« Ça, vous ne pouvez ni le dire ni le penser, vous avez besoin d’un travail. »

Je suis en précarité, 21 ans, pas d’emploi depuis 2 ans et pas de solutions de formations et aucun encadrement par aucun organisme de l’État sous des excuses bidons. Je me suis fait refouler de partout et du coup mon CV a un énorme trou de 2 ans, bientôt 3. Après un réveil de la mission locale, j’obtiens des rendez-vous. Pendant que ça fait le point sur ma situation et pourquoi mes précédents entretiens ont foiré, je fais une aparté en expliquant que je garde le moral, je sais que je vaux le coup, que je travaille vite et bien et dur pour m’adapter et m’intégrer. Que je vaux quelque chose et que je me laisse pas abattre.

Sous le regard narquois de l’agente de la mission locale et un sourire condescendant je me prend un « Ça, vous ne pouvez ni le dire, ni le penser. Vous n’avez rien et vous avez besoin d’un travail. » Quand la dignité humaine que j’essayais tant bien que mal de garder dans cette phase de 2 ans de désert… vient de m’être renvoyée dans la gueule sans sommation. Je n’étais ni humaine, ni une personne. J’étais une désespérée qui voulait être assistée à ses yeux.

Cette loi ne me concerne pas, encore, mais oui, je vaux mieux que ça. Mieux qu’un système qui me met à l’écart et ne veut pas me voir vivre. 2 ans que je vis en couple avec une personne qui travaille, 2 ans que nous tenons à 700€/mois pour loyer et bouffe et… Rien d’autre parce que ce n’est pas possible. Marre de voir que demander de l’aide te catalogue comme une misérable. Qu’avoir eu du mal dans ta vie fait de toi un problème à éradiquer et que le système te rejette parce que tu as trébuché sur le « chemin normal ».

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