Pionne en ZEP, nécessaire et négligée

J’ai travaillé 5 ans à l’éducation nationale en tant que pionne. La dernière année, à Marseille, dans un collège ZEP, tout l’établissement avait la prime (même les agents de service) sauf l’équipe de la vie scolaire. Qui se prenait les insultes, arrêtait les bagarres, rassurait les élèves mal orientés avec une assistante sociale absente un jour sur deux et une équipe de profs au bout du rouleau ? Qui ? Qui assurait la sécurité des élèves et du reste de l’équipe et surtout qui était en première ligne avec les gamins les plus difficiles ? Vous croyez que c’est les profs qui s’occupent des gamins difficiles ? ILS PASSENT LEUR VIE EN SALLE D’EXCLUSION ! Et encore, la première année, comme je n’étais pas étudiante, je ne touchais même pas le smic !! Oui c’est légal de toucher 800 euros par mois pour 30 h par semaine quand t’es vacataire à l’éducation nationale, « parce que tu comprends, le taux horaire est annualisé, et les étudiants, on leur offre les heures manquantes, mais ça va t’as pas à te plaindre, t’as les vacances scolaires payées ». Je n’étais pas pionne, j’étais maman, secrétaire, femme de ménage, flic, vigile, infirmière, psychologue, prof, assistante sociale, animatrice, amie et educ’ spé, sans aucune reconnaissance (sauf celle des mômes) de la part de l’établissement et pour un salaire dérisoire. #jevauxmieuxqueça.

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