Je culpabilisais de partir si tôt le soir et de ne pas pouvoir travailler correctement

J’aimerais apporter mon témoignage et mon vécu en tant que jeune venant de rentrer dans la vie active. Étant aujourd’hui salarié dans une entreprise, et après avoir subit pas mal de pression de la part de mon employeur, chose que l’on a tendance a banaliser de nos jours au vu des « conjonctures » actuelles (chômage, rapports de compétitivité, crise des entreprises, …), je me rends compte a quel point il est dangereux de laisser ce genre de comportement évoluer et se répandre.

J’aimerais donc exprimer mon expérience sur ce que je vis dans mon entreprise. J’ai été embauché à la base en intérim pour une mission de bureau d’étude dans une entreprise du bâtiment, j’ai travaillé d’arrache-pied afin de « plaire » à mon employeur (non, non promis je ne suis pas un gigolo !) en gros, je travaillais 45 h par semaine, payé 38h à 10 € de l’heure dans un travail comportant des responsabilités, sans rien demandé en retour. à cette époque et sortant de la galère. Je me suis dit « c’est bon t’as l’avantage de l’intérim, niveau finance ça va le faire ».

Après cela mon employeur m’a embauché en CDI. Lors de l’entretien, il m’as mis la pression en me disant qu’une augmentation n’était pas possible et que je pouvais aller voir ailleurs si je n’en étais pas content que c’était déjà pas mal si j’étais payé 10 €/h (brut). De plus, il me fit signer un contrat un contrat à 35 h au lieu de rester sur un 38 h. Je passais ainsi de 1400 € en intérim à 1100 €en CDI pour un poste à responsabilité qu’il disait lui-même de « limité » pour justifier cet acte.

Après cette annonce de passage à 35 h. Je lui demandais comment il comptait arranger mes horaires. « Tu n’as qu’à te calquer sur les horaires de ton collègue ». Pour explication les horaires de mon collègue sont de 50 h par semaine.

J’ai donc commencé par peur de me retrouver sans emploi à suivre ce qu’il m’a demandé (surtout au vu d’un jeune actif venant de rentrer dans le monde du bâtiment et du travail). J’ai donc travaillé comme cela pendant 3 mois avant de lui demander une hausse de mon salaire ou de mon nombre de l’heure. « Je ne t’ai jamais demandé de faire des heures supplémentaires » m’a-t-il sorti. J’ai donc fais la seul chose que je pouvais. Je me suis mis à travailler à 35 h. Et je me suis dégouté de moi-même et de mon travail, car je culpabilisais de partir si tôt le soir et de ne pas pouvoir faire mon travail correctement.

Au bout de mois (frustré, écœuré d’en être arrivé là), je me mis à travailler moins rapidement, avec moins d’implications car mon patron ne cherchait qu’à me mettre la pression sans me donner de « reconnaissance » en retour. Tout cela afin de me faire virer et ainsi toucher le chômage pour prendre le temps de trouver quelque chose qui me correspondait plus. Je me suis finalement fais convoqué par mon patron et ai réussit à négocier une rupture conventionnelle au terme de deux entretiens d’une heure ou il a alterné la compréhension et la menace afin de me faire démissionner.

« Je ne me vois pas te payer les 160 € d’indemnités alors qu’aujourd’hui tu n’apporte pas de valeur-ajouté à l’entreprise »

« Si tu ne démissionne pas, c’est simple. Je prendrais tout les dossiers sur lesquels tu as travaillé afin de voir chaque erreur et ainsi te virer à coups de pieds dans le cul. Mais attention car cela deviendra invivable pour toi »

Bref. Je suis aujourd’hui heureux d’avoir repris conscience que la violence qu’elle soit verbale ou physique au travail ne doit pas être une banalité et même si c’est dégouté que j’en ressort. J’ai aujourd’hui encore plus la rage de changer les choses et de créer un nouveau monde où nous serons pas dépendant des entreprise pour vivre, où des migrants fuyant leur pays ravagés par la guerre des « puissants » seront accueillis à bras ouvert. Où l’on comprendra que la peur qui est aujourd’hui distillée dans tout les esprits n’est qu’un outil pour détourner notre attention d’un vrai problème de fond…

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