Je suis devenue éducatrice spécialisée

La première, c’était durant mes études. Je cherchais un boulot pour compléter mon travail d’animatrice pendant les vacances scolaires. Mon père était dans le milieu du rugby, il m’informe qu’une loge va être utilisé pour proposer des animations aux enfants pendant les matchs. Je précise qu’il s’agit d’un club évoluant en top 14 dans une petite ville de province et que le stade disposait d’une quinzaine de loges louées à l’année à des chefs d’entreprise qui venaient ici en général avec leurs clients.

Bon au départ il s’agissait d’animation auprès d’enfants durant les 2h de match, ça se passait plutôt bien. Très vite, les dirigeants du club ont souhaité mettre aussi cette loge en location. Du coup, on me propose d’être hôtesse d’accueil en loge comme 14 autres filles. J’accepte c’est mieux payé et c’est plus d’heures.

La première des choses, c’est qu‘il y a un uniforme : robe courte aux couleurs du club, un gilet en coton pour l’hiver, maquillage, coiffure et talon de minimum 5cm. Les robes existent du 34 au 38 et les filles choisies en fonction… Le service consiste à préparer et servir en loge, servir à la bodega (bar pour les supporters où l’ambiance change radicalement et où l’on sert à la chaine pendant 2h les talons dans des flaques de bière toujours en mini robe), puis service au repas des joueurs et dirigeants. En tout jusqu’à 10h de service non stop.

Au départ, j’ai relativement de la chance et sert une loge louée par un ensemble d’entreprises familiales qui viennent au match en famille et se montrent respectueux (enfin normaux quoi). Mais j’entends des filles se plaindre d’autres loges où l’ambiance est beaucoup moins fun, une quinzaine de mecs dans la loge parfois méprisants, parfois limites et même si les responsables font le tour et interviennent en cas de problème (c’est à dire d’attouchements), elles peuvent être plus d’une heure seule avec eux dans cet espace clos.

Quand arrive le mois de novembre et le froid, il y a une première protestation des filles. On est censé attendre devant la loge que les locataires arrivent avant le match (cela dure une demi heure) en mini robe avec le fameux gilet en coton. Malgré nos protestations, jusque fin décembre et l’arrivée de la neige, on n’aura pas le droit d’avoir un manteau. Puis ça sera d’accord pour un manteau noir à condition qu’il soit ouvert (même par températures négatives). Je commence à en avoir marre et chercher un nouveau travail, juste avant que le club nous propose de servir gratuit pour le repas des joueurs (WTF!!) et que l’agence d’intérim qui nous employait nous demande qui accepte de travailler dans un salon de l’automobile, en maillot de bain, dans une piscine ! Ces « propositions » me décideront tout à fait à quitter ce boulot.


La seconde expérience est beaucoup plus récente. Je suis devenue éducatrice spécialisée, mais à Paris mon salaire n’est pas suffisant. On me parle alors d’une site qui met en relation des rédacteurs ou rédactrices de contenu web avec de potentiels clients.

Au départ, ça semble pas mal, bosser de chez soi en fonction de ses besoins. Sauf que cette plateforme, c’est en fait l’ubérisation de la rédaction. Les rédacteurs et rédactrices doivent se déclarer autoentrepreneurs. Puis ils reçoivent des mails quand les clients postent des demandes d’articles (descriptions de produits mais aussi véritables articles-publicités mensongères (jusque 1000 signes pour donner l’envie de visiter tel pays en passant par tel hôtel…)).
Ils doivent alors répondre à ces demandes en proposant un prix dans une fourchette proposée (le max proposé est en général un minimum assez bas pour le travail à fournir) et en pré-signant un contrat avec la plateforme qui reversera deux mois plus tard le montant de la somme.
Ils sont en concurrence les uns avec les autres tirant les prix vers le bas. Ils ont des délais très courts pour rédiger les articles (1 jour ou même seulement 3h après l’attribution par exemple), ce qui leur demande une grande disponibilité et adaptabilité.

Aucune cotisation, aucun droit et si vous ne pouvez pas rédiger pour maladie ou raisons personnelles, vous ne serez pas payer. Aucune garantie, certains mois, il y a beaucoup d’articles à rédiger puis plus rien du tout. Bref des conditions merdiques!

Laisser un commentaire