité c’est de travailler. Pour eux « ce n’est pas grave », cela va passer ou « c’est la vie ». Non la vie ce n’est pas de subir, depuis quand la vie c’est de de laisser détruire?

  11. il ne faut pas sous-estimer en effet que le personnel soignant est confronté à de nombreux risques professionnels, biologiques évidemment du fait de sa proximité avec des malades, mais aussi physiques, telles les lombalgies dues aux nombreuses manipulations … Des mesures de prévention doivent permettre de réduire notablement tous ces risques : La prévention des risques des soins : http://www.officiel-prevention.com/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-biologique/detail_dossier_CHSCT.php?rub=38&ssrub=129&dossid=242

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